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Assemblée Générale de la Fédération Départementale des Chasseurs de la Corrèze : une chasse unie face aux défis de la ruralité

Le 4 avril 2026, les chasseurs corréziens se sont réunis à Égletons pour dresser le bilan d’une année marquée par des enjeux sanitaires, environnementaux et sociaux.

AG des chasseurs de Corrèze
© UP19

 

Robert Masdupuy, Président de la Fédération, a souligné : 

La chasse n’est pas un loisir comme les autres, c’est une responsabilité. Nous devons nous adapter, communiquer davantage et montrer que nous faisons partie de la solution. »

Emmanuel Lissajoux, vice-président de la Chambre d’agriculture, a insisté sur la nécessité d’une coopération renforcée entre chasseurs et agriculteurs

Dans nos territoires ruraux, où l’agriculture façonne les paysages et où la faune sauvage est présente à souhait, agriculteurs et chasseurs sont amenés à coexister et à agir sur un même espace. Cette proximité doit imposer non seulement une cohabitation, mais surtout une véritable coopération. La chasse n’est pas qu’une activité de régulation : c’est une tradition, un lien social puissant, un engagement bénévole considérable et un outil unique de gestion du territoire. »

Sécurité et formation : des priorités renforcées

La sécurité reste au cœur des préoccupations de la Fédération. En 2025, 572 chasseurs ont suivi la formation Sécurité Décennale, obligatoire pour tous les pratiquants. Depuis 2021, 4 290 chasseurs ont été formés, soit près de la moitié des effectifs du département. Ces sessions permettent d’échanger avec les salariés de la fédération et de renforcer la culture de la sécurité. 79 nouveaux responsables de battue ont également été formés, consolidant la capacité des sociétés de chasse à organiser des chasses collectives en toute sécurité.

La fédération continue de subventionner l’achat de panneaux de signalisation et de miradors, des équipements essentiels pour informer les autres usagers de la nature et sécuriser les tirs.

Gestion des espèces : équilibre entre régulation et préservation

En 2025, le tableau de chasse a atteint des records :

  • 8 000 sangliers prélevés, un chiffre inédit reflétant l’augmentation des populations et l’effort de régulation des chasseurs.
  • 9 500 chevreuils chassés, confirmant leur statut de « gibier de base » de la chasse corrézienne.
  • 3 000 cerfs prélevés, un seuil symbolique franchi pour la première fois.

Pour le cerf, la fédération a mis en place un suivi scientifique sur 9 communes, mesurant notamment la longueur des pattes arrière des animaux prélevés. Une étude génétique a également été menée sur 350 cerfs et biches, en collaboration avec l’Observatoire Cerf du Massif Central, pour mieux comprendre leur éthologie et adapter la gestion.

Les oiseaux migrateurs, comme la bécasse et la palombe, ont connu une saison exceptionnelle, avec des effectifs stables et une présence hivernale remarquable en Corrèze. « La migration automnale reste un moment magique pour les chasseurs », a souligné le président de la Fédération.

Le blaireau a été au cœur de vifs débats. En juillet 2025, la Chambre d’agriculture de la Corrèze, aux côtés des chasseurs, a remporté une victoire devant le tribunal administratif de Limoges. Le jugement a conduit au rejet du recours déposé par l’association One Voice contre la période complémentaire de chasse, le Tribunal soulignant ainsi l’importance de cette mesure pour limiter les dégâts agricoles

C’est une victoire du bon sens contre l’idéologie », a déclaré Robert Masdupuy. « La maîtrise de la faune susceptible de contribuer à la diffusion de la tuberculose bovine est une nécessité absolue pour préserver nos élevages. »

Il a également souligné l’urgence de mieux réguler les populations de sangliers. Le vice-président de la Chambre d’agriculture a soutenu cette position en déclarant : 

Les dégâts agricoles pèsent lourd sur les exploitants, générant inquiétude et découragement. Malgré vos actions, les sangliers s’adaptent et leur nombre persiste. Il faut absolument inverser cette tendance. Cela passera par l’exploration de nouveaux leviers et méthodes, en complément de la chasse, qui reste l’outil le plus efficace. »

Le préfet Vincent Berton a lancé un appel à l’union

Il est temps d’accélérer. La collaboration entre chasseurs, agriculteurs et services de l’État est indispensable pour construire des solutions durables. »

Le loup : un prédateur qui bouleverse les équilibres

Robert Masdupuy a alerté : « Ce n’est pas un animal végétarien, c’est un prédateur qui menace nos élevages. »La fédération de chasse a renforcé son réseau de surveillance, avec des pièges photographiques et un alternant dédié. Emmanuel Lissajoux a salué l’engagement des chasseurs face à cette menace : 

Face à la présence du loup, qui bouleverse profondément nos pratiques d’élevage en plein air, je veux saluer votre engagement. Votre connaissance du terrain et votre expérience sont précieuses. [...] Lors du rassemblement à Millevaches au mois d’août, ou encore lors de la battue au loup à Saint-Merd-les-Oussines en octobre, vous avez répondu présents. Ces moments difficiles ont montré que chasseurs et agriculteurs ne sont pas face à face, mais bien côte à côte. »

Le préfet de Corrèze a souligné l’importance des louvetiers et des chasseurs dans la gestion de ce prédateur : 

Les tirs de défense sont désormais accessibles sans autorisation préalable. Votre rôle est crucial pour limiter les attaques sur les troupeaux. L’État compte sur vous pour renforcer la surveillance et intervenir rapidement. La présence du loup en Corrèze est une réalité, et votre expertise est indispensable pour préserver l’élevage en plein air. »

Les jeunes chasseurs : la relève

Le président des Jeunes Chasseurs du Limousin, Jérémy Faurel, a présenté les actions de son association, créée en janvier 2026. Avec 63 adhérents en trois mois, cette structure régionale vise à attirer et former les jeunes à une chasse responsable. « Nous voulons montrer que la chasse est une activité moderne, respectueuse de l’environnement », a-t-il déclaré, appelant les sociétés de chasse à ouvrir leurs portes aux jeunes.

Un modèle économique solide, mais sous tension

Le rapport financier a révélé une trésorerie de 3,4 millions d’euros, fruit d’une gestion rigoureuse. Malgré une légère baisse des produits d’exploitation (-0,5 %), la fédération a maintenu ses cotisations inchangées depuis 2019. « Si les dégâts explosent, nous devrons puiser dans ces réserves », a prévenu le trésorier. En 2025, 140 000 eurosont été consacrés à l’indemnisation des dégâts de grand gibier, une charge en constante augmentation. La fédération a également investi dans des études scientifiques (cerfs, mares, eau) et dans des actions de communication.

Un engagement unanime pour la chasse

Robert Masdupuy a annoncé la reconduction du Permis de chasse à 0 €, une opération qui a permis d’attirer 260 nouveaux chasseurs en 2025

La chasse a de l’avenir, mais nous devons nous adapter et communiquer davantage. »

Le sénateur Daniel Chasseing a réaffirmé son soutien : 

Le loup n’est plus une espèce strictement protégée, et il faut que les chasseurs puissent intervenir quand c’est nécessaire. La chasse est une tradition qui doit se transmettre. »

Pascal Coste, président du Conseil départemental, a défendu le rôle des chasseurs : 

La chasse n’est pas un problème, c’est une solution. Et cette solution, c’est vous, les chasseurs corréziens, qui la portez au quotidien. »

Le préfet a conclu en soulignant le travail des louvetiers et des chasseurs : 

Vous êtes des acteurs essentiels pour maintenir nos territoires vivants. Votre engagement dans la régulation du loup et la protection des élevages est indispensable. Continuez à travailler main dans la main avec les agriculteurs et les services de l’État pour préserver l’équilibre agro-sylvo-cynégétique. »

Emmanuel Lissajoux a rappelé l’importance de la collaboration avec les chasseurs : Chasseurs et agriculteurs partagent une même terre, une même passion pour les milieux vivants, une même volonté de transmettre à ceux qui viendront après nous. Nous ne serons pas toujours d’accord sur tout, mais nous serons toujours d’accord sur l’essentiel : le territoire doit rester vivant, équilibré et durable. »

Une chasse corrézienne unie et déterminée

L’Assemblée Générale 2026 a confirmé le rôle central des chasseurs dans la gestion des territoires ruraux. Face aux défis sanitaires, juridiques et sociétaux, la fédération mise sur l’innovation, la formation et la solidarité

N’ayons pas honte d’être des chasseurs, mais soyons fiers de ce que nous faisons », a conclu Robert Masdupuy.

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