AMF du Cantal : Christian Montin se dit victime d'une stratégie politique
Candidat à sa succession à la tête de l'Association des maires et présidents d'intercommunalités du Cantal, Christian Montin a dû renoncer, faute de consensus avec une seconde liste emmenée par Michel Brousse maire de Chaudes-Aigues. Une manoeuvre politique selon lui.
Candidat à sa succession à la tête de l'Association des maires et présidents d'intercommunalités du Cantal, Christian Montin a dû renoncer, faute de consensus avec une seconde liste emmenée par Michel Brousse maire de Chaudes-Aigues. Une manoeuvre politique selon lui.
Ce mercredi 20 mai, une semaine avant l'assemblée générale élective de l'Association des maires du Cantal (AMF 15), Christian Montin, maire de Marcolès qui en assure la présidence depuis 2019, a expliqué pourquoi il n'en serait plus président à l'issue de ce renouvellement, alors même qu'il était initialement candidat. Un renoncement subi qui ne doit rien à l'usure ni à la lassitude pour celui qui a toujours présenté ce mandat comme l'un des plus enrichissant. Lors de ses démarches pour constituer sa liste, représentative des différentes collectivités et intercommunalités, quelles que soient leur taille et localisation, il a découvert que le maire de Chaudes-Aigues, Michel Brousse, était lui aussi candidat à la présidence de l'Association, qui, depuis sa création en 1947, oeuvre dans le consensus et de manière transpartisane. "J'ai donc contacté le maire de Chaudes-Aigues pour lui proposer qu'on s'entende pour co-construire une liste commune en lui indiquant que je souhaitais conserver la présidence de l'AMF pendant deux ans, au terme desquels je laisserai la place. Ce qu'il a refusé en me disant qu'il était prêt à me faire une place sur sa liste mais à mon âge, occuper un strapontin n'est pas très confortable", ironise l'élu.
Une deuxième liste emmenée par le maire de Chaudes-Aigues
Donc acte, deux listes allaient donc être soumises au vote de leurs pairs le 29 mai. C'était sans compter sur un détail - jusqu'alors resté discret dans les statuts de l'AMF : les deux principales intercommunalités - celles du bassin d'Aurillac et du pays de Saint-Flour - doivent être représentées au conseil d'administration de l'AMF.
Christian Montin a de ce fait sollicité une désignation de la part des présidents des deux intercommunalités concernées au sein de sa liste. « M. Casagrande (Aurillac Agglo) m'a dit tout de suite qu'il le ferait, ce qu'a refusé le président de Saint-Flour communauté au motif qu'il ne voulait pas opposer quelqu'un d'autre au maire de Chaudes-Aigues, qui est vice-président de l'interco » a expliqué Christian Montin, qui s'est de fait retrouvé empêché de proposer une liste conforme aux statuts de l'association. Une situation qu'il a exposée dans un courrier adressé à tous les maires et présidents d'EPCI du Cantal il y a quelques jours.
"Ma sensibilité politique connue et reconnue (de gauche, NDLR) ne correspond manifestement pas à ce qu'attend une partie de la famille politique qui domine ce département."
C'est donc la mort dans l'âme et non sans amertume, que l'élu, engagé depuis 25 ans à l'AMF, d'abord comme secrétaire général de Bernard Filhol puis de Pierre Jarlier, avant de la coprésider avec feu Roland Cornet puis d'en prendre seul les rênes, s'apprête à tourner la page de ce mandat. « Je le regrette beaucoup au moment où il y a de nombreux chantiers et fers sur le feu autour de la carte scolaire, des difficultés évidentes du Cantal d'un point de vue démographique... J'ai la faiblesse de penser que j'aurais encore pu être utile », lâche Christian Montin, d'autant plus dépité qu'il considère avoir dirigé l'AMF « avec beaucoup d'impartialité, dans le respect de toutes les collectivités et sensibilités, de tous les élus, j'ai apporté le maximum de ce que je pouvais apporter d'où que viennent les sollicitations ».
Cherchant à comprendre l'origine de cette fin de non recevoir au consensus proposé, lui en est arrivé à la conclusion d'être la victime d'une stratégie orchestrée : "Ma sensibilité politique connue et reconnue (de gauche, NDLR), même si je ne suis encarté ni ne milite nulle part, ne correspond manifestement pas à ce qu'attend une partie de la famille politique qui domine ce département. Je regrette qu'il n'y ait plus beaucoup de place pour une expression un peu différente aujourd'hui dans le Cantal." Maire de Marcolès, vice-président de la Châtaigneraie cantalienne, président départemental et régional des Petites cités de caractère, Christian Montin continuera à s'investir pleinement dans ces autres mandats, indique-t-il.