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Additionner les méthodes de lutte pour ralentir l’invasion

La FDGDON du Puy-de-Dôme a organisé plusieurs journées de formation à destination des agriculteurs désireux de mettre en place une stratégie de lutte collective.

Les méthodes de lutte contre les rats taupiers doivent être employées avant qu’ils n’infestent complètement la zone.
Les méthodes de lutte contre les rats taupiers doivent être employées avant qu’ils n’infestent complètement la zone.
© Brigitte Cauvin/Inra

La FDGDON du Puy-de-Dôme a organisé sur plusieurs dates et dans différentes communes, des formations de lutte contre les rats taupiers. Ces journées ont permis aux agriculteurs de s’approprier les différentes méthodes en leur possession pour ralentir la pullulation du ravageur. Quelques unes d’entre elles sont rigoureusement encadrées, principalement pour des raisons environnementales. D’autres demandent des formations adjacentes voire l’achat de matériel. Un imbroglio difficile à démêler d’où la nécessité d’après Sandrine Laffont, animatrice de la FDGDON d’informer et former les agriculteurs. « En associant toutes les méthodes de lutte (piégeage, PH3, appâts empoisonnés…), la progression des rats peut être contrôlée. Mais leur emploi demande du temps et de l’argent. La lutte collective doit être envisagée et mise en place pour réduire ces investissements. »

 

Lutte indirecte

La lutte des rats taupiers doit intervenir avant même qu’ils n’investissent les prairies.

Les ravageurs utilisent les galeries des taupes pour se frayer un chemin et envahir les parcelles. Le contrôle des taupes via le piégeage et la fumigation par PH3 est donc indispensable. Attention, cette dernière méthode est soumise à une réglementation très stricte. Les utilisateurs doivent être détenteur à la fois d’une certification de gazage, obtenue après deux jours de formation, et du Certiphyto (cf encadré ci-dessous).

Le contrôle des taupes peut ne pas suffire à éviter l’invasion par les rats. La FDGDON recommande alors de favoriser la présence de prédateurs (hermines, rapaces…) par la création de zones de chasses. Les haies, les buissons et les tas de pierre sont des refuges où ils peuvent se cacher. L’installation de perchoirs et de nichoirs permet également aux oiseaux de s’installer à proximité de la prairie. L’entretien des bordures et l’élimination des touffes d’herbes dans la parcelle (refuges pour les rats) participent à limiter les déplacements du ravageur et les rendent visibles aux yeux des prédateurs. L’alternance fauche/pâture ainsi que le travail du sol via un labour ou un hersage détruisent les galeries des rats. Attention cependant, l’autorisation de retournement des prairies ne concerne pas tout le monde (zone Natura 2000…).

 

Lutte directe

Si ces moyens n’ont pas suffi à ralentir les rats, le piégeage doit être employé mais encore une fois, il doit intervenir dès l’apparition des premiers tumulis. Cette méthode efficace demande un temps de travail important puisque les pièges doivent être régulièrement relevés (plusieurs fois par jour).

Et enfin, l’emploi d’appâts à base de bromadiolone est autorisé mais strictement encadré car dangereux pour la faune non cible. Soumis à des arrêtés ministériels, préfectoraux et municipaux, le produit ne peut-être utilisé qu’après déclaration par l’utilisateur.

«Rat-le-bol» en étendard

Chacune de ces mesures sont gourmandes de temps et d’argent. Deux choses dont les agriculteurs manquent. Le 5 février dernier à Rochefort-Montagne, lors de la formation du FDGDON, la quinzaine de participant avait le sentiment d’être pieds et poings liés. « On a l’impression que le rat est protégé » ; « on se sent complètement impuissant » et « il faut plus de papier pour tuer un rat que pour envoyer une vache à l’abattoir ». A bout, les agriculteurs ne savent plus vers quoi se tourner.

FMSE, un outil dans la lutte contre le rat taupier

À la demande de la Sous-Préfète d’Issoire, en charge du dossier « rat taupier » pour le département, la directrice du FMSE est venue présenter le FMSE (1) et le dispositif d’indemnisation « rat taupier ».

 

Qu’est-ce que le FMSE ?

Le FMSE est un fonds professionnel financé par les cotisations des agriculteurs. Il est composé d’une section commune à laquelle cotisent tous les agriculteurs et de 11 sections spécialisées par production dont une section « ruminants ». A partir de ses ressources (cotisations), le FMSE peut appeler des co-financements de l’Etat et de l’Europe avec un levier important : 35€ du FMSE permet de lever 65€ de financement public.

Le FMSE est soumis à une réglementation stricte et ses programmes doivent être validés par le ministère.

 

Indemnisation des moyens de lutte contre le campagnol

Le programme actuel d’indemnisation concernant le rat taupier est porté par la section commune du FMSE. Il prévoit la prise en charge des moyens de lutte éligibles dans la limite de 75% des frais engagés et de plafonds forfaitaires. Sont pris en compte le matériel sur facture (piège, appât…) et le travail sur la base de barèmes d’entraide pour le travail du sol ou sur facture pour les prestations extérieures.

Pour émarger au FMSE, il faut remplir préalablement les conditions suivantes :

- Être affilié au FMSE (agriculteur à jour de cotisation)

- S’engager dans la lutte auprès de la FDGDON ou du FMSE.

De plus, la réglementation limite l’éligibilité aux secteurs soumis à un arrêté de lutte obligatoire. Pour le Puy-de-Dôme, cet arrêté date du 23 octobre 2015. Les frais engagés avant cette date ou en dehors de la zone définie ne sont donc pas éligibles.

Le FMSE est un des outils de lutte contre le rat taupier. En l’état actuel, il est efficace pour accompagner la lutte en amont des périodes de pullulation. Un autre programme est à l’étude au niveau de la section ruminant pour prendre en charge les pertes induites par les rats taupiers.

 

(1) FMSE : Fonds national agricole de Mutualisation Sanitaire et Environnementale.

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