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Installation-transmission
Affaires qui marchent cherchent repreneurs

Les chambres d’agriculture d’Auvergne-Rhône-Alpes se mobilisent pour favoriser le renouvellement des générations en agriculture dans le cadre de la quinzaine de la transmission.

L'installation-transmission est un sujet d'avenir.
© Pamac

D'ici 2026, plus de 30 % des chefs d'exploitation atteindront l'âge de la retraite et seront susceptibles de transmettre leur exploitation. Parce que demain se prépare dès aujourd’hui, les chambres d’agriculture communiquent largement sur l’installation-transmission. Depuis cinq ans, elles organisent, en novembre, la quinzaine de la transmission. Une quinzaine marquée par des temps forts dans les départements ponctués par des visites de terrains, des réunions de conseils et d’information, des témoignages…, qui crise sanitaire oblige, devraient toutefois être ajournés dans certains cas (voir encadré). « L’ambition du réseau des Chambres d’agriculture est de maintenir dans chaque région le nombre d’actifs en assurant leur installation et en accompagnant dans la durée les projets d’entreprise », résume Anthony Fayolle, agriculteur en Haute-Loire et responsable du dossier installation à la chambre régionale d’agriculture.

Des profils qui évoluent

20 000 chefs d’exploitation cessent leur activité chaque année, tandis qu’entre 10 000 et 15 000 candidats s’installent en agriculture. Le compte n’y est pas. Pour autant, des candidats non issus du milieu agricole sont de plus en plus nombreux à vouloir s’installer en agriculture. « La reprise d’une exploitation agricole qui se faisait spontanément d’une génération à une autre il y a quelques décennies, lorsque la transmission se faisait de père en fils, est aujourd’hui plus complexe. De plus en plus, on constate un intérêt croissant pour le milieu rural et l’agriculture par des porteurs d’idées non issus du milieu agricole », explique Anthony Fayolle. Pour lui, l’enjeu est de faire coïncider les offres de reprise avec les projets du repreneur. Et cela nécessite « de disposer de propositions plus ouvertes que les schémas « classiques » afin de permettre aux jeunes de se projeter plus aisément ».

1/5 des terres agricoles pourrait changer de main d’ici 5 ans

Pour concrétiser ses projets et favoriser la transmission agricole, les acteurs du monde agricole disposent d’un arsenal de mesures et d’outils qui se sont affinés avec le temps, au gré de l’évolution du profil des cédants et des repreneurs. Il y a d’abord, les points accueil installation-transmission. Présents dans 90% des départements, ce sont les lieux d’accueil privilégiés d’une part des candidats à l’installation et d’autre part des exploitants souhaitant s’informer sur la cessation d’activité/transmission. Parallèlement, le répertoire départ installation (RDI) est un outil précieux mis en place par l’ensemble des chambres d’agriculture. « C’est un dispositif de mise en relation pour favoriser la transmission des exploitations agricoles en mettant en relation les porteurs de projet à l’installation individuelle ou collective et les exploitants désireux de trouver un repreneur ou un associé », précise Laurence Romanaz, chargée de mission installation à la chambre régionale d’agriculture. L’ensemble des offres sont disponibles via la plateforme www.repertoireinstallation.com.

Outre le RDI et les points accueil installation et transmission, les chambres d’agriculture disposent de dispositifs complémentaires : l’acquisition d’expérience pratique via le stage test ; la professionnalisation des candidats via un plan de professionnalisation personnalisé (PPP) ; et enfin des aides de l’Etat et de la Région pour garantir une transmission-reprise réussie : audit d’exploitation ; aide concrétisation-transmission…Reste qu’au-delà des différents outils, il existe de nombreux freins qui limitent et complexifient la reprise d’une entreprise agricole. L’accès au foncier et les investissements conséquents pour financer la reprise sont les deux principaux écueils, sur lesquels travaille la profession agricole. Installation dans un cadre sociétaire, partage de la charge du capital, portage du foncier…sont autant de pistes qui peuvent être étudiées au cas par cas, car derrière une transmission, il y a toute histoire de vie qui convoque bien plus que les seuls aspects matériels…Et dans ce registre là comme dans bien d’autres, chaque histoire est singulière.

Témoignage : Robert Salis, la fierté de transmettre un bel outil

La cessation d’activité marque un tournant dans la vie de tout chef d'entreprise. Pour ne pas être pris au dépourvu, Robert Salis exploitant dans le Cantal, à 17 kilomètres au sud d’Aurillac, a suivi l’an dernier la formation « Transmission et retraite, je m'y prépare ». A Roannes Saint-Mary, Robert a bâti avec son frère Jean-Pierre, un Gaec « qui tourne bien », consolidé en 2010 par l’arrivée de deux nouveaux associés, un voisin et l’un de ses neveux. Dix ans plus tard, à 61 ans, Robert souhaite céder sa place au sein de l’exploitation laitière qui compte 120 vaches à la traite. Sans successeur, et voyant l’âge avancé, il s’est renseigné sur les options possibles auprès de la chambre d’agriculture. Relevé de carrière auprès de la MSA, fiscalité, aspects juridiques, devenir des baux…La formation a permis de balayer largement tous les sujets.

S’entendre

Pour Robert, l’idée de transmettre a été une évidence, partagée par ses associés : « Le Gaec marche bien à quatre. C’est un bel outil qui nous permet de dégager du revenu et d’organiser au mieux le travail en nous ménageant des temps de repos », souligne l’éleveur. Une opportunité idéale pour un potentiel candidat à l’installation, qui fait l’objet d’une inscription au répertoire départemental installation. « Nous avons eu quelques propositions. Un jeune est venu en stage de parrainage, mais ça n’a pas collé ». Question d’entente et de points de vue partagés, deux aspects primordiaux dans le cadre d’une installation en Gaec. « Quand on travaille à plusieurs, il faut s’entendre, quitte à mettre de l’eau dans son vin quand il le faut », estime Robert, pour qui l’installation sociétaire est une solution à l’agriculture de demain. « L’apport en capital est bien moindre qu’en individuel, et l’on peut s’organiser pour se dégager du temps pour sa famille, ses loisirs… », plaide-t-il. Si dans l’attente de trouver son successeur, Robert va repousser son départ à la retraite d’une année, il espère que cela ne durera pas trop longtemps.

L’offre complète de reprise est disponible sur le www.repertoireinstallation.com sous le numéro RDI151903.

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