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Le renard roux, consommateur hors pair de campagnols

Le renard est un sujet de discordes. Quand les uns voient en lui un pilleur de volailles et un animal porteur de maladies, les autres y voient une espèce clé des écosystèmes. Un peu de vérité scientifique s’impose.

<em class="placeholder">Renard</em>
Renard chassant le campagnol terrestre ou rat taupier (on voit ses "taupinières" sous la neige), campagnol particulièrement problématique en prairies et cultures fourragères.
© Philippe Grand

Le renard roux (Vulpes vulpes) est l’espèce opportuniste par excellence. Son régime alimentaire, au cours d’une année, est en effet varié. Il peut tout aussi bien consommer des proies animales que du végétal (des fruits par exemple) mais aussi se montrer charognard, en se nourrissant de cadavres d’animaux. Voici d’ailleurs l’un de ses atouts, en contribuant à la disparition rapide des restes d’animaux, évitant ainsi la propagation de pathogènes.

3 000 rongeurs consommés annuellement par un renard

Cependant, la part la plus importante de son régime alimentaire est représentée par les rongeurs et notamment, en milieu agricole, par les campagnols. Petit rappel en la matière : deux espèces de campagnols posent problème en agriculture : le campagnol des champs (Microtus arvalis) et le campagnol terrestre ou rat taupier (Arvicola amphibius). Les rongeurs ont une reproduction presque sans limites et, en plus, ils présentent des variations cycliques avec, certaines années, de très hauts niveaux de populations. Pour maintenir un nécessaire équilibre, ils sont la proie d’un grand nombre de prédateurs dont le renard. Un renard adulte consomme ainsi en moyenne sur une année, 3000 de ces rongeurs. Dès lors qu’il y a une famille à nourrir, il faut multiplier ce chiffre ! Et s’il y a une proportion importante de campagnols sur un territoire, les renards vont se focaliser dessus. Voici donc un atout majeur du prédateur en milieu agricole.

On ne saurait rappeler qu’en agriculture de conservation des sols, surtout en conditions de semis direct, des parcelles deviennent des nids à campagnols ! En effet, dès lors qu’il y a très peu de perturbations de sol et de la nourriture quasi à volonté, les conditions sont idéales pour une multiplication des campagnols. On les voit ainsi se multiplier dans les CDI (couverts à durée indéterminée) ou dans les colzas par exemple.

Pas de surpopulation de renards

Il est parfois dit que le renard est en surpopulation. Ce n’est pas possible. Si vous pensez qu’il y a beaucoup de renards sur un territoire, c’est qu’il y a assez de nourriture (et donc certainement de campagnols). En règle générale, la structure sociale de base est le couple dominant, auquel il faut ajouter des adultes de rang social inférieur, souvent issus du couple. On ajoute à cela les renardeaux de l’année. Le nombre varie selon les ressources du milieu. Dès lors qu’un individu est éliminé, il est aussi vite remplacé. Ainsi, d’une manière générale, les prédateurs vivent aux dépens du nombre de proies et leur nombre, leur reproduction fluctuent en fonction. Les prédateurs sont ainsi le gage d’un équilibre des populations dans les écosystèmes.

La balance penche vers les services écosystémiques

Qu’en est-il des maladies que le renard soi-disant véhicule ? La rage, rappelons-le, a été éradiquée en France en 2001, grâce à une campagne de vaccination. Depuis plusieurs années, on parle de l’échinococcose alvéolaire. Une vingtaine de cas humains est recensée par an en France, cela reste donc une maladie rare. L’agent responsable est le plathelminthe Echinococcus multilocularis dont les larves sont hébergées par les rongeurs. Si ces derniers sont consommés par un renard, un chien ou un chat, le parasite termine son cycle dans son nouvel hôte. Les œufs sont excrétés avec les fèces du prédateur et c’est potentiellement là que l’humain peut être contaminé. Laver la nourriture ramassée (baies) est un minimum !

Terminons par la prédation du renard sur les volailles d’élevage. Oui, cela arrive, surtout lorsqu’il y a une portée de renardeaux à nourrir. Il est de la responsabilité du propriétaire de protéger plus efficacement ses animaux.

Si on compare l’ensemble des services écosystémiques que le renard apporte avec les inconvénients inhérents à sa présence, l’aiguille de la balance penche indubitablement vers les services écosystémiques, gages d’un meilleur équilibre dans les agroécosystèmes.

ASTUCE

Il est possible d’aider le renard à « muloter ». Une végétation dense ne l’aide pas à pénétrer dans les parcelles. Pour celles ayant une forte pression de campagnols, aidez le prédateur en fauchant plus court, que ce soit pour détruire votre couvert ou récolter votre culture.

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