30 M€ pour l'extension de l’hôpital de Murat
Vendredi 9 janvier, la première pierre de l’extension de l’hôpital de Murat était officiellement installée pour un chantier hors-normes pour la ville, et le plus important du Cantal actuellement.
Vendredi 9 janvier, la première pierre de l’extension de l’hôpital de Murat était officiellement installée pour un chantier hors-normes pour la ville, et le plus important du Cantal actuellement.
Représentants de l’État, de l’Agence régionale de santé (ARS), élus, direction et personnels étaient réunis pour la pose de la première pierre de l’extension-réorganisation de l’hôpital de Murat. Il faut dire que le chantier ouvert depuis l’automne est hors-normes selon les participants. Il était également très attendu depuis de nombreuses années pour répondre aux attentes de prise en charge des patients et au confort de travail pour ses quelque 200 agents. “Cette opération de lifting s’imposait”, rappelait la directrice de l’établissement Grazziella Salamanca, qui, depuis son arrivée à Murat en 2019, œuvre avec le personnel à la concrétiser. “Son engagement et sa mobilisation sans faille” ont été d’ailleurs salués par la directrice de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, Cécile Courrèges.
Un projet attendu
Il s’agit d’un projet de 31 millions d’euros étalés sur trois ans. C’est douze fois le budget annuel de la commune de Murat. En comparaison, en son temps, en 1981, la construction du bâtiment, dit “V120”, avait coûté 28 millions de francs, soit 4,2 millions d’euros. Par ces quelques chiffres qui
donnent une idée de ce projet, il s’agit pour Gilles Chabrier, maire et président du conseil de surveillance de l’établissement, d’un “moment historique pour la ville, le territoire”. Et pour en
arriver à cette pose de la première pierre, il aura fallu passer les longues procédures et trouver les financements, rappelait le sénateur Bernard Delcros, alors que son homologue Stéphane Sautarel retenait “l’importance pour le milieu rural d’une équité d’accès au soin”.
Engagement important de l’ARS
L’hôpital est de loin le premier employeur de Hautes Terres communauté et ce chantier constitue le plus important actuellement en cours dans le Cantal par les sommes engagées. L’ARS veut y croire : elle apporte 21 millions d’euros à elle seule. Elle a d’abord mis sur la table 11,2 M€ dans le cadre du Ségur de la santé. Elle a complété avec 4,5 M€ au titre du plan d’aide à l’investissement des établissements du service médico-social (ESMS) et enfin par 5,2 M€ de contribution à la nouvelle extension. Le centre hospitalier, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et le Département du Cantal participent aussi financièrement pour le tiers restant. Le début du chantier a devancé de quelques semaines cette visite officielle et la pose symbolique de la première pierre marquait dans l’esprit des participants l’aspect irrévocable de mener à son terme cette modernisation de l’hôpital de Murat.
Cet automne, la première phase a consisté en la démolition des maisons de fonction et des annexes à l’est du site, de la passerelle reliant le bâtiment des années 1980, V120, à la résidence “Les Tilleuls”. Les travaux s’effectuent sans periode de fermeture, la continuité de soin étant assurée.
D’ici 2028
Cette première phase, d’ici mars 2027, porte désormais sur l’extension du V120 qui accueillera l’unité de vie protégée et les cuisines. En février 2028, son aile est accueillera le pôle sanitaire pour les consultations externes et les services administratifs. En août 2028, l’ouverture de l’aile ouest verra s’y installer les consultations au rez-de-chaussée. À cette date, les services des Tilleuls et des Lilas auront trouvé place dans la nouvelle extension. Celle-ci est construite à flanc de colline. Elle bénéficiera de la vue sur la vallée et la ville, avec en arrière-plan les monts du Cantal. L’insertion dans l’environnement a été privilégiée contrairement à la construction du V120 d’une autre époque. Elle apparaît comme un hameau avec six volumes dont les couvertures rappellent les toits du vieux Murat tout proche et l’intérieur une ambiance hôtelière pour des personnes accueillies pour de longues durées. Le bâtiment est classé en niveau E3 en qualité environnementale avec un calcul du réduction de la consommation d’énergie de 40 % par rapport à actuellement.
Les entrées “publics” seront également séparées des zones logistiques. Un espace végétalisé équipé de mains courantes et de bancs agrémentera de possibles temps en extérieur pour les patients et leurs visiteurs. Ce projet, dont “la raison d’être est de préserver la santé de nos concitoyens”, propulse l’hôpital de Murat dans une nouvelle ère pour la prise en charge des patients et des résidents, et
“l’action collective témoigne de la place déterminante de l’établissement pour la vitalité du territoire”, estime le sous-préfet de Saint-Flour, Romain Hélard.
Capacité
La capacité à venir de l’hôpital de Murat sera de 190 lits. 100 lits seront consacrés au pôle médico-social pour personnes âgées dépendantes (Éhpad) et l’unité de vie protégée avec 15 lits en unité sécurisée pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et 14 places pour le pôle d’activité et de soins adaptés.
Le pôle sanitaire comptera 90 lits (25 pour la médecine polyvalente à vocation gériatrique, dont quatre pour les soins palliatifs, 35 pour les soins de “suite” et de réadaptation, 30 pour les soins de longue durée).