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[Alerte] Dermatose nodulaire contagieuse : Un premier foyer déclaré en France

Après des foyers en Italie, un premier foyer vient d’être déclaré en France. La plus grande vigilance s’impose pour les mouvements.

La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) (Lumpy skin disease(LSD) en anglais) est une maladie virale des bovinés, non transmissible à l’Homme.

Une maladie d’origine subsaharienne

Jusqu'en 1986, la DNC était confinée à l’Afrique subsaharienne. L'Égypte a été touchée en 1988, puis Israël en 1989. Depuis, des foyers ont été observés dans la péninsule Arabique, au Moyen-Orient, en Turquie et depuis 2023, la maladie est présente en Lybie, Tunisie et Algérie. En 2015-2016, une vague épizootique avait touché les Balkans, enrayée grâce à une vaccination de masse couplée à des mesures sanitaires. Des foyers ont été déclarés en juin 2025 en Sardaigne et en Lombardie, et un premier foyer vient d’être confirmé le 29 juin en Savoie (deuxième foyer en attente de confirmation). L’origine de l’infection est inconnue mais le transport d’animaux ou de vecteurs contaminés à partir d’une zone enzootique reste le plus probable.

Une maladie virale de la famille des varioles

La DNC appartient au groupe des varioles des ruminants. Ces maladies affectent les bovinés (DNC), les ovins (clavelée) et les caprins (variole caprine). Elles sont causées par des Capripoxvirus, virus à ADN de la famille de Poxvirus. Ils se différencient par leur spécificité d'hôte, plus ou moins stricte, et par la sévérité de leur pouvoir pathogène. Ils sont très résistants dans le milieu naturel (80 jours à 20 °C, résistant au froid). Ils sont en revanche sensibles à la chaleur (inactivé à 56 °C en 1 heure), aux rayons ultraviolets (inactivation en quelques minutes), aux solvants des lipides et aux ammoniums quaternaires à 0,5 %. Pour les souches bovines, la transmission vectorielle semble représenter le mode de transmission prépondérant dans l’épidémiologie de la maladie. Si le rôle des stomoxes est établi, d’autres insectes hématophages pourraient aussi être impliqués (moustiques, culicoïdes, …). Les transmissions directe et indirecte (par exemple via l’abreuvoir) sont considérées comme possibles, même si cela semble avoir une moindre importance dans l’épidémiologie de la maladie.

Des signes cliniques assez caractéristiques

La période d’incubation varie de 4 à 14 jours mais elle peut atteindre un mois. Classiquement, la maladie débute par une hyperthermie qui peut atteindre 41 °C et persister durant deux semaines. Habituellement, les symptômes généraux précèdent l’apparition des signes cutanés : abattement, anorexie, larmoiement, jetage, sialorrhée et chute brutale de la lactation. Une adénite généralisée est présente, les ganglions pouvant décupler de volume. Le premier signe cutané est l’apparition d’un hérissement des poils, suivi par l’apparition de nodules durs, arrondis et indolores, de 0,5 à 6 cm de diamètre, préférentiellement sur la tête (pourtour des yeux et du mufle), le cou, les membres et la mamelle. On peut aussi trouver des nodules sur les muqueuses : bouche, nez, yeux, vulve, prépuce. Une conjonctivite peut s’installer, souvent associée à une kératite. Sur les muqueuses buccale et trachéale, ces nodules s’érodent, engendrant douleur et ptyalisme, empêchant l’animal de s’alimenter. Lors d’atteinte de la mamelle, on observe un œdème prononcé et l’apparition de petits nodules puis d’ulcères, tant sur les trayons que sur la paroi de la mamelle elle-même. Des œdèmes sous-cutanés très étendus sont fréquents sur les lombes, le fanon et les membres, faisant parfois éclater la peau. Les nodules finissent par se dessécher et se détacher du tissu sous-jacent en deux à cinq semaines, laissant une plaie en cône à l’emporte-pièce.

Des dispositions réglementaires lors de la suspicion…

En cas de suspicion de DNC, contactez votre vétérinaire. Celui-ci évalue la situation et s’il confirme l’hypothèse, il fait des prélèvements et déclare la suspicion auprès de la DDETSPP qui prend un arrêté préfectoral de mise sous surveillance (APMS). En attendant les résultats des analyses (PCR sur sang et nodule cutané dans un premier temps, sérologie si on intervient plus tardivement), les animaux malades sont séquestrés, tous les mouvements d’animaux sur l’exploitation sont suspendus et des mesures de biosécurité sont prises pour la circulation des personnes et des véhicules.

… et en cas de confirmation

La DNC est inscrite sur la liste des maladies de catégorie A (maladie à éradication obligatoire) de la Loi Santé Animale européenne. La gestion d’un foyer passe par des mesures sanitaires classiques, avec abattage des animaux sensibles du foyer, nettoyage et désinfection complet du site, mise sous surveillance des cheptels en lien épidémiologique et définition d’une zone de protection et d’une zone de surveillance (rayons de 20 km et 50 km minimum), ces zones étant maintenues au moins 45 jours. Une enquête épidémiologique est en cours pour essayer d’identifier l’origine de la maladie et repérer d’éventuelles contaminations d’animaux issus de la zone de protection. Aucun vaccin contre la DNC ne dispose d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) dans l'UE mais la Commission européenne peut autoriser les États membres à utiliser un vaccin étranger sous Autorisation Temporaire d’Utilisation (ATU).

Un dispositif de surveillance et de sensibilisation en France

Face à cette première incursion inattendue de la DNC en France, il convient de rester vigilant lors des mouvements. 4 départements sont concernés par la zone de surveillance (Savoie, Haute-Savoie, Isère et Ain) ainsi que la Suisse. Des mesures sont également mises en place pour la gestion des collectes de lait. GDS France met à disposition des éleveurs une fiche de sensibilisation. L’impact sur les échanges internationaux n’est pas encore connu et des négociations sont en cours. Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire, la DDETSPP ou nos services.

Aller plus loin : Ministère de l'Agriculture

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