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Travail du sol en ACS : quel est l’intérêt de l’outil Orbis de Roll’n’Sem ?

L’apparence de l’outil à disques de Roll’n’Sem déstabilise les habitués de travail du sol et de destruction de couverts. Et si l’Orbis tenait la promesse de cumuler les fonctions d’outils spécifiques que sont les rouleaux Faca, bineuses, herses à paille ou autres déchaumeurs superficiels à disques ondulés ? Dressons les points clés qui font la satisfaction des utilisateurs de l’Orbis et notons les limites d’emploi afin de voir s’il est possible de s’en accommoder.

Lorsque l’on découvre l’outil Orbis de Roll’n’Sem pour la première fois, on croit (à tort) apercevoir un déchaumeur à disques indépendants très denses. Le faible espacement entre les paliers confirme le scepticisme pour la réussite d’un déchaumage ou faux semis. C’est en effet l’idée d’un blocage entre les plateaux qui s’ajoute à un supposé manque de pénétration dû à l’épaisseur des pièces travaillantes. Son évolution dans une végétation à détruire, nous interroge aussi sur la passivité de cet outil non animé. Comment un roulage de disques espacés, lisses et plats peut-il garantir une destruction efficace d’un couvert ou de la flore adventice qui l’accompagne ? La conception de l’Orbis par bras indépendants permet principalement de cumuler angle d’attaque (par rapport au sens d’avancement) et un léger angle d’entrure (par rapport à la verticale). À l’instar d’un déchaumeur à disques indépendants, chaque bras est suspendu par élastomère, offrant un suivi du sol sur irrégularités positives et non en dépression. Ce phénomène est surtout limitant lorsque l’on travaille sur sol nu et meuble, puisque les éléments positionnés dans le passage de roues du tracteur n’arrivent pas à s’adapter à ces dépressions transversales.

Pas d’outil animé donc moins énergivore

L’Orbis est proposé sans rouleau et la répartition du poids sur les deux rangées de disques est donc dépendante de la précision de réglage du talonnage par le troisième point. Sans coutre de guidage, il est donc possible de subir des mouvements latéraux de l’outil, surtout préjudiciables lorsqu’il est utilisé en binage d’interrangs. D’abord issu de travaux en viticulture, l’outil de Roll’n’Sem vise une destruction de couvert végétal efficace sans outil animé ni énergivore. Habitués des espèces herbacées à tiges creuses, les viticulteurs doivent souvent détruire leur interculture avant les stades où les graminées sont les plus sensibles (post-épiaison). Aussi, il faut viser une agressivité suffisante pour que le paillage ramené au sol ne redémarre pas jusqu’à la véraison. Dans ce cas, un simple roulage de l’Orbis et de ses seuls plateaux plats, pourtant larges, ne suffirait pas. Grâce aux angles des paliers et au poids important de l’outil (400 à 500 kg/m), un effet de ripage lacère la végétation en combinant pincement et frottement. L’agressivité est telle que Roll’n’Sem préconise une vitesse minimale de seulement 6 kilomètres à l’heure pour garantir la destruction. Contrairement à d’autres outils qui coupent, la végétation n’est pas tranchée ou simplement pincée. En se permettant une métaphore arbustive, l’Orbis est à l’épareuse ce que le rouleau Faca est au lamier : un moyen d’accélérer la dégradation des plantes. Même si l’efficacité de destruction dépend surtout du couple espèce-stade, notons que l’outil muni de disques plutôt petits (diamètre 300 mm), tolère surtout les couverts enracinés et donc peu mobiles à la surface du sol. C’est la plus grande résistance au roulement généré par ces obstacles organiques qui provoquerait des bourrages des rangées de disques. En évoluant sur un couvert enraciné, le volume et tonnage de matière produit, n’est alors pas limitant.

Détruire son dessus de lit avec le poids des plateaux

Le poids et la force de ripage des plateaux rendent l’Orbis performant pour du déchaumage ultra-superficiel. À l’instar d’une herse à paille, le premier objectif est davantage axé sur la dynamique de faux-semis ou de destruction au stade cotylédons. En bouleversant seulement 1 à 2 centimètres de terre superficielle, l’outil offre un débit de chantier et une sobriété intéressants. Une vigilance est à porter aux sols meubles ou particulaires qui provoqueraient une accumulation de terre jusqu’au bourrage des disques. Puisqu’il ne s’agit pas d’un scalpeur, la gestion par déracinement des plantes adventices développées n’est pas optimal, d’autant plus lorsqu’il s’agit de vivaces. L’agressivité superficielle rend l’Orbis comme une alternative sérieuse aux outils de reprise de travail du sol. Une fois la force d’appui contrôlée pour limiter les bourrages, seule l’humidité résiduelle stoppera l’évolution de l’outil sur un sol nu. En raison d’un faible écartement entre plateaux, la crainte de blocage de cailloux entre les disques semble alors être moins problématique que l’accumulation de terre à consistance plastique.

Un outil très polyvalent, agressif et efficace

L’outil de Roll’n’Sem est plutôt difficile à identifier en raison de sa surprenante polyvalence. Plus agressif sur couvert qu’un déchaumeur à disques ondulés, il semble également plus efficace qu’un rouleau destructeur de couvert en raison de la zone de contact au sol et du poids important au mètre linéaire.

Le montage des étançons de l’Orbis par brochage facilite sa transformation pour réaliser du binage avec un outil de grande largeur. C’est cette configuration que Benoît Guilbert, installé dans le Pas-de-Calais, utilise sur l’ensemble de ses cultures semées en monograine en interrangs de 45 centimètres (betterave, maïs et colza). L’outil de 5,40 mètres chevauche donc deux passages de strip-till de six rangs. L’agriculteur prévoit d’investir dans une interface de guidage satellitaire puisque les solutions optiques ne peuvent distinguer la culture et l’interrang végétalisé. L’outil de Roll’n’Sem est valorisé dans de nombreuses configurations y compris en rendant possible le binage d’un interrang strip-tillé.

À ce sujet, Benoît Guilbert innove sur ses implantations de betteraves sucrières en produisant l’an dernier 81 tonnes par hectare sans labour, sans déchaumage et sans glyphosate. Selon l’agriculteur, l’efficacité du couvert et de son effet de paillage dépendent principalement des choix de dates de semis et d’espèces implantées. Il faut, selon lui, que les graminées du couvert dépassent le stade épiaison lors de sa destruction. Un second passage de l’Orbis dix jours après le semis sécurise principalement la destruction des repousses à l’intérieur du paillage.

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