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400 agriculteurs ont donné 4 300 bottes de foin pour leurs collègues sinistrés

Les deux syndicats, FDSEA et JA, ont réuni la presse lundi, pour faire le bilan de l’opération solidarité fourrage envers les agriculteurs de Haute-Loire sinistrés par les intempéries du 13 juin dernier.

Les responsables syndicaux avec les associés du Gaec de la Narce sur une parcelle sur laquelle un torrent a laissé une large traînée de gravats.
Les responsables syndicaux avec les associés du Gaec de la Narce sur une parcelle sur laquelle un torrent a laissé une large traînée de gravats.
© Le Progrès

L’opération Solidarité fourrages envers les agriculteurs sinistrés par les intempéries du 13 juin dernier, initiée par la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles et les Jeunes Agriculteurs de Haute-Loire vient de se terminer.
Pour faire le bilan, Thierry Cubizolles secrétaire général de la FDSEA et Anthony Fayolle président des JA43, accompagnés par Laurent Duplomb président de la Chambre d’Agriculture et des délégués cantonaux FDSEA de Cayres Jean-François Portalier et Solignac/Loire Franck Roux, ont réuni la presse ce lundi 7 août sur l’exploitation de Ludovic et Richard Frévol du Gaec de la Narce près de La Sauvetat sur la commune de Landos.

400 donateurs
Thierry Cubizolles a souligné la «forte mobilisation des agriculteurs de tout le département» qui ont répondu en nombre à cet appel à la solidarité. C’est environ 400 agriculteurs qui ont proposé du foin dans le cadre de cette opération, et ce depuis tout le département.
Plus de 4 300 bottes de foin, enrubannage voire paille, soit environ 1 100 tonnes, ont ainsi été acheminées en moins de 2 mois depuis toute la Haute-Loire en direction des 4 cantons sinistrés (Pradelles, Cayres, Solignac/Loire et Le Monastier).
Cette opération a nécessité une importante organisation.
D’abord les délégués cantonaux et présidents de syndicats et CCJA du secteur sinistré ont dû recenser les besoins de chaque agriculteur de leur canton, et organiser la distribution. Certains agriculteurs n’osaient pas demander, car comme l’a précisé Franck Roux «face au drame du Brignon, où l’un des nôtres a perdu la vie, on n’osait pas se plaindre…».
De l’autre côté, les responsables syndicaux ont fait appel aux dons sur leurs secteurs, inventorié les collectes et supervisé le transport. Toute cette logistique, encadrée par la FDSEA et les JA, a mobilisé du monde et des moyens.
Au total, 55 tracteurs ont assuré la livraison de bottes en convois avec l’aide de la gendarmerie pour assurer la sécurité, de même que 46 camions. Thierry Cubizolles a souligné que les frais de  transport (camions et chauffeurs) sont pris en charge par la FDSEA et les JA avec une aide de la Chambre d’Agriculture. Laurent Duplomb a d’ailleurs précisé que la Chambre a alloué un budget de 10 000 € en soutien à cette opération pour le transport justement. Ajoutons que certains agriculteurs sont venus aider leurs collègues agriculteurs sous forme de main d’oeuvre pour pallier le plus urgent.
Anthony Fayolle a lui aussi insisté sur la mobilisation autour de cette opération de solidarité. «Tout le monde a joué le jeu. On a su être solidaires» et d’ajouter «celui qui ne pouvait pas donner, a pris son tracteur pour le transport…». Les responsables sont unanimes : «on sort d’une année difficile notamment en lait, et pourtant les gens ont su se serrer les coudes et répondre. Ça fait plaisir de faire partie de ce monde…».
Notons que tous les agriculteurs du secteur ont été servis. Cette opération a permis, outre de remplir un peu les granges, de redonner un peu de baume au cœur à ceux qui ont beaucoup perdu.

Les dossiers de l’automne
Que ce soit pour le syndicalisme comme pour la Chambre d’Agriculture, les responsables savent que la partie n’est pas terminée. Dès cet automne, ils seront à pied d’œuvre pour engager les dossiers pour les indemnisations de pertes de fourrages, et ensuite pour les pertes de fonds. Laurent Duplomb précise que très vite la profession a saisi le Préfet qui a activé une cellule de crise afin de faire classer les communes sinistrées en catastrophe naturelle, ce qui permet de déclencher le principe de «perte de fonds». Rappelons que 18 communes ont été classées.
Quant aux pertes de fourrages, là aussi «on a pris rang au niveau national», précise Laurent Duplomb. Les expertises de-vraient avoir lieu en automne.
Pour toute la zone sinistrées, le président de la Chambre a donné un chiffre de 5 à 6 millions d’euros d’estimation de dégâts en cumulant les pertes sur récoltes (prairies, céréales et lentilles) et pertes de fonds. Un chiffre colossal, auquel bien sûr viennent s’ajouter les frais de remise en état des voiries et autres installations à la charge des communes, et du département.
Le mot de la fin revient à Laurent Duplomb qui souligne que les agriculteurs ont pour habitude, «après une mauvaise récolte, de resemer en espérant que l’année suivante sera meilleure». Et c’est ce que l’on souhaite à tous…

En chiffres
• 4 300 : nombre total de bottes de foin livrées aux agriculteurs sinistrés au terme de l’opération au 1er août,
• 55 : nombre de tracteurs qui se sont déplacés avec du fourrage jusque dans la zone sinistrée,
• 46 : nombre de camions livrés,
• 6 : gendarmes escortant chacun des 6 gros convois de tracteurs.

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