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2009 ou l'impossible année d'optimisme

Même si le Cantal a moins souffert de la crise, son premier poumon économique, l'agriculture, est passé de l'espoir à un grand désarroi.

Malgré la crise, le tourisme cantalien a su tirer son épingle du jeu, à l'image du site du Puy Mary.
Malgré la crise, le tourisme cantalien a su tirer son épingle du jeu, à l'image du site du Puy Mary.
© DR

2009, une année à vite oublier pour un grand nombre de Cantaliens tant le mot crise aura été une constante de ces douze mois, tous secteurs d'activités confondus. Le département n'a pas été étanche aux conséquences de la crise des marchés financiers, révélée dès septembre de l'année précédente. Mais une fois n'est pas coutume, le talon d'Achille de l'économie cantalienne a cette fois fonctionné comme une sorte d'anticorps naturel ou du moins comme un retardateur : la faible industrialisation de l'économie locale de même que le taux d'export limité des entreprises cantaliennes ont ainsi permis au département d'être relativement épargné. Certes, le début d'année aura été marqué par le dossier GMV Ameublement et la perte de 97 emplois pour le bassin aurillacois, par les difficultés d'Abeil, par la restructuration des ateliers Sicolait, par un chômage partiel qui a lui aussi fait son apparition, tandis que les offres d'emploi se sont réduites au premier trimestre, mais le Cantal aura à l'évidence bien moins souffert que nombre de départements français qui ont eux cumulé les plans sociaux. Autre facteur protecteur de l'économie locale : de solides capitaux propres et une faible propension des chefs d'entreprise à mettre la charrue avant les bœufs. Une autre constante auvergnate aux effets bénéfiques.

Montagnes russes
Quant au secteur agricole, il est passé de l'euphorie en début d'année à la détresse la plus noire. Une variation à l'image d'ailleurs de la volatilité devenue la règle sur les marchés agricoles. Les mois de janvier et février ont ainsi vu se succéder coup sur coup deux avancées qualifiées d'historiques pour l'agriculture du Massif central. En premier lieu un accord actant, pour la première fois de l'histoire des appellations d'origine protégées fromagères auvergnates, le principe d'une plus-value pour le lait transformé en AOP. Seconde pierre blanche dans le jardin de la ferme Cantal : la réorientation massive des soutiens de la Politique agricole commune en direction de l'élevage herbager et des productions fragiles (ovins, lait en montagne notamment). Les pouvoirs publics ont ainsi chiffré à 18 millions d'euros supplémentaires le montant des aides qui devraient venir conforter les revenus des éleveurs cantaliens en 2010. Des revenus à leur plus bas niveau (moins de 7 000 e/an évalués par l'Institut de l'élevage pour les éleveurs de bovins allaitants). Mais avril a vite fait déchanter les plus optimistes : avec un prix du lait ne dépassant pas les 280 e / 1 000 litres, “imposé” par les transformateurs. Un acte vécu comme une “provocation” par les producteurs qui vaudra un siège de plus d'une semaine de l'usine du groupe Lactalis à Riom-es-Montagnes et une colère laitière qui s'est aussi traduite en France par le recours à la grève du lait. Le marasme n'a pas été que laitier, les éleveurs de races à viande, de porcs et lapins vivant eux leur troisième année consécutive de crise. Alors, face à une Commission européenne peut encline à se départir de sa logique libérale et à un nouveau ministre français, Bruno Le Maire, avec lequel le dialogue s'est vite rompu, les éleveurs du Massif central ont choisi de faire un coup de force en “sortant” leur ministre de tutelle du Sommet de l'élevage. Et malgré le plan de soutien décrété par le chef de l'État, la confiance semble bel et bien rompue, la profession portant désormais nombre d'espoirs sur le nouveau tandem de commissaires européens Ciolos-Barnier. L'année aura aussi été celle des préoccupations et grandes peurs sanitaires : animales d'abord avec la vaccination, contestée, contre la fièvre catarrhale ovine (FCO). Humaine ensuite avec l'émergence d'une grippe d'abord mexicaine, puis porcine, et enfin plus diplomatiquement rebaptisée A H1N1. Seul lot de consolation peut-être : le portefeuille rétréci des Français a donné un coup de fouet salutaire au tourisme auvergnat. La confirmation que dans toute crise, sommeillent des opportunités.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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