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Port de Bordeaux : croissance du trafic de céréales et d’oléagineux sur la campagne 2021/2022

Alors que le précédent exercice de commercialisation s’est terminé sur une note positive, la campagne 2022/2023 ne part pas sous de bons auspices, malgré des débuts prometteurs.

Installations InVivo à Bassens.
© Grand port maritime de Bordeaux

En 2021/2022, les exportations de céréales et d’oléagineux de Bordeaux Port Atlantique ont globalement progressé de 12,5 % par rapport à la campagne précédente, passant de 592 000 t à 666 000 t. Dans le détail, les chargements de céréales se sont élevés à 580 000 t (contre 500 000 t en 2020/2021), dont 465 000 t de maïs (405 000 t) et 90 000 t de blé (60 000 t), le solde concernant de l’orge et du sorgho. Quant aux oléagineux, les sorties 2021/2022 (86 000 t) ont atteint 65 000 t en colza (soit 75 % du total), 5 000 t en tournesol (6 %) et 16 000 t en soja (19 %), alors que, la campagne précédente (92 000 t), le colza et le tournesol représentaient chacun 50 % des tonnages expédiés. « Cette différence marquée de trafic oléagineux d’une campagne sur l’autre s’explique par les volumes de chaque graine oléagineuse triturés sur place », indique Thibault Guillon, chargé de développement Céréales du grand port maritime de Bordeaux. Ce dernier exporte également du tourteau et de l’huile, à raison de 170 000 t en 2021/2022 (respectivement 130 000 t et 40 000 t), contre 165 000 t la campagne précédente, à part égale entre les deux produits issus de la trituration localement de graines oléagineuses (colza, tournesol et soja).

Concernant les importations, seules les matières premières dédiées à cette trituration oléagineuse sont concernées. En 2021/2022, ce sont 140 000 t de graines, à 75 % du tournesol et 25 % du colza (contre respectivement 180 000 t la campagne précédente, dont 90 % de tournesol et 10 % de colza) qui ont été importées par le port de Bordeaux. Le colza provient de France et le tournesol d’Europe de l’Est.

L'Europe comme unique destination

En termes de destination, Bordeaux Port Atlantique exporte ses grains uniquement sur l’Europe. « Nous sommes un port de proximité, qui charge quasi exclusivement des bateaux entre 5 000 t et 10 000 t de cale, et de façon ponctuelle des navires de 10 000 t à 20 000 t. Ce n’est pas une problématique d’infrastructures, le port de Bordeaux pouvant accueillir des panamax, mais d’adaptation aux besoins européens en produits agricoles », souligne Thibault Guillon. A l’importation, les bateaux utilisés possèdent des cales entre 20 000 t et 40 000 t, car « le rythme et le cadencement des chargements sont différents, la logique de volume n’étant pas la même en graines oléagineuses », précise le dirigeant. Le maïs exporté part principalement sur le Royaume-Uni et les Pays-Bas, tandis que le seul Royaume-Uni est la destination privilégiée du blé et du tournesol. Si le sorgho y est également envoyé, l’orge rejoint l’Espagne. Quant au colza, c’est l’Europe du Nord qui en est le principal client.

« En 2021/2022, les faits marquants ont relevé de conditions météorologiques extrêmes et d’une situation géopolitique explosive (avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie), qui ont créé un contexte très insécurisé, entraînant une forte volatilité des prix sur des marchés agricoles indécis », insiste Thibault Guillon.

Quid du disponible exportable de maïs en 2022/2023 ?

Quant à la campagne 2022/2023, « elle s’annonce compliquée au vu de la dégradation des conditions de culture du maïs et de son potentiel de production. Les épis sont petits et les grains par épi sont peu nombreux. La récolte ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices », détaille le dirigeant. La question qui se pose est de savoir s’il y aura de la marchandise à exporter et quelle en sera la qualité ? « Le disponible exportable dépendra de la récolte mais également de la consommation intérieure, qui sera déterminée par les prix de marché », explique Thibault Guillon. Et d’ajouter : « La campagne va être très compliquée. Je suis plutôt pessimiste, mais j’espère me tromper. A priori, les opérateurs, en ordre de marche malgré le brouillard ambiant, s’attendent à un volume exportable de maïs inférieur à celui de 2021/2022. Mais la baisse prévisible des exportations de maïs pourrait être compenser en partie par une hausse des chargements de blé ».

Reste que les exportations sur le mois de juillet 2022 sont nettement plus élevées que l’an dernier à la même époque. Ce sont 70 000 t de céréales qui ont été chargées (contre 45 000 t il y a un an), et 25 000 t d’oléagineux (un tonnage similaire à l’année dernière). « La campagne 2022/2023 démarre bien », se réjouit cependant Thibault Guillon.

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