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Au Gaec Le Chant de la Dame : difficile de jongler avec la pluie !

L’excès d’eau perturbe le fonctionnement des exploitations agricoles. Le pâturage, le semis des cultures et les récoltes de fourrages sont directement impactés par le mauvais temps.

Julien Brignon sur une de ses parcelles de maïs gorgées d’eau.
Julien Brignon sur une de ses parcelles de maïs gorgées d’eau.
© HLP

Au hameau du Brignon, sur la commune de Chomelix, les associés du Gaec Le Chant de la Dame  en ont assez de la pluie.
Sur ce secteur du département particulièrement arrosé cette année, l’excès d’eau complique le pâturage des vaches et perturbe les chantiers de semis des cultures et de récoltes des fourrages.

Beaucoup de pluie puis la neige...
Au mois de mai, 200 mm de pluie sont tombés sur les terres de cette exploitation laitière. «Mon père a 56 ans et il n’a jamais vécu un printemps aussi compliqué !» lance Julien Brignon, associé du Gaec.
Et comme si la pluie ne suffisait pas, ce fut ensuite au tour de la neige de venir perturber un peu plus le quotidien de ces agriculteurs. Le 13 mai, 7 cm de neige ont recouvert les parcelles du secteur. L’arrivée soudaine de la neige a forcé les vaches à sortir des pâtures pour retourner au bâtiment durant 3 jours.
«Cette neige accompagnée de beaucoup d’eau a fait perdre de la valeur à nos pâturages. L’herbe était couchée, gorgée d’eau et mélangée à de la terre...» indique Julien Brignon.
Trois jours après cet épisode neigeux, les vaches sont retournées dans les pâtures mais à raison de six heures par jour. La portance du sol étant insuffisante. Et cette situation dure depuis mi-mai, obligeant les éleveurs à apporter les deux tiers de la ration hivernale à leurs vaches.

Plus de mammites et de panaris
Le pâturage en terrain humide est loin d’être idéal et a des conséquences ! «L’entrée des parcelles est piétinée ; il faudra reprendre le terrain dès que le temps le permettra. Mais surtout, la santé de nos vaches commence à être impactée. Il y a plus de mammites et plus de panaris, ce qui oblige à faire davantage de traitements». Cette mauvaise météo a eu un impact direct sur la production laitière du Gaec qui enregistre une baisse de production de 2kg de lait par vache en mai. 

Récoltes et semis perturbés
La pluie perturbe considérablement les travaux de récoltes et de semis de l’exploitation.
Si la première coupe d’herbe pour l’ensilage a été réalisée précocement, le 20 mai, sans encombre mais au détriment de la quantité, les Brignon espéraient bien se rattraper sur la deuxième coupe ! «À ce jour, l’herbe est bien repartie et l’on compte faucher d’ici 15 jours. Il faut souhaiter que le beau temps s’installe...» indique Julien Brignon qui s’inquiète aussi pour la récolte du foin sur les prairies naturelles habituellement réalisée entre le 15 et le 20 juin. «Si les prés sont gorgés d’eau, le foin risque d’avoir une valeur bien moindre. Et ça va être compliqué de le faire sécher correctement».
Le Gaec cultive chaque année une dizaine d’hectares de maïs ; le semis s’est effectué en deux fois, le 8 mai, sans embûches, et le 22 mai avec un peu plus de difficultés puisque tous les champs n’ont pas pu être semés étant trop mouillés.

Manque de soleil
Julien Brignon constate un retard de pousse sur les maïs en raison d’un manque de soleil. «Les maïs n’ont pas minéralisé l’engrais, ils ont une couleur vert clair (au lieu de vert foncé en année normale) et sont moins développés». Dans tous les cas, 2018 ne sera certainement pas une bonne année pour le maïs : «Si un temps sec s’installe, la terre va durcir et nuire à la croissance de la plante. Il faudra sûrement biner le sol pour l’aérer. Et si la pluie continue, la plante ne va pas réussir à récupérer son retard».
Le manque de soleil, la pluie qui  s’invite tous les jours et l’impossibilité de planifier les travaux dans les champs commencent à atteindre le moral des agriculteurs.  «Cela fait 4 week-end que l’on fait des travaux d’ensilage. La fenêtre pour intervenir étant très réduite, on intervient dès que cela est possible» explique-t-il.

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