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Sodiaal Union
2007 : année atypique mais année stratégique pour la coopérative

Malgré une baisse de la collecte et du nombre de producteurs, la coopérative laitière poursuit son développement en se rapprochant toujours plus des demandes des marchés.

A l'automne 2007, sept coopératives laitières se regroupaient pour donner naissance au groupe Sodiaal Union. Devenue aujourd'hui première coopérative laitière française, elle dresse actuellement son bilan à travers celui de ses régions et de ses sections.

Le poids des sous réalisations

La semaine dernière, au lycée agricole du Breuil-sur-Couze, avait lieu l'assemblée générale de la section Auvergne Limousin, présidée par Gérard Chantel. L'occasion pour les producteurs de revenir sur une année atypique, marquée par cette réorganisation mais également par un environnement instable. Les conséquences ? Elles ont porté d'abord sur le niveau de la production laitière 2007 en repli de 4,3 % dans la grande région et de 4,4 % en Auvergne Limousin. «Globalement, le sud de la France est en baisse plus forte que les au-tres régions » commente Yves Soulhol. Le directeur de la région Auvergne Sud-Ouest pointe du doigt le niveau des sous réalisations qui atteint 40 millions de litres au sein de la région, soit
7 % de la référence laitière. « Seulement un tiers des producteurs a fait son quota »constate-t-il. Et en Auvergne Limousin, le résultat n'est guère plus encourageant avec une sous-réalisation de 9 millions de litres, soit 5 % de la référence, « 38% des producteurs ont rempli leur quota et 62% sont en sous réalisation. Seul le département de la Haute-Loire a atteint ses objectifs » précise Yves Soulhol. Une situation que souhaite voir améliorée le président afin «que l'on sorte de cet engrenage de sous réalisations chroniques». Les mauvaises conditions climatiques d'avril à août 2007 et les retraits de la production dans la zone Sud-Ouest de la région ont fortement contribué à amplifier ce phénomène. Par ailleurs, le redémarrage tardif de la collecte en novembre et décembre n'a pas suffi à inverser la tendance. Le nombre de producteurs a alors diminué de 7 % dans la grande région, la plus forte baisse comparée aux autres régions. Parallèlement, et malgré ses efforts, elle connaît encore quelques difficultés dans la linéarité de sa production. « L'amélioration est régulière mais il reste encore des variations saisonnières qui déstabilisent les politiques de l'entreprise et celles des adhérents » indique Yves Soulhol.
Côté prix, le directeur a rappelé que la coopérative « respectait les recommandations régionales demandées par la fédération des producteurs de lait. En un an, nous avons rattrapé la baisse pour essayer de retrouver des niveaux comparables à 2004 » ; et d'annoncer le prix du lait à juin 2008 à 331,80 euros /1000 litres contre 268? /1000 litres en juin 2007.

Développer le lait bio

Dans ce contexte de volatilité des prix et des marchés, la coopérative entend poursuivre sa stratégie de développement et d'optimisation de ses métiers. Parmi ses projets, trois concernent particulièrement les producteurs d'Auvergne et du Limousin : la mise en place de 5 millions de li-tres de lait enrichi en Oméga 3, le recrutement de 50 à 60 producteurs pour la mise en place de groupes Ecolait dans la région en lien avec le BTPL (1) et le développement du lait biologique. Sur ce dernier point, l'objectif de Sodiaal Union est d'atteindre un volume minimum de 3 à 4 mil-lions de litres de lait bio par secteur ciblé. Pour motiver les troupes, la coopérative propose un engagement contractuel de 7ans, un accompagnement technique et une aide financière à la reconversion de 30 euros/1000 litres pendant 2 ans. Elle offre également une prime au lait certifié de 80?/1000 litres avec engagement minimum de 45 euros/1000 litres. «Le développement du lait bio est essentiel car la demande progresse et nous devons être en mesure de proposer ce produit certifié dans l'ensemble de notre gamme de produits laitiers » argumente Yves Soulhol.

(1) BTPL : le Bureau technique de promotion laitière est un outil au service des coopératives laitières. Son objectif est d'apporter la compétence de son réseau national auprès des coopératives.

Interview : François Iches, président de la région Auvergne Sud-Ouest. Producteur de lait dans le Tarn et Garonne, membre du bureau et administrateur de la coopérative Sodiaal Union.

"La filière ne doit pas être la variable d'ajustement de la grande distribution"

Quel bilan faites-vous de l'année 2007 ?
2007 a été une année particulière marquée par la conjonction de plusieurs phénomènes : la hausse du prix du lait, la flambée des coûts des produits industriels et la naissance de la coopérative Sodiaal Union. Mais dans ce contexte chaotique, la coopérative a su tirer son épingle du jeu et retrouvé un résultat à l'équilibre. Elle a poursuivi la restructuration de sa branche lait de consommation, conforté ses lignes fromage et diététique infantile à travers la signature de nouveaux partenariats, l'un avec Bongrain- donnant naissance à la Compagnie des Fromages et Riches monts- et l'autre avec Sodiaal Industrie, créant Nutribio. La coopérative a par ailleurs engagé divers investissements de façon à optimiser les performances du Groupe.

Pensez-vous que le prix du lait va continuer à augmenter cette année ?
Je suis convaincu qu'en 2008 il va poursuivre sa progression et augmenter au moins deux fois par rapport à 2007. La demande laitière est toujours aussi forte. La seule entrave à cet élan serait l'attitude de la grande distribution qui, sous prétexte de vouloir défendre le pouvoir d'achat, ferait une nouvelle fois pression sur le prix. Il est hors de question que la filière laitière soit la variable d'ajustement de la grande distribution ! Souvenons-nous que lorsque le prix du lait était au plus bas, les prix à la consommation n'ont jamais baissé !

La collecte laitière sur la région Auvergne Sud-Ouest est en repli de 4,3 % sur 2007. Est-ce un mauvais signe pour l'avenir de la production régionale ?
Il est vrai que les mauvaises conditions climatiques, des arrêts de production dans le Sud-Ouest et les conséquences de la réforme de PAC ont fortement pesé sur la collecte. La part de sous-réalisation pénalise également la production laitière régionale qui, sur ce point, est un peu la risée de l'Europe. Ceci étant, nous avons tous les atouts dans notre grande région pour produire plus de lait. La zone de montagne doit stopper l'hémorragie et stabiliser sa production. De toute manière, elle n'a pas d'autre possibilité... A la sortie de quotas, la coopérative s'engagera à sécuriser la production de montagne en garantissant l'écoulement des volumes. En zone de piedmont, la production se maintient et elle va certainement progresser. En revanche, dans la zone Sud-Ouest, les choix sont différents. On constate donc une perte de vitesse de la production laitière et un déplacement des quantités vers les zones qui peuvent produire.
Le potentiel laitier existe donc en Auvergne Limousin, c'est un bon signe pour l'avenir !

Le développement du lait bio dans la région fait partie de vos prochains défis?
C'est effectivement un de nos projets. Nous voulons développer cette production sur la zone actuelle afin, d'une part, de régler le problème de la collecte et, d'autre part, d'élargir notre gamme de produits. Même si le lait bio reste un produit à la marge, nous avons besoin de nous organiser pour répondre à la demande du marché.

 

En chiffres...


La coopérative Sodiaal Union est divisée en cinq régions elles-mêmes divisées en sections. La région Auvergne Sud-Ouest compte trois sections : Auvergne - Limousin ; Lozère - Aveyron - Tarn ; Sud - Ouest.
494 millions de litres de lait collectés
2 650 producteurs
186 531 de litrage moyen annuel
18 sites de livraison
64 chauffeurs
53 véhicules.

 

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