La chouette effraie, sa présence est de bon augure
La chouette effraie porte sur elle de longs siècles de persécutions. La dame blanche est pourtant un formidable allié de l’agriculture par la forte prédation qu’elle soumet sur les rongeurs.
Pendant longtemps, l’apparition de Tyto alba, nom scientifique de la chouette effraie, était source de peurs et de croyances des plus sombres. Il faut dire que l’oiseau est un rapace nocturne (la nuit est toujours propice à un imaginaire plus effrayant). Sa livrée blanche, fantomatique, n’arrange pas sa situation. Si on ajoute ses cris alors oui, il y a de quoi réveiller chez le bipède que nous sommes des peurs bien enfouies.
Une alliée très précieuse de l’agriculture
Et pourtant ! La chouette effraie n’a d’effrayant que son nom. Elle est une alliée très précieuse de l’agriculture. Son service écosystémique : la consommation de rongeurs, ses principales proies. Parmi les rongeurs qu’elle affectionne, le campagnol des champs est pour moitié à son menu. Ainsi, un couple de chouettes effraies, dans l’année, peut prélever entre 5 000 et 10 000 rongeurs, l’élevage d’une voire de deux nichées étant compté dans ce calcul. Pour cela, certaines conditions doivent être réunies : en premier lieu, un environnement riche en rongeurs, ce qui peut être particulièrement le cas dans certaines parcelles en agriculture de conversation des sols, mais également un habitat approprié, où elle peut chasser à son aise.
Excepté en période de reproduction, l’oiseau est solitaire et son territoire, en fonction de l’abondance en proies, varie de moins de 100 à plusieurs centaines d’hectares. Le rapace chasse de deux manières : en vol à moins de cinq mètres du sol ou en poste fixe, sur un perchoir d’une hauteur d’un à trois mètres. Elle a ainsi besoin d’un milieu ouvert avec de quoi se percher, arbres, poteaux de clôture ou perchoirs artificiels. Enfin, pour élever sa progéniture, la chouette effraie affectionne les bâtiments, surtout anciens, avec une toiture de bonne hauteur et sans dérangement.
L’oiseau apprécie les nichoirs artificiels
Outre les croyances qui ont longtemps porté sur cet oiseau, le défaut d’endroits propices pour chasser ou nicher a grandement affecté les populations de chouette effraie. Ajoutons un autre facteur : volant à basse altitude, l’oiseau est régulièrement percuté par des véhicules. Pour profiter de son service de prédation sur les campagnols (et souris dans les corps de ferme), il est donc nécessaire de lui proposer à proximité des perchoirs et un espace où potentiellement nicher. La bonne nouvelle est que l’oiseau apprécie les nichoirs artificiels, sous la forme d’une boîte rectangulaire comportant deux loges. Sur Internet ou auprès d’une association de protection de la nature, il est très facile d’avoir les plans d’un tel nichoir. Celui-ci doit être fixé de préférence à l’intérieur d’un bâtiment peu dérangé, à bonne hauteur (au moins quatre mètres) et avec une ouverture sur l’extérieur également à bonne hauteur. Si de telles conditions ne sont pas réunies, l’oiseau peut se contenter d’un nichoir fixé à l’extérieur, sous l’auvent d’un hangar par exemple. Si vous avez la chance que le nichoir soit occupé, il faudra faire avec son lot de désagréments : les fientes de toute la nichée. La pose d’une bâche sous le nid et l’affaire est réglée ! Cela vaut bien la peine pour profiter des avantages offerts par ce rapace.
Le saviez-vous ?
La chouette effraie est aussi appelée effraie des clochers parce qu’elle apprécie la hauteur et la “quiétude” d’un clocher d’église. Boucher les ouvertures de ces bâtiments a largement contribué à réduire les populations de l’oiseau.