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Betteraves bâchées, qualité préservée

Le syndicat betteravier des Limagnes propose aux planteurs une prestation complète de bâchage. Besoin en main d'oeuvre, planification, facturation... tout est sous-traité dans le cadre d'un partenariat entre Agri Emploi 63 et une association de soutien aux jeunes.

Si les conditions météos en Limagne et au sud du Val d'Allier sont, pour le moment, plutôt clémentes, hormis évidemment la pluie qui complique la fin des récoltes de maïs et les derniers arrachages de betteraves, le gel pourrait poindre d'un jour à l'autre. Pour prévenir la baisse des températures, normale en cette fin du mois de novembre, le syndicat betteravier des Limagnes est sur le pont. Il invite les planteurs à bâcher leurs betteraves. Une action jugée indispensable « pour préserver la qualité du produit jusqu'à la fin de la campagne et donc garantir un bon fonctionnement de l'usine Bourdon de Cristal Union ». Jusque là vivement recommandé, le bâchage sera obligatoire pour les betteraves qui partiront vers l'usine après le 15 décembre.

Pour cette nouvelle campagne, le syndicat a décidé de faciliter la tâche des agriculteurs, en proposant des prestations de service de bâchage de silo, clé en main.

 

Guichet unique

«Déjà l'an dernier, nous avions sollicité l'entreprise d'insertion PARQ-ADSEA(1) pour travailler sur le bâchage», raconte Pierre Pelloux, directeur du syndicat. Fort d'une expérience positive, le syndicat a souhaité aller plus loin en proposant, en 2014, une offre incluant les démarches administratives auprès de la MSA, grâce à un partenariat avec le groupement d'employeurs départemental Agri Emploi 63 (lire ci-dessous).

En pratique, le syndicat assure toute la coordination nécessaire. Identification des besoins de main d'oeuvre, planification, réalisation du bâchage et facturation, tout est centralisé. «Le planteur nous fait part de ses besoins en nous retournant un formulaire », explique le directeur. La prestation est facturée 0,20 EUR HT/tonne de betteraves, sachant que les bâches doivent être fournies par le planteur.

Plus-value « bâchage »

A ce jour, 36 planteurs ont renvoyé leur bon de commande, pour une surface totale de 260 hectares. Jean-Charles Jaffeux, agriculteur à Ménétrol dans le Puy-de-Dôme est l'un d'entre eux. Et mardi dernier, à l'arrivée de l'équipe de quatre salariés et de leur encadrant, Jean-François Petoton, il était comme qui dirait soulagé : « l'an dernier, j'ai bâché seul et franchement ce n'était pas du gâteau». A 100 mètres de bâchage à l'heure, les jeunes ne devraient pas mettre plus de trois heures à terminer le chantier. Une opération rondement menée dont le coût est finalement limité, comme l'explique l'agriculteur : « la sucrerie nous verse une plus-value pour le bâchage qui au final paye le coût de la prestation ».

Fastidieux et parfois délicat, le bâchage constitue pourtant une opération cruciale pour ne pas pénaliser la récolte.

Conserver la teneur en sucre

Composée aux trois quart d'eau, dès - 2° C, la betterave se transforme en glace, ce qui fait éclater les cellules de la racine, et amorce un processus de pourrissement. Exposée quelques jours à - 5° C, la betterave meurt. La fermentation échauffe le silo et s'en trouve d'autant accélérée. A l'usine, au lavage, le jus des betteraves gelées coule dans l'eau. A la diffusion, les cossettes diffusent des résidus de cellules, des acides, des macro molécules dont le dextrane qui va se déposer sur les filtres et bloquer ainsi la filtration. De quoi ralentir l'usine et entraîner au final des pertes de sucre, pénalisantes pour le planteur et l'industriel.

Si Jean-Charles Jaffeux est le premier à avoir bénéficié des services de l'ADSEA, d'autres devraient suivre dans les prochains jours. Le rythme des chantiers pourrait même s'accélérer en cas de prévisions de gel.


(1) L'association PARQ-ADSEA (Association départementale pour la sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence). Elle  oeuvre pour l'accès à l'emploi. Son objectif est de donner du travail à des jeunes qu'ils soient ou non en difficulté.

Agri Emploi 63, partenaire de l'opération «bâchage des silos de betteraves»

 

En réponse aux besoins des planteurs de betteraves, le Syndicat Betteravier des Limagnes organise une action «bâchage de silos». Le groupement départemental d'employeurs agricoles Agri Emploi 63 intervient en appui pour mettre à disposition des salariés manutentionnaires. Agri Emploi 63 agit comme un facilitateur de l'accès à la solution «main-d'oeuvre ». Le groupement, en tant qu'employeur, établit les documents d'embauches, les contrats de travail, les bulletins de paie et les documents de fin de contrat. Au-delà, le groupement est l'interlocuteur unique des salariés et de la MSA. Ainsi, un même salarié aura un seul contrat de travail et pourra intervenir chez plusieurs exploitants.

Le principe de l'emploi partagé permet de gagner en efficacité pour les tâches à effectuer, en sécurité vis-à-vis de la règlementation et en simplicité en termes de charge administrative. Chaque planteur devient adhérent du groupement Agri Emploi 63 via un contrat de mission et recevra une facture en fin d'intervention. Agri Emploi 63 met ainsi au service des agriculteurs son expérience depuis 2006 dans la gestion du personnel saisonnier, en productions de pommes de terre, d'oignons, de cultures maraichères et en conduite d'engins.

Pour contacter Agri Emploi 63, appelez le 04.73.44.45.15.

David Perret

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