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Arboriculture : des avancées syndicales majeures qui changent la donne

Entre simplifications administratives, sécurisation de l’eau et nouvelles garanties pour la protection des cultures, les avancées syndicales redonnent du souffle au métier d’arboriculteur. En 2025, la mobilisation du monde agricole, portée avec force par la FNSEA et son réseau, a débouché sur une série d’avancées majeures pour les producteurs.

© IStock

Pour les arboriculteurs, fortement exposés aux aléas climatiques, aux exigences environnementales et aux variations réglementaires, ces acquis ne sont pas de simples ajustements : ils redessinent concrètement les conditions d’exercice du métier.

 

Une fiscalité plus juste et un environnement économique stabilisé

Parmi les progrès les plus structurants figure l’allègement de la fiscalité pesant sur les exploitations. Les plus-values professionnelles sont désormais totalement exonérées lorsque l’exploitation réalise moins de 350 000 € de recettes : une mesure simple, qui protège la trésorerie dans un contexte où chaque euro compte.

Le relèvement de l’exonération de TFNB, passée de 20 à 30 %, apporte également un bol d’air bienvenu aux exploitations arboricoles. La transmission bénéficie par ailleurs d’un cadre nettement plus favorable : exonération portée à 75 % sur les biens ruraux, suppression de règles parfois absurdes qui bloquaient jusqu’ici certains transferts, et relèvement des abattements afin d’encourager la continuité des exploitations. Une avancée majeure qui rassure de nombreux arboriculteurs sur l’avenir de leurs fermes.

 

Produits phytosanitaires : moins de contraintes, plus de solutions

Dans le domaine de la protection des cultures, la PPL Duplomb–Menonville a notamment acté deux changements. La suppression du Conseil Stratégique Phyto (CSP) met fin à une obligation jugée lourde, coûteuse et souvent déconnectée du terrain. Les arboriculteurs retrouvent un accompagnement plus fluide, recentré sur leurs conseillers habituels, sans la séparation artificielle entre vente et conseil.

La création d’un comité de solutions vient répondre à une préoccupation centrale : les impasses techniques. Ce comité doit accélérer la mise à disposition de nouvelles alternatives, notamment en biocontrôle, et orienter plus vite l’homologation des produits indispensables aux filières.

Autre changement notable : la priorisation des demandes d’AMM, alignée sur les besoins urgents des productions. Pour une filière arboricole très dépendante de solutions de protection spécifiques, cette nouvelle hiérarchisation est une vraie victoire. La possibilité d’utiliser des drones de pulvérisation, bien qu’encadrée, ouvre aussi la voie à des pratiques plus précises et économes.

Enfin, un principe s’impose désormais : pas d’interdiction d’un produit autorisé en Europe sans alternative disponible. Une garantie essentielle pour éviter les impasses brutales.

 

Une bataille stratégique de l’eau en passe d’être gagnée

C’est sans doute sur l’eau que la PPL Duplomb marque le plus fortement le quotidien des arboriculteurs. Dans un contexte de sécheresses répétées, la reconnaissance des retenues d’eau comme ouvrages d’intérêt général majeurconstitue un changement historique. Moins de contentieux, plus de sécurité juridique : les projets de stockage retrouvent un avenir, et ça change beaucoup la donne pour les arboriculteurs.

Les décisions administratives devront dorénavant s’appuyer sur des études socio-économiques obligatoires, évitant des baisses arbitraires de volumes prélevables. Un moratoire a d’ailleurs été obtenu pour suspendre certaines réductions en cours.

L’année 2025 bénéficie aussi d’un soutien financier important : 20 millions d’euros pour développer des ressources en eau, auxquels s’ajoute un abattement de 20 000 m3 sur la redevance pour les irrigants raccordés au réseau. Cela offre de nouvelles marges de manœuvre pour des cultures dont la qualité dépend directement de l’irrigation.

Enfin, la clarification du rôle du préfet dans la police de l’environnement et l’encadrement des contrôles – avec notamment l’usage de caméras-piétons lors des interventions – instaureront un climat un peu plus serein entre exploitants et administration.

 

Un tournant pour l’arboriculture française

Au total, les avancées obtenues en 2025 forment un ensemble cohérent : elles redonnent de la souplesse, de la sécurité juridique et de la visibilité aux arboriculteurs. Fiscalité, eau, protection des cultures : trois piliers essentiels du métier viennent d’être consolidés.

Ces progrès, fruits de la mobilisation syndicale et du travail de négociation de la FNSEA et de son réseau, ouvrent désormais une perspective : celle d’une arboriculture française qui retrouve de la capacité d’investissement, de la confiance, et surtout la possibilité de se projeter plus sereinement dans l’avenir.

 

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