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Biennale : transhumance de l'art

Les élèves de l’école supérieure d’art contemporain de Clermont-Métropole explorent le pastoralisme pour la Biennale d’art contemporain de Saint-Flour Communauté 2026.

Un groupe de garçons et de filles.
Une partie des étudiants avec, derrière eux, les premiers éléments de leurs réflexions sur le pastoralisme.
© B.Parret

Année internationale

L’année 2026 a été déclarée par les Nations Uniesannée internationale du pastoralisme et des pâturages”. Cela marque l’importance au niveau mondial de ce type de pratique agricole “nomade” et des espaces naturels qui lui sont liés. Avec des milliers d’hectares consacrés encore à la transhumance, le Cantal n’échappe pas à cette réalité. Activité économique et mode de vie composent une de ses particularités. Ainsi, revenant au cours de cette  année consacrée au pastoralisme, la Biennale d’art contemporain de Saint-Flour Communauté bénéficiait d’un excellent prétexte pour une approche conjointe de l’art et du territoire. Ce mariage, n’en a-t-elle pas fait sa marque de fabrique depuis ses débuts ?


Perception du territoire


En préparation de cette nouvelle édition, et parmi les autres artistes invités, les élèves de l’École supérieure d’art de Clermont-Métropole étaient dernièrement à Valuéjols pour quelques jours. Accueillis par la commune, ce deuxième temps de présence sur le terrain depuis l’automne leur permettait d’affiner leur perception du territoire. La haute Planèze de Saint-Flour est encore en partie vouée au pastoralisme malgré l’évolution de l’agriculture depuis l’après-guerre vers un modèle plus productif. Valuéjols est représentative de cette mutation entre méthodes ancestrales et modernité des élevages. Ici, des traces de la transhumance persistent. Elle est encore pratiquée par les éleveurs allaitants avec des races spécialisées comme l’aubrac et la salers. Mais surtout, le paysage adossé aux pentes de l’ancien volcan conserve, de façon indélébile, l’empreinte des troupeaux conduits pour l’été : drailles, paysages ouverts dénudés de forêts, burons comme vestiges de la présence humaine et de la fabrication du fromage en montagne. Au-delà de contempler le paysage, de tenter de l’expliquer et d’en comprendre les secrets, les étudiants se sont inspirés de leur différentes rencontres avec les habitants pour forger leurs ressentis du territoire. 


S’abreuver des paysages


Chaque parole croisée dans les fermes, dans les rues, alimente ce qui est vu dans la nature et lors des déambulations dans l’espace. Alors, l’œuvre prend forme, se dessine tant sur le plan individuel que collectif. Chaque étudiant s’abreuve des paysages et avance avec ses propres acquis, sa 
curiosité et sa pratique artistique, peinture, sculpture, assemblage, photographie. Cyrille s’appuie sur le regard du moment et son feeling pour photographier des “instants”. Colline porte un intérêt particulier sur le rapport entre les hommes et les animaux avec chaque vache appelée par son prénom. Les déplacements de ces derniers ont contribué à segmenter l’espace, à créer les itinéraires entre le village et les estives à travers la montagne et sa végétation, un point sur lequel se penche Madeleine, 
habituée à travailler à partir de cartographies. “Nous ne sommes pas devant une image romantique et nostalgique mais bien dans l’actualité du pastoralisme avec la présence de 4x4, de matériel haut de gamme”, prévient Cyrille. 


Donner de l’esthétisme


Ce travail in-situ relève de la volonté de l’école clermontoise de “sortir de l’atelier” pour aller à la rencontre de son environnement et “la perception que chacun peut se faire d’un espace qui ne nous appartient pas, explique Serge Lhermitte, enseignant et responsable de la résidence. Il y a là une question de mobilité à créer et produire en se déplaçant. Nous poursuivons ce travail depuis plusieurs années avec le groupe pédagogique “La fabrique Les vallées de l’Hydre” avec lequel nous avons expérimenté les évolutions du paysage par le transport ferroviaire ou les extractions minières. Nous sommes aussi sur une forme de professionnalisation de la production artistique, de donner à regarder son travail, d’apprendre à le médiatiser avec une dead-line, des savoir-faire et une addition de regards”. Les étudiants sont en fin de cursus, en phase de diplôme ou d’année transitoire en master avec restitution des œuvres. Pour la biennale de Saint-Flour Communauté, la forme définitive de l’œuvre n’est pas encore déterminée. Elle sera présentée pour cette édition 2026, du 3 juin au 20 septembre, d’une part à Valuéjols et en écho à Saint-Flour dans le cadre des collections Chemin d’art. 

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