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Frédéric Barbo en Indre-et-Loire : Un pionnier de l’agriculture biologique de conservation dans la capitale du Silex

Avec quinze ans de recul en agriculture biologique de conservation, la ferme de Frédéric Barbot est une référence en la matière. Dans une région naturelle surnommée « la capitale européenne du silex », il a su s’adapter sans élevage et innover constamment sur des terres difficiles à faibles potentiels. Il maîtrise aujourd’hui de nombreux volets de l’ABC qui lui permettent de ne consommer que 60 litres par hectare de GNR, une performance en bio. Coprésident de l’association Les décompactés de l’ABC, il promeut et codéveloppe ces techniques au sein d’un réseau national.

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Le mulchage de surface est aujourd’hui en ABC une des pratiques les plus répandues et maîtrisées. Elle permet de sortir d’un couvert ou de résidus enherbés sans labour. Pour accélérer la digestion de cette matière, Frédéric Barbot applique de la litière forestière fermentée (ou Lifofer).
© F. Barbot

S’il est possible de faire de l’agriculture biologique de conservation (ABC) sur les terres de Frédéric Barbot, alors cette agriculture est envisageable dans de nombreux endroits en France. Le céréalier de 43 ans accueille en effet à Chaumussay à côté de Châtellerault, beaucoup de groupes curieux de voir des sols vivants dans des « tapis de cailloux ». Originaire du Richelais, la famille Barbot est venue s’installer en 1984 dans ces terres que peu de monde voulait. D’une profondeur de 15 à 20 cm en moyenne et recouvertes de silex, elles sont très séchantes, mais aussi très hydromorphes du fait d’une couche d’argile rouge située en dessous. Ce sont des argilo-calcaires ou des limons battants constitués en volume jusqu’à 70 % de cailloux et par endroits jusqu’à 50 % d’argile. Des terres à 60 quintaux de potentiel en blé conventionnel, 25-30 quintaux en bio.

La famille Barbot a donc dû réduire le travail du sol et s’est lancée dans l’agriculture de conservation des sols dès 1992 avec la vente de la charrue : « un jeu de pointes de socs tenait 20 hectares », se rappelle Frédéric Barbot. Suite à des conférences du couple Bourguignon et de Lucien Seguy, les couverts végétaux sont mis en place dans les années 2000 ainsi que le semis direct. Dès 2004 et l’installation de Frédéric, les techniques innovantes se développent : utilisation de substances alternatives (algues, coca), travail sur la mémoire de l’eau, dynamisation, dilutions homéopathiques des substances actives… qui permet de ne plus utiliser ni fongicides ni insecticides de synthèse dès 2005. Une formation en biodynamie en 2010 initie la conversion de la ferme à l’agriculture biologique.

Semis direct en bio : autant de réussites que d’échecs

Sans transition, le père et le fils continuent le travail du semis direct mais cette fois-ci sans herbicides de synthèse. Et l’expérimentation se fait à grande échelle. Ils sèment dès 2010 près de 100 hectares de céréales d’automne dans des couverts biomax. Ils sont composés de dix espèces avec un mélange de plantes d’été en C3, C4 et des couverts relais hivernaux, en mélange à 80 kg/ha. Ils sont détruits au rouleau faca autoconstruit. Du trèfle blanc est implanté dans ce mélange pour ensuite servir de couvert permanent et implanter des céréales dedans en direct. « C’est une technique qui semblait bien fonctionner sur le papier, mais dans nos terres séchantes, les couverts vivants assèchent trop le sol. Les rendements en blé étaient trop irréguliers, de 25 à 5 quintaux, soit une moyenne à 1 t/ha. De plus, les années humides de 2012-2014 ont amplifié le problème de salissement avec par endroits, une forte pression ray-grass et chardon. Le retrait du peu de chimie que nous utilisions en conventionnel se faisait cruellement sentir. Les petites adventices cachées sous le couvert explosaient au printemps et salissaient très vite les champs. Même si le sol n’est pas touché par un travail mécanique, il y a quand même des levées, notamment en ray-grass et vulpin », décrit l’agriculteur. Après une visite chez le comptable en 2014, Frédéric Barbot décide d’arrêter la généralisation du semis direct strict en bio, pour ne pas mourir avec ses idées.

Il repense alors totalement son système et commence déjà par la base : la rotation.

Refonte du système : de la rotation 2-2 à 1-1 ou 1-2

Il décide de réintégrer une vraie tête de rotation sur un quart de sa surface : une prairie de 2 ans à base de fétuque élevée et de luzerne en argilo-calcaire, et de trèfle violet-fétuque élevée en limon. La première coupe réalisée par un éleveur permet de gérer le ray-grass. Cette prairie permet de contrôler le chardon et de nettoyer les adventices qui possèdent des taux annuels de décroissance bas (TAD) : graminées annuelles, folle-avoine, mais aussi gaillet. La connaissance des cycles, des seuils de nuisibilité en pieds/m² et du TAD sont, selon l’agriculteur, essentiels pour appréhender le salissement global d’un système en ABC. « Dès que je vois certaines plantes comme le ray-grass, le vulpin, la matricaire, l’helminthie, il y aura forcément un travail du sol pour les détruire. Mais si c’est du mouron, de la véronique, de la mercuriale, du chénopode, des graminées d’été qui font leur cycle bien avant la céréale d’automne, il est alors possible de semer en direct au disque. Souvent ce ne sont que des zones. Je peux tolérer un léger peuplement car viser 100 % de propreté en bio conduit à surtravailler le sol », explique Frédéric Barbot.

Cette prairie dure trois ans et est suivie de six ans de cultures annuelles. « Nous avions une rotation en 2-2 qui fonctionnait très bien en conventionnel ACS. Nous l’avons conservé au début en bio en l’adaptant avec deux céréales d’hiver implantées en direct dans des trèfles blancs, puis deux cultures de printemps entrecoupées de couverts relais. Mais sans herbicides, cet enchaînement conduisait à une pression trop forte en ray-grass et vulpin », détaille le céréalier. Il passe alors en rotation 1-1 ou 1-2 pour contrôler la pression de graminées : une culture d’automne et une ou deux cultures de printemps.

Autre changement important, celui de la mise en place des couverts végétaux. Fini les biomax de 1 mètre 50 de haut semés l’été derrière la moissonneuse. Pratique trop aléatoire avec les sécheresses estivales.

Place aux couverts de légumineuses

Il sème désormais principalement du trèfle violet au printemps (mars-avril) dans la céréale d’automne. Il réalise cette opération grâce à un semoir installé sur sa herse étrille, seule opération de désherbage mécanique systématique. « Cela permet d’alléger l’emploi du temps en été et d’éviter un travail du sol à une période qui est la plus néfaste. De plus, faire du trèfle seul est plus digeste pour mes terres avec une faible CEC [capacité d’échange cationique]. En effet, avec des couverts biomax à forte biomasse, mon sol n’avait pas la capacité de digérer toute cette matière et la culture derrière peinait beaucoup sans engrais de synthèse », note Frédéric Barbot.

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Frédéric Barbot, 360 hectares en Indre-et-Loire. « L’ABC est une histoire de compromis. Je travaille encore un peu le sol mais avec le moins d’impact possible. La hausse des taux de matière organique s’est accélérée après le passage en bio et l’intégration des pratiques régénératives. » © M. Barbier

L’agriculteur a essayé de nombreux couverts dans les céréales au printemps : fétuque, navette, de nombreux trèfles, moutarde, ray-grass, navette, radis, lentille… qui se sont tous traduits par des échecs. Le trèfle violet s’avère être le plus régulier. « Nous avons remarqué avec d’autres collègues en ABC que les meilleurs couverts dans nos systèmes sont ceux composés de légumineuses exclusivement ou à grosse basse de légumineuse », précise le céréalier.

Dans le cas où le trèfle violet n’a pas pu être mis en place, il peut semer un couvert après moisson. Là aussi, fini le semis direct, l’agriculteur réalise forcément un travail de scalpage. « En bio, même si les champs paraissent propres à la moisson, il y a la plupart du temps des petites adventices déjà en place. En cas de semis direct dans les chaumes, dès les premières pluies, elles vont gagner sur le couvert. C’est pourquoi je scalpe et je sème sous le mulch à 5 centimètres après une pluie. Je n’utilise surtout pas de rouleau derrière pour éviter d’accentuer l’évaporation du sol et la levée d’adventices », détaille l’expert en ABC.

Réintroduction d’un travail superficiel de 4-5 cm

Que ce soit pour l’implantation d’un couvert ou d’une culture, il a réintroduit un travail superficiel dans ses itinéraires, qui ne dépasse jamais 5 cm de profondeur. Les semis directs stricts sont toujours possibles, avec un semoir à disque, en fonction des plantes en présence. Dans ce cas, il se laisse la possibilité de biner pour provoquer une minéralisation de sol qui n’aurait pas été faite à l’automne. Cependant, cette option est rarement utilisée (1 seul binage sur les 3 dernières années). La plupart du temps, il sème en direct dans les chaumes de la culture de printemps avec un travail du sol de scalpage. Celui-ci est réalisé en même temps que le semis grâce à un combiné rotative adapté. L’agriculteur a en effet autoconstruit et adapté de nombreux outils sur sa ferme pour ses itinéraires ABC. Il n’y a jamais donc plus de deux passages de travail du sol avant un semis de culture. Comme le désherbage mécanique n’est pas systématique, cela se traduit par une faible consommation de 60 litres de GNR à l’hectare.

Au printemps, il détruit ses couverts hivernaux avec une fraise Horsch Sem Exact modifiée et a réintroduit un deuxième travail du sol superficiel. Il le réalise avec un Horsch Terrano sur 5 cm. Le but est de détruire les adventices qui n’ont pas été éliminées à cause des pierres. Celles-ci empêchent par moments de maintenir la profondeur de 4-5 cm lors du passage de la fraise. Ce passage permet aussi de minéraliser et de booster le démarrage de la culture. « Un des plus gros problèmes en bio n’est pas tant l’absence d’herbicide mais surtout l’abandon des engrais de synthèse. Ils sont indispensables en non-travail du sol au printemps pour le démarrage de la culture », indique Frédéric Barbot.

Intégration d’un temps de digestion des couverts

Ce second travail du sol au printemps est désormais réalisé après une période significative de digestion du sol. « Avant je semais le lendemain ou quelques jours après le passage de la fraise. Les cultures levaient très bien car l’humidité est conservée du fait de la coupure de capillarité sous la surface travaillée. Mais quand la plante traversait la zone mulchée, elle se mettait à végéter et c’était préjudiciable jusqu’au bout. J’ai appris grâce aux travaux d’Yves Hérody qu’il faut plusieurs semaines pour que le sol digère toute cette matière et redevienne propice au bon développement de la culture. D’ailleurs, quinze jours après le scalpage, rien ne pousse. Dans mes sols, il faut trois semaines minimum », précise l’exploitant. Pour accélérer la digestion de cette matière, il injecte des ferments en même temps que le travail du sol (voir l’encadré) ; pratique inspirée de la méthode Wenz (voir TCS n °101, janvier-février 2019).

Il utilise la même méthode pour détruire ses prairies, opération qu’il réalise toujours au printemps par efficacité et pour éviter les pertes d’azote hivernales. « Le meilleur stade de destruction des trèfles, luzernes, graminées, se situe après début floraison de la plante. À ce moment, en général, un seul passage de fraise suffit, sauf pour la luzerne où un passage de Terrano supplémentaire peut être nécessaire. À un stade plus tardif, la plante devient en effet trop ligneuse et elle peut s’enrouler autour de la fraise et sortir par paquet », détaille le céréalier.

Association systématique des cultures

Autre adaptation pour améliorer la gestion du salissement et la fertilité du système, les cultures sont toutes conduites associées : les céréales d’automne, en variétés anciennes, avec pois et féveroles d’hiver. Pour optimiser leur implantation, il a réalisé des semis précoces en juin-juillet sous couvert de millet-sarrasin, avec des résultats hétérogènes. Une année exceptionnelle avec un déplafonnement des rendements, à 3,5 t/ha, une année normale à 2,5 t/ha, et trois années où la céréale a disparu. « Quand ça fonctionnait, il y avait en densité 50 % de pieds en moins par rapport à un semis normal. Les pieds avaient 70 talles en entrée d’hiver mais plus que 25 en sortie. Chaque talle donnait un épi. Grâce à cette implantation plus précoce, la céréale profite de la minéralisation en automne et redémarre très vite au printemps. Mais il y a des années où une plus grande quantité de pieds disparaissaient et c’est dur d’expliquer pourquoi. Les meilleurs résultats étaient avec le seigle à 100 kg/ha, peut-être faudrait-il augmenter les densités pour compenser les pertes ? », explique l’agriculteur-chercheur.

En cultures de printemps, tout est aussi associé : soja-millet, millet-sarrasin, sarrasin-cameline. Il n’y a que le tournesol qui est conduit seul malgré de nombreux essais d’association. « Nous avons testé les trèfles d’Alexandrie, incarnat, souterrain, perse, le fenugrec, le pois, l’orge, les lentilles… mais ils se sont avérés trop compétitifs. Le millet par contre s’associe bien sans trop de perte de rendement mais j’en ai trop dans ma rotation. Le sarrasin fonctionne aussi bien, mais dans ce mélange, les deux graines sont difficiles à séparer », développe l’agriculteur.

Enfin, deux cultures non adaptées à l’ABC ont été retirées de l’assolement : l’orge, qui laisse trop d’orgette et contamine les lots de céréales suivantes ; le colza, du fait des semences qui peuvent regermer pendant quatre à cinq années. Sans labour, ces graines sont dures à gérer.

Plus de 3 tonnes à l’hectare de CO2 stocké par an

Un ensemble de changement donc, qui ont permis au céréalier d’améliorer l’efficacité de son système. Elle se traduit par une hausse logique du taux de matière organique : 1 à 1,5 % par décennie. « Une augmentation accélérée depuis le passage en bio et l’usage de pratiques régénératives », rajoute Frédéric Barbot. Un travail qu’il a valorisé en rentrant dans le programme Soil Capital depuis 2020 et qui lui rapporte en moyenne 100 euros l’hectare. Selon l’outil de calcul du logiciel, il a stocké ainsi 3,09 t/CO2/ha en 2023, sans apport de compost.

Un savoir-faire acquis au fil des expériences de terrain mais aussi des rencontres avec d’autres pionniers de l’ABC. Une partie d’entre eux s’est organisée au sein du collectif Les décompactés de l’ABC (1). Frédéric Barbot en est aujourd’hui le coprésident. « Il nous manque des connaissances pour réussir à faire du semis direct en bio. C’est un des objectifs de l’association, mettre en réseau des experts et l’intelligence collective pour trouver des solutions. On ne peut pas faire de l’ABC comme on fait de l’AC, sans herbicides. Je travaille encore un peu le sol mais je fais en sorte qu’il ait le moins d’impact possible. L’ABC est une histoire de compromis », conclut l’agriculteur. Rendez-vous aux journées nationales de l’ABC les 21 et 22 janvier 2025 à Calais pour rencontrer ces pionniers et faire avancer l’ABC.

Un ensemble de pratiques régénératives

L’agriculteur utilise des produits naturels pour fortifier ses cultures ou dynamiser la vie de ses sols depuis plus de vingt ans.

Isothérapie de plantes indésirables : des préparations à partir d’adventices utilisées surtout contre le chardon, avec un effet étonnant mais irrégulier : après application, la plante semble mourante. Le principe est la transmission d’un message de destruction.

Homéopathie : le principe est la transmission d’un message aux plantes. Frédéric Barbot l’applique sur les semences pour booster leur démarrage. Il utilise une machine radionique qui traduit les messages par ondes radio. Il a des résultats étonnants en protection des semences de tournesol. Il fait cailler du lait avec un effet protecteur contre les oiseaux. Il combine ensuite le lait avec l’information « silicea terra 18 ch » qui stimule la levée de la plante.

Ferments : ils enrichissent le sol en microorganismes utiles pour son fonctionnement. Ils ont un effet acide-réduit et contrebalancent l’effet oxydant du travail du sol. Au début, l’agriculteur se servait d’une base de ferments EM (microorganismes efficaces) Fisher. Aujourd’hui il préfère l’utilisation du Lifofer, litière forestière fermentée, plus riche en champignons. Il achète un échantillon qu’il duplique lui-même dans deux cuves de 15 000 litres. Il les utilise au printemps lors de la dégradation des couverts à 100 l/ha : l’agriculteur observe un effet sur la structure du sol, une meilleure dégradation des couverts végétaux et une plus faible pression des adventices.

Extraits fermentés de plantes : il utilise des extraits d’ortie et de consoude comme stimulateurs de plantes au printemps. La consoude et la luzerne sont utilisées comme activateurs de sol. Dans ce cas, elles sont appliquées à l’automne sur un sol dont la température est supérieure à 12 °C. Ces extraits ont une action anti-oxydante.

Trois adaptations spécifiques

L’agriculteur a autoconstruit ou adapté des outils spécialement pour l’ABC. Un parc matériel impressionnant.

Fraise Horsch Sem Exact : d’une largeur de 4 m, l’agriculteur a enlevé la planche de semis, afin de réduire la consommation de fioul à 8 l/ha. Il a fabriqué une rampe de semis réglable sur le volet à la sortie du flux de terre. Afin d’éviter l’effet « crête d’iroquois » et d’avoir un scalpage total de la surface, il décale une seule des six lames fixées à l’intérieur de la flasque sur l’extérieur de celle-ci à l’aide d’une cale. Avec les silex, un jeu de lame ne tient que 50 ha environ. Il l’utilise à 8 km/h à une vitesse minimum de rotor de 300 tr/min. Il a modifié les pignons pour atteindre cette vitesse à un régime moteur de 1 800 tr/min. Il travaille de 2 à 4 cm de profondeur. Il a adapté une rampe de pulvé à l’avant de la fraise ce qui lui permet d’envoyer le Lifofer en même temps.

Combiné herse rotative : l’agriculteur a récupéré une herse Tulip de 6 m de large sur laquelle il a fixé une tête de distribution. Il a fabriqué une rampe de semis avec des éléments sabot qui lui permettent de passer dans toutes les conditions à un interligne de 20 cm. Il a conservé le rouleau packer qu’il utilise toujours en flottant et qui sert à niveler le terrain. « Le travail de scalpage est permis grâce aux dents droites et rondes. Elles sont moins tirantes et déchaussent plus les adventices que les traditionnelles dents fuyantes. » Cette rotative dispose de 24 toupies contre 20 pour une standard : ceci permet d’avoir un pas de dent plus serré, et donc de scalper à 100 % les adventices. Il peut semer en direct avec cet outil sans travail du sol préalable. La consommation est de 8 l/ha.

Horsch Terrano de 5 m : l’agriculteur s’en sert pour scalper les mauvaises herbes, notamment lors du deuxième travail du sol au printemps. Il travaille à 4-5 cm de profondeur. Un outil qui grâce à son dégagement, ne bourre jamais, même à 12 km/h. Il a enlevé un élément de rouleau sur deux sur le rouleau de rappuie qui ne sert que de contrôle de profondeur. Le but est d’avoir un sol soufflé avec le moins de relevées derrière. Il a rajouté une rangée de peignes pour extirper les adventices. Les 500 kg de pression par dent sont un atout dans les terres caillouteuses car la pointe pénètre dans toutes les conditions. Il a réduit la longueur de celle-ci pour qu’elle ne dépasse que de 15 mm des ailerons au lieu de 50 mm à l’origine, ce qui permet de brasser beaucoup moins de terre et d’avoir un bon scalpage à 2-3 cm. Les ailerons ont été coupés et repliés pour que l’angle des pastilles de carbure soit à 45 ° par rapport au sol. Cet angle permet de limiter le lissage, de relever la végétation et de faire un tri densimétrique : la terre passe alors en dessous. Il a rajouté un coutre qui sert de versoir, fait tourner et casse les mottes. Il peut aussi faire de la fissuration en adaptant des dents spéciales. Il a adapté un système de buses à injection au bout de ces pointes pour envoyer des ferments dans la ligne de fissuration ou derrière les dents de scalpage.

L’agriculteur s’est aussi autofabriqué un semoir de semis direct à dent de 6 m, sur une base de Techmagri. Il a modifié un semoir de semis direct à disque Khun Fastliner de 6 m. Il a autoconstruit de nombreux autres matériels : bineuse, trémie frontale, semoir monograine de 6 m, rouleau faca, etc.

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