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Augmenter les surfaces pour saisir des opportunités

Cinq ans après la fusion entre la Sucrerie de Bourdon et le géant Cristal Union, la pertinence du choix de rejoindre le groupe fait figure d’évidence.

Gilles Berthonnèche : «Nous avons le potentiel en Auvergne pour progresser ».
Gilles Berthonnèche : «Nous avons le potentiel en Auvergne pour progresser ».
© S.Chatenet

La section de Bourdon de Cristal Union s’est réunie en assemblée générale, la semaine dernière, à Lempdes dans le Puy-de-Dôme. L’occasion pour les planteurs et leurs représentants de faire le point sur l’année 2015, marquée par une météo loin d’être clémente pénalisant les résultats betteraviers. «Avec un rendement à 16° de 81 tonnes/ha, nous sommes au-dessous de la moyenne des cinq dernières années estimée à 85 tonnes/ha», a expliqué Gilles Berthonnèche, président de la section de Bourdon. 2015, année à oublier… ou plutôt à mettre à profit pour anticiper d’autres épisodes climatiques compliqués. A ce titre, les parcelles ayant bénéficié d’irrigation ont enregistré des résultats encourageants. Très soutenus sur le plan technique, les planteurs le seront encore beaucoup dans les années à venir. «C’est ensemble que nous allons pouvoir relever le défi de la productivité », a insisté Olivier de Bohan, président de Cristal Union. Si au niveau agronomique et industriel, Bourdon a gagné à rejoindre la coopérative Cristal Union, Gilles Berthonnèche livre une analyse plus complète, cinq ans après la fusion : «Nous avons établi des liens de proximité et de confiance qui font que nous nous apportons mutuellement. Dès le départ, chacun a joué franc-jeu. C’est un gage de pérennité ». La force de la coopérative est de «s’insérer dans son territoire et pour notre part, nous avons toujours attaché une grande importance à la pérennité de la production dans les régions betteravières dites excentrées», a insisté Olivier de Bohan, envoyant ainsi un message on ne peut plus clair à l’entité Bourdon.

 

Fin des quotas

Aujourd’hui, Cristal et ses filiales ont tissé beaucoup d’accords dans l’objectif de se diversifier et de trouver de nouveaux débouchés. «Notre souci est de rémunérer au mieux les betteraves ». A un an de la disparition des quotas, la coopérative se veut confiante : «la fin des quotas c’est la fin d’un monde, mais ce n’est pas la fin du monde », résume Gilles Berthonnèche. Sans tomber dans l’excès d’optimisme cette ère post-quota peut être source d’opportunités comme l’a relevé le rapport sur la filière sucrière initié par la filière sucrière : « la suppression des quotas constitue une réforme majeure qui va avoir pour conséquences de donner aux industriels sucriers plus de liberté dans la définition de leur stratégie, et, en conséquence, plus de responsabilités vis-à-vis de leur amont agricole comme de leur aval». Pour Olivier de Bohan «l’enjeu sera toujours de garantir le mieux possible la stabilité du revenu de l’associé coopérateur, de manière à atténuer les fluctuations des marchés ».

 

Recherche producteurs

En Auvergne, alors que la campagne 2016 devrait démarrer dans quelques semaines avec une prévision de 5.000 hectares emblavés, soit 200 ha de plus qu’en 2015, l’heure est au développement. « D’ici trois ans, nous souhaitons dépasser les 5.500 hectares. Il y a du potentiel chez nos adhérents et chez de nouveaux producteurs en restant toujours sur l’axe géographique Saint-Pourçain-sur-Sioule au nord et Saint-Germain-Lembron au sud», estime le président de section. A partir du 10 février, la coopérative va organiser des rencontres sur le terrain pour échanger avec les agriculteurs sur le potentiel betteravier.

Côté usine, cette production supplémentaire attendue pourra tout à fait être absorbée, sans investir de manière démesurée, en jouant sur la performance et la durée de la campagne. Dès cette année, un volant d’investissement de 700 à 800.000 € sera conduit sur le site d’Aulnat. «Ce sont essentiellement des améliorations pour économiser l’énergie qui nous permettront de traiter 100 à 150 tonnes de betteraves supplémentaires par jour».

 

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