Aller au contenu principal

Bovins viande : Les éleveurs arrachent des hausses de prix

En moins d’une semaine de blocage des abattoirs, les producteurs de viande bovine obtiennent que le ministre se porte au chevet de leur production en crise. Mais la vigilance demeure.

Grâce à leur action, les producteurs ont obtenu de l’aval une augmentation des prix.
Grâce à leur action, les producteurs ont obtenu de l’aval une augmentation des prix.
© FNSEA03

Après quatre jours de mobilisation dans toute la France, la Fédération nationale bovine (FNB) a annoncé, dans la soirée du 17 juin, la suspension du blocage des abattoirs, entamé dimanche. «C’est une suspension avec mise sous surveillance des opérateurs de la filière, grande distribution et industriels, pour vérifier le respect des engagements», a commenté le président de la FNB, Jean-Pierre Fleury à l’issue d'une réunion au ministère de l'Agriculture, réunissant une quarantaine de membres de la filière viande bovine.
Après trois heures de discussions, Jean-Pierre Fleury a annoncé que les transformateurs, suivis par les distributeurs, s'étaient engagés à revaloriser les prix payés aux producteurs de 5 centimes le kilo de carcasse, dès le lendemain, et à réitérer ces hausses chaque semaine jusqu'à ce que les cours atteignent les coûts de production. Le groupe Bigard ne s’inscrira dans la démarche qu’à partir du lundi 22 juin. De son côté, le président de l'interprofession bétail et viande, Dominique Langlois a précisé que les transformateurs étaient libres d'appliquer les niveaux de hausse qu'ils souhaitaient, et s'est réjoui «que le dialogue soit renoué» au sein de la filière.

Effacement de cotisations MSA
A l'issue de la réunion de crise sur la viande bovine du 17 juin, le ministre de l'Agriculture a annoncé le doublement de l’enveloppe de crédits pour la prise en charge des cotisations sociales MSA, la portant ainsi à 7 millions d’euros. Elle doit ouvrir le droit à l'effacement de cotisations pour les agriculteurs en difficultés. Stéphane Le Foll a également annoncé la création, d'ici l'été, d'une «plateforme export», un partenariat public-privé à but commercial, pour soutenir l'export de viande française (elle sera ouverte au porc et à la volaille) sous marque commune. «Un lieu en dehors de l'interprofession, à vocation uniquement commerciale», a expliqué Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine (FNB), une «machine de guerre où se retrouveront les exportateurs» et qui doit profiter aux PME/PMI.
L’interprofession bétail et viande (Interbev) va travailler à encadrer les promotions, et à mettre en place un indicateur des cours du steak haché, le produit par lequel les prix de la viande bovine subissent les plus fortes baisses. «Aujourd'hui c'est le steak haché qui sert à faire le prix», explique Jean-Pierre Fleury, pour qui cet indicateur doit permettre de «stopper la guerre sur le haché, pour libérer le marché du piécé».


D’après Agra


Une délégation de Haute-Loire a participé au blocage

Dès le 14 juin au soir, plus d’une quinzaine d’abattoirs français ont été bloqués à l’initiative de la FNSEA, des JA et de la FNB pour obtenir une revalorisation du prix payé aux producteurs de viande. L’abattoir SOCOPA de Villefranche d’Allier fut totalement bloqué par les producteurs du Massif-Central et du Centre. Cette unité de transformation qui appartient au groupe Bigard, le numéro 1 de la viande, a tourné au ralenti durant presque une semaine.
Une délégation de la Haute-Loire a participé au blocage du site du mardi au mercredi midi au côté des éleveurs du Puy-de-Dôme après avoir pris le relais d’éleveurs d’autres départements… Plus d’une trentaine d’altiligériens solidaires de l’action se  sont relayés entre les abattoirs de Villefranche d’Allier et de Montluçon.
Le président de la FDSEA 43, Yannick Fialip signale  que «le déblocage du site dépendra de l’issue de la réunion qui se tiendra au Ministère le mercredi 17 juin. Une table ronde qui doit réunir les abatteurs, les producteurs et les distributeurs».
Ndlr : le blocage a été levé mercredi soir (voir ci-dessous).


Christelle Maître, FDSEA43

Les plus lus

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière