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Bienvenue dans le Cantal, Kashiwada-san

Champion du monde vétéran en - 75 kg deux jours plus tôt, un maître japonais 7e dan a fait la leçon à Aurillac.
 

Satoshi Kashiwada, champion du monde de judo vétéran, était à Aurillac pour donner un cours, après avoir accepté l’invitation de la famille Pavia.
© J.-M. A.

Même si l’on n’a jamais pratiqué le judo, tout le monde sait ce que représente une ceinture noire. Mais il y a encore mieux. Si l’on reste en noir jusqu’au 5e dan(1), on change couleur au 6e (ceinture rouge et blanche), au 9e (ceinture rouge), au 12e (ceinture blanche). Samedi 8 novembre, le club de l’Alliance judo Aurillac Cantal a eu l’immense privilège d’accueillir Satoshi Kashiwada(2), 7e dan, maître au Japon et champion du monde vétéran (- de 75 kg) deux jours plus tôt à Paris.
Comment est-ce possible ? La famille Pavia bien entendu. Car depuis que Virginie, la mère, ceinture noire, et Richard, le père, également 7e dan, ont posé leurs valises dans le Nord-Cantal, qu’Olympe, la fille, est devenue salariée de l’Ajac en septembre 2024, le carnet d’adresses est long comme le bras. D’autant qu’il y a aussi les sept frangins et frangines - dont la plus célèbre, Automne, médaillée olympique à Londres - tous ceintures noires.


La maîtrise technique par la répétition du geste


Alors, quand maître Kashiwada a appelé maître Pavia pour lui annoncer qu’il participait aux Mondiaux vétérans, mais aussi qu’il voulait le voir, il n’a pas fallu longtemps pour organiser les retrouvailles, mais surtout profiter de sa présence et de sa gentillesse pour donner une leçon technique à la cinquantaine de judokas du Cantal invités à cette séance.
Une heure trente à répéter méthodiquement les mêmes gestes (uchi komi) puis les appliquer sur la technique uchi mata (fauchage par l’intérieur de la cuisse). En quelques mots, traduits parfaitement par la jeune Béline, 17 ans, et quelques démonstrations, tout le monde s’est mis au diapason.
Pas un mot plus haut que l’autre, aucune réticence dans la répétition, un silence de cathédrale à chaque fois que le maître intervenait. Fluide, limpide. Avoir une solide assise au sol, un axe pied d’appui-bassin-tête le plus droit possible, bien poser ses mains sur le judogi, regarder son adversaire droit dans les yeux, se retourner en affichant la même précision... tout le monde s’est régalé, même les profanes ! 
“Pour le club et le Cantal, c’est génial”, savourait le vice-président Sylvain Grimonprez. Pour Richard Pavia, c’était l’occasion de pouvoir rendre “le superbe accueil que nous avions reçu quand nous nous étions rendus là-bas, sur son île, en 2019” et en attendant de lui faire découvrir le patrimoine et la gastronomie locale. En toute modestie, en toute simplicité, Satoshi Kashiwada a indiqué que “c’était une superbe expérience que de venir ici”. D’autant plus qu’il avouait “se déplacer très peu à l’étranger” et que “c’était la première fois qu’il venait en France. La plupart du temps, ce sont les autres qui viennent me voir au Japon”. Une première fois en France et direct dans le Cantal, quelle magnifique marque de respect entre les deux familles.
Quant à son enseignement matinal, maître Kashiwada admettait que “c’était compliqué d’expliquer. La technique, c’est quelque chose de compliquer à maîtriser. Même mes étudiants ont du mal à y arriver. Alors à des étrangers avec la barrière de la langue...” En à peine une semaine, Satoshi Kashiwada et son épouse ont pu apprécier le séjour “même s’il y a presque tout de différent par rapport au Japon, s’amusait-il. Paris, c’était agréable à regarder, mais les paysages d’ici aussi. Cela ressemble à des 
peintures”.     

(1) Degré de qualification.
(2) Il est venu avec son élève Koji Fukui, 5e dan.

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