Action syndicale Framboises : la FDSEA 19 mobilisée pour défendre l’origine locale
En pleine saison de production, les producteurs corréziens de framboises montent au créneau. À l’initiative de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de la Corrèze, une opération de contrôle a été organisée le 12 juin à Brive-la-Gaillarde afin de vérifier l’origine des framboises utilisées par les professionnels, notamment chez un grossiste et une enseigne nationale de pâtisserie.
En pleine saison de production, les producteurs corréziens de framboises montent au créneau. À l’initiative de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de la Corrèze, une opération de contrôle a été organisée le 12 juin à Brive-la-Gaillarde afin de vérifier l’origine des framboises utilisées par les professionnels, notamment chez un grossiste et une enseigne nationale de pâtisserie.
Une action de terrain pour sensibiliser les acteurs économiques
Cette opération s’inscrit dans un contexte de forte concurrence entre la production française et les fruits importés. L’objectif n’était pas d’engager un rapport de force, mais bien de sensibiliser les acheteurs, distributeurs et artisans aux enjeux de l’approvisionnement local.
Les représentants agricoles se sont rendus dans plusieurs établissements, dont une pâtisserie industrielle et un grossiste. Si des framboises françaises ont été présentées dans une enseigne, les producteurs ont toutefois exprimé des interrogations quant à leur utilisation réelle dans les produits transformés. Chez le grossiste, le constat était plus net : seule de la framboise importée, notamment en provenance du Portugal, était disponible ce jour-là.
Une concurrence jugée « déloyale »
Pour les producteurs corréziens, cette situation illustre une problématique de fond. La framboise française, reconnue pour sa qualité, souffre d’un différentiel de compétitivité face aux produits issus d’Espagne, du Portugalou encore du Maroc.
Cela concurrence de manière déloyale notre production française »,
dénonce Emmanuel Lissajoux, président de la FDSEA, pointant notamment des coûts de production bien plus faibles à l’étranger, liés en particulier à une main-d’œuvre moins onéreuse.
Dans les faits, une barquette de framboises corréziennes peut être jusqu’à deux fois plus chère que son équivalent importé, ce qui pèse fortement sur les choix des acheteurs, notamment dans la restauration et la pâtisserie.
Une production locale structurante pour le territoire
La Corrèze est pourtant un territoire majeur de la production de framboises en France. Le département figure parmi les principaux bassins de production nationale, avec plusieurs centaines de tonnes produites chaque année.
Derrière ces volumes, ce sont des exploitations familiales, une main-d’œuvre locale et une technicité développée depuis des années qui sont en jeu. À Uzerche, Jean-François Freyssinet, producteur de framboises, constate une érosion progressive des débouchés :
Depuis de nombreuses années, on perd des parts de marché, que ce soit pour la framboise française ou corrézienne, au profit des fruits importés. Et cette tendance devient de plus en plus difficile à enrayer. »
Pour les producteurs, le développement de l’approvisionnement local représente donc un levier essentiel pour maintenir l’activité et la vitalité agricole sur le territoire. « Pour ma part, voilà 30 ans que je démarche les pâtissiers, les restaurateurs ou les grossistes », ajoute Jean-François. « Si l’on n’est pas constamment présent pour valoriser une production issue d’une exploitation à quelques kilomètres à peine, on se fait rattraper par la concurrence étrangère, qui ne respecte pas les mêmes normes que nous, que ce soit en matière de traitements ou de main-d’œuvre. »
Dans cette dynamique, le grossiste rencontré lors de l’opération a indiqué vouloir faire évoluer ses pratiques en s’engageant dans un référencement de producteurs corréziens, afin d’aller vers un approvisionnement plus local.
Encourager la transparence et les circuits courts
À travers cette opération, la FDSEA et les JA de la Corrèze souhaitent rappeler l’importance de la transparence sur l’origine des produits. Si l’importation reste légale, les producteurs appellent les professionnels à privilégier, lorsque cela est possible, une origine française, voire locale, notamment en pleine saison.
Pour Christophe Dos Santos, président de la section arboriculture et fruits de la FDSEA, cette exigence de clartéest essentielle :
Le consommateur doit pouvoir savoir d’où viennent les fruits qu’il consomme, y compris dans les produits transformés. Aujourd’hui, il y a encore trop d’opacité. Notre démarche n’est pas de stigmatiser, mais d’inciter les professionnels à jouer le jeu de la transparence et à valoriser le travail des producteurs locaux quand la ressource est disponible. »
Pour la FDSEA et les JA, il s’agit de maintenir la pression et d’inscrire durablement la question de l’origine dans les pratiques d’achat. Au-delà du contrôle, c’est bien une démarche de pédagogie et de valorisation de l’agriculture locale qui est engagée.
Un message clair : en choisissant des framboises corréziennes, c’est toute une filière de qualité et de proximité qui est soutenue.