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Bravo à tous, mais restons unis

Editorial de Philippe Monteil

La journée d’action syndicale qui a réuni, le 16 octobre dernier, plus de 1 500 agriculteurs dans les rues de Limoges, a été, sans nul doute, une grande réussite pour notre organisation syndicale, tant nationale, régionale que départementale.

Cette action n’aurait pu réussir sans la participation de chacune et chacun d’entre vous. Je tiens à remercier toutes les agricultrices et agriculteurs qui ont participé, y compris les salariés des organisations professionnelles qui nous ont rejoint, même s’ils auraient pu être encore plus nombreux.

Mais cette action n’est qu’une étape dans notre combat syndical. Nous avons voulu interpeller en premier lieu, le chef de l’Etat pour réclamer un plan d’urgence. Mais nous avons aussi souhaité alerter l’opinion publique sur la crise traversée par toutes nos productions. Ceci sans affecter notre détermination : elle reste tout aussi intacte que nos revendications sont légitimes.

A savoir : une année blanche pour nos échéances, qu’elles soient bancaires et sociales ; une exonération de la taxe sur le foncier non bâti ; le rétablissement au plus vite d’un schéma de régulation de productions en crise et la maîtrise des importations ; l’assouplissement des réglementations et des contrôles administratifs, notamment dans les BCAE et surtout un juste prix pour nos produits afin de tirer dignement un revenu.

Il est plus que temps que nos responsables politiques et les pouvoirs publics prennent réellement conscience de la gravité de la situation. Car ce que nous demandons, avant tout, c’est de vivre de notre métier. Mais notre revenu ne pourra se faire qu’avec la baisse de nos charges, de plus en plus pesantes : taxe équarrissage, taxe carbone, taxe pollution, taxe fiscale... Autant de charges qui plombent notre compétitivité, avec une concurrence déloyale entre pays de l’Union européenne.

Comment peut-on nous demander de courir un 100 m avec des semelles de plomb, alors que les autres courent avec des chaussures de sport ?

Mais, avant de conclure mon propos, laissez-moi vous dire que je comprends tout à fait le désarroi et la colère des agriculteurs qui ont agi à Guéret durant la nuit du 20 au 21 octobre : mais je tiens à leur dire qu’ils ne doivent pas se tromper de cible. Si les véritables responsables de cette crise sont avant tout les décideurs politiques, ce ne sont pas aux professionnels agricoles de « payer » pour eux. Alors en ma qualité de président de FDSEA, j’apporte tout mon soutien aux présidents, directeurs et personnels des OPA concernés pour dénoncer ces actes injustifiés et non fondés.

Nous devons rester tous unis face à cette crise. Vous savez très bien que si demain le syndicalisme disparaît, il ne nous restera plus que nos yeux pour pleurer sur notre sort : ainsi, le politique aura pris le pas sur notre profession.

Le président de la FDSEA, Philippe Monteil

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