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Nord Céréales continue de se diversifier malgré un exercice 2024-2025 en retrait

Le spécialiste de l’import-export de marchandises, dont les céréales, vient de publier ses comptes 2024-2025 et sa feuille de route 2025-2026.

De gauche à droite, Charles Descamps, nouveau directeur de Nord Céréales, Marc Touati, économiste, Joël Ratel, directeur sur le départ de Nord Céréales, et Laurent Bué, président de Nord Céréales, lors de l'assemblée générale de Nord Céréales le 5 décembre 2025.
De gauche à droite, Charles Descamps, nouveau directeur de Nord Céréales, Marc Touati, économiste, Joël Ratel, directeur sur le départ de Nord Céréales, et Laurent Bué, président de Nord Céréales, lors de l'assemblée générale de Nord Céréales le 5 décembre 2025.
© Thierry Michel

Pas de surprise ce vendredi 5 décembre à Coudekerque dans le Nord, où la Sica Nord Céréales, plateforme spécialisée dans l’expédition/réception de marchandises (dont principalement des céréales), a présenté le bilan de sa campagne 2024-2025 (comptes clos au 30 juin) et ses perspectives 2025-2026 : l’exercice passé a été difficile mais les investissements, l’élargissement des activités de diversification et une bonne production céréalière 2025 permettent d’envisager avec confiance celui en cours. Seuls les prix des céréales manquent à l’appel pour satisfaire les vendeurs qui travaillent avec Nord Céréales.

Lire aussi : Nord Céréales : une campagne à l’exportation qui peine à démarrer

 

2024-2025, un test de résilience

Recours au chômage partiel pendant six mois

La récolte 2024 a profondément impacté le spécialiste des imports/exports sur la zone portuaire de Dunkerque : les rendements faible et la qualité moyenne de la moisson, valable pour l’ensemble du territoire français, a obligé Nord Céréales à prendre des mesures contraignantes pour sauver l’ensemble des activités : réduction drastique des coûts, recours au chômage partiel « pendant six mois pour toutes les catégories de salariés pour la première fois depuis 1985 », négociations avec les partenaires bancaires (décalage d’annuités de remboursement sur le nouveau silo par exemple) et « participation financière des organismes stockeurs sur les tonnes manquantes pour éviter un résultat net négatif », a indiqué Laurent Bué, président de Nord Céréales.

Un chiffre d'affaires divisé par deux

Du coup, Nord Céréales a exporté 374 588 t de blé et 232 456 t d’orge, soit 607 044 t au total contre 2 Mt en moyenne quinquennale et a réalisé un chiffre d’affaires de 7 948 402 €, quasiment la moitié moins que celui de la campagne précédente. En 2023-2024, l’Europe (193 645 t), le Maroc (110 563 t), la Mauritanie (69 917 t) et la Chine (67 916 t) sont apparues comme les principales destinations d’exportations pour le blé et l’orge.

Lira aussi : Nord Céréales : chute de 70 % de ses exportations céréalières en 2024-2025

Mise en service du silo 9

Tout n’a cependant pas été négatif sur cet exercice, au contraire. Il restera comme celui qui a vu la mise en service du silo 9, « bien plus qu’un investissement, une porte ouverte sur l’avenir », selon le président Laurent Bué. Ce nouveau silo permet une capacité de stockage de 30 000 t, pouvant aller jusqu’à 105 000 t grâce à de futurs investissements. Il peut surtout, grâce à une tour de manutention entièrement repensée, manipuler, transporter et expédier d’autres produits que les seules céréales. 

Lire aussi : Nord Céréales investit pour maintenir sa place à l’exportation et se tourne vers l’activité à l’importation 

Une belle performance des activités de diversification

L’exercice qui vient de s’achever a également enregistré une « belle performance de notre diversification » selon Joël Ratel, directeur de Nord Céréales depuis quatorze ans et en partance pour d’autres horizons, à travers les filiales DKIE (imports de maïs – un contrat avec un industriel de l’agroalimentaire portant sur  200 000 t, stable – et de pellets de bois à destination des industriels et collectivités), BGDK (import et conditionnement de pellets de bois pour les particuliers) et Norceba (spécialiste de la manutention portuaire).  Parmi ces diversifications, Nord Céréales a réalisé un premier bateau à l’importation de tourteaux de soja. 

 

2025-2026, une année de reconquête et de diversifications élargies

Charles Descamps remplace Joël Ratel à la direction de Nord Céréales

Avec le départ de Joël Ratel, et l’arrivée de Charles Descamps pour le remplacer au poste de directeur, Nord Céréales va poursuivre sa stratégie. 

« Tu as marqué Nord Céréales, tu as marqué les équipes et tu m’as marqué », a déclaré Laurent Bué, président de Nord Céréales, à Joël Ratel, directeur pendant quatorze ans et sur le départ.

« Nous serons dans la continuité de ce qui se fait avec beaucoup de choses devant nous. Nous ferons simple et humble avec toutes les équipes de Nord Céréales », a affirmé le nouveau directeur Charles Descamps, lors de cette assemblée générale. Et « l’exercice se présente bien » , a complété Joël Ratel.

Autour de 850 000 t de céréales exportées au 31 décembre , avec un objectif de 2 Mt à fin juin

La « qualité exceptionnelle » des récoltes et les « rendements très bons » de la moisson 2025 ont permis de réaliser pour 745 000 t d’exportations de céréales au 30 novembre et « on devrait atteindre entre 800 000 et 900 000 t fin décembre », selon Laurent Bué. L’objectif est clairement affiché : retrouver le niveau des 2 Mt à l’export au 30 juin 2026. La mise en service du nouveau portique de chargement/déchargement Vigan 4 va grandement aider à cette tâche.

Lire aussi : Nord céréales : des exportations de céréales en léger retrait en raison de la concurrence de la Russie et de l’Ukraine sur la campagne 2023-2024

Des efforts de diversification à l’importation

Les efforts de diversification à l’importation vont se poursuivre aussi sur le tourteau de soja et vont s’intensifier sur d’autres produits, comme le tourteau de tournesol pour des activités de cabotage (courtes distances non loin des côtes). Un premier contrat a été signé avec Solteam (spécialiste du commerce en gros pour l’approvisionnement directe en protéines végétales).

A la reconquête de parts d’activité à l’exportation

Autre axe fort pour 2025-2026, la reconquête de parts d’activité à l’exportation. « Avec des blés de qualité exceptionnelle en gluten, poids spécifique (PS), valeur boulangère (W), protéines… dans les Hauts-de-France notamment, nous pouvons répondre à des cahiers des charges exigeants », rappelle Joël Ratel, notamment en Afrique de l’Ouest, très demandeuse en fort taux de protéine, avant d’enchaîner : « nous avons déjà engrangé une belle réussite avec deux bateaux de 30 000 t chacun sur la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ». Un effort particulier va donc être effectué sur ces destinations.

Le Pakistan et le Bangladesh en ligne de mire

Par ailleurs, Nord Céréales vise aussi des destinations comme la Pakistan ou encore le Bangladesh, où des fenêtres peuvent s’ouvrir. Bien sûr, l’absence de l’Algérie comme destination de poids se fait sentir et cela devrait se poursuivre selon les responsables de Nord Céréales mais le Maroc et même l’Egypte pourraient offrir des destinations de choix pour l’exportations de blé et d’orge au départ de Dunkerque

Un nouveau plan d’investissement triennal

Enfin, Nord Céréales doit discuter et mettre en place, dans les semaines qui viennent, un nouveau plan d’investissement pour les trois prochaines années.

 

Nouveaux administrateurs chez Nord Céréales

L’Assemblée générale du vendredi 5 décembre 2025 a voté en faveur de l’arrivée de nouveaux administrateurs chez Nord Céréales. Il s’agit d’Alexis Becquet, par ailleurs membre du conseil d’administration au groupe coopératif du nord-est de la France Cérésia, de Rodolphe Quenardel, directeur du pôle négoce, exportations et collecte du groupe coopératif Scael et représentant du spécialiste du commerce des grains Lecureur, de Maximilien Carré, directeur général du négoce nordiste Groupe Carré (environ 15 % des apports en céréales de Nord Céréales), qui succède à son père, et Ivan Tzontchev, responsable du trading chez ADM.

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