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Machinisme : Actualité sur le matériel agricole : tracteur, moissonneuse-batteuse, ensileuse, travail du sol, charrue, semoir

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Valtra N114e HiTech avec chargeur Valtra 56 : « À l’aise dans tous les travaux »

© M. Portier

Serge Lanneshoa et son fils Loeiz, éleveurs à Pledernec (Côtes-d’Armor), nous livrent leurs impressions après une semaine aux commandes du Valtra N114e de 115 chevaux.

Très attendue pour le remplacement des N3 vieillissants, la série N4, proposant six modèles de 105 à 165 chevaux (115 à 185 ch avec le boost), a été entièrement redessinée en appliquant les mêmes recettes que pour les plus gros T4 lancés un an auparavant. Implanté sous un capot court et plongeant, le moteur 4 cylindres Agco Power (4,4 l sur les trois premiers modèles et 4,9 l sur les trois suivant) répond à la norme Tier 4f en se limitant à DOC et un SCR. Originalité du constructeur finlandais, le N114e à l’essai et le N154e proposent deux modes de conduite : Power ou Eco. Le second permettant de disposer du couple et de la puissance maxi à des régimes inférieurs. La version d’entrée de gamme Hitech reçoit, comme les deux versions supérieures Active et Versu, une transmission semi-powershift à quatre gammes robotisées et cinq rapports sous charge. Seule, la version Direct dispose d’une transmission à variation continue. À noter que les trois premiers modèles de la gamme sont uniquement déclinés en version Hitech. Cette dernière propose un circuit hydraulique à centre ouvert de 73 l/min, ou 90 en option, comme sur le modèle essayé. Le circuit load sensing (115, 160 ou 200 l/min) est réservé aux versions Active (distributeurs méca), Versu et Direct (distributeurs électriques) et donc aux trois plus gros modèles.

La cabine, identique à celle des T4, est disponible en version à 5 ou 6 montants, la seconde offrant deux portes comme sur le tracteur de l’essai. Le toit vitré est proposé en option, tout comme le poste inversé. L’accoudoir multifonction est monté en option sur l’Hitech, tandis qu’il équipe de série les finitions supérieures (avec écran couleur sur le Versu et le Direct).

Les conditions du test

Réalisé fin juin-début juillet, le Valtra a été testé en fin de période de fenaison, perturbée par la météo. Il a essentiellement été utilisé avec une faneuse 8 toupies. Il a également réalisé de la manutention de balles et un peu de transport.

 

En cabine « Ergonomie et visibilité au rendez-vous »

La cabine est spacieuse sans être trop encombrante pour un tracteur d’élevage. L’accès est facilité par une porte qui dégage bien, un siège passager qui s’escamote suffisamment et une colonne de direction qui se relève à la verticale. On apprécie le petit décrotteur sur le seuil de cabine. Quant au marchepied, il dépasse du gabarit du tracteur : attention dans les bâtiments ! Les rangements sont assez nombreux, tout comme les prises électriques. La clim est efficace avec ses nombreuses bouches d’aération bien réparties. Le panneau de commande des phares est pratique avec ses automatismes.

La visibilité sur l’avant est remarquable au chargeur, grâce au pare-brise monobloc, au large toit vitré et au capot plongeant. Le pot d’échappement intégrant le catalyseur SCR est pile dans l’axe du montant : il ne se voit pas. On remarque l’essuie-glace qui descend très bas, sauf à grande vitesse pour gagner en efficacité par forte pluie. Le petit écran du tableau de bord est relativement simple. Il affiche le compteur d’hectare, la consommation, le régime moteur et les deux vitesses mémorisées. La commande de l’inverseur est pratique avec sa position parking qui abaisse le régime moteur à 700 tr/min.

L’écran du montant droit est dédié aux paramètres de la transmission. L’affichage est clair, mais la navigation n’est pas intuitive pour ajuster les réglages de la transmission en utilisant les boutons au tableau de bord. Il affiche également le régime de prise de force, le niveau d’AdBlue et la température extérieure.

Les commandes sont simples et ergonomiques, aussi bien sur la console de droite que sur l’accoudoir. Sur ce dernier, le joystick du chargeur est particulièrement agréable à utiliser. Le pilotage de la transmission est intuitif : en basculant le levier à droite, on passe en mode Auto. On apprécie les boutons pour mémoriser deux vitesses d’avancement et un régime moteur. Sur la console, les commandes mécaniques des distributeurs sont bien placées et faciles à manipuler. Pratique aussi, la molette de sélection des trois régimes de prise de force.

Au travail « Un mode Eco qui passe inaperçu »

À la fenaison, le tracteur n’est pas très sollicité. Le passage du mode Power au mode Eco ne change pas vraiment le comportement du moteur. Lors des demi-tours, on est étonné par le rayon de braquage quelconque. Mais après vérification, un réglage des butées aurait permis de mieux valoriser le châssis échancré du tracteur. Pas très utile à la faneuse, mais sûrement appréciable avec une faucheuse ou une presse, le mode prise de force permet de s’arrêter à la pédale de frein, sans débrayer, tout en conservant un régime constant. Par contre, en utilisant le mode Auto de la transmission, il ne faut pas oublier qu’il y a une rupture de couple lors des passages de gamme.

Au transport, le moteur reprend bien à bas régime. Avec un couple maxi à 1 250 tr/min, le mode Eco est propice à une conduite économique. Le faible régime moteur à 40 km/h et la bonne insonorisation de la cabine rendent la cabine très silencieuse. Les suspensions de cabine et du pont avant sont appréciables, mais le confort nous est apparu un peu ferme en comparaison de nos tracteurs. Nous avons préféré le mode Auto 2 de la transmission, avec lequel il est possible de définir les régimes moteur haut et bas pour le passage des rapports. L’Auto 1 réglé d’usine impose parfois des montées en régime inutiles et des rétrogradages tardifs.

Au chargeur, la visibilité en cabine permet de travailler sans fatigue. Le joystick du chargeur est à la fois précis et réactif. À chaque sollicitation du chargeur, le régime moteur augmente automatiquement, ce qui rend le débit hydraulique de 90 l/min largement suffisant. Pour de la manutention délicate, il est possible d’ajuster le débit hydraulique des distributeurs du chargeur. L’inverseur nous a semblé très progressif. La souplesse et le rapport de marche avant et arrière sont réglables. L’empattement assez long et le poids de ce tracteur le rendent très stable au chargeur. Cet avantage doit sûrement se ressentir pour les travaux de traction. Même s’il n’intègre pas la connexion électrique, le multicoupleur du chargeur Quicke est bien conçu : il est peu encombrant et facile à manipuler.

L’attelage arrière est bien organisé avec les quatre distributeurs regroupés à gauche. Les stabilisateurs à trous sont très pratiques à régler. La visibilité sur le piton est facilitée par un rétroviseur sur le hayon.

Entretien « Des aspects pratiques assez soignés »

Après ouverture du capot à l’aide de la clé de contact, l’entretien des radiateurs s’effectue sans aucune difficulté, grâce à leur déploiement en éventail. Le chargeur n’entrave pas du tout l’accès au filtre à air et au filtre à gazole. C’est en revanche plus compliqué pour le filtre à huile. Autre petit reproche, le réservoir de GNR n’est pas facile à bien remplir. L’orifice de remplissage n’est pas suffisamment haut pour ne pas déclencher le pistolet trop tôt. De l’autre côté, en basculant le marchepied, on découvre un compartiment abritant la batterie et une caisse à outils. Au même niveau, s’effectue le remplissage du liquide lave-glace. Le filtre de cabine est accessible au niveau du toit, à l’aide d’une trappe.

Les plus et les moins

+ Visibilité au chargeur

+ Simplicité des commandes

+ Agrément du moteur

+ Maniabilité

 

Fiche technique

Moteur

• Puissance maxi (TR14396) sans/avec boost : 115/125 ch à 1 750 ou 1 900 tr/min (mode Eco ou Power)

• Couple maxi (sans/avec boost) : 540/570 Nm à 1 250 tr/min ou 500/540 Nm à 1 500 tr/min

• Cylindrée : 4 400 cm3

• Norme et système de dépollution : Tier 4f avec DOC + SCR

• Capacité d’huile du moteur : 15 l

• Intervalle de vidange : 600 h

Transmission

• Type : semi-powershift à 5 rapports sous charge et 4 gammes robotisées

• Nombre de rapports (av/ar) : 20/20

• Nombre de rapports entre 4 et 15 km/h : 12

• Régime moteur à 40 km/h : 1 570 tr/min

• Régimes de prise de force et régimes moteur correspondants : 540/540E à 1 874/1 539 tr/min et 1000 à 2 000 tr/min

Circuit hydraulique

• Type, débit, pression : centre ouvert, 90 l/min à 220 bars

• Volume d’huile hydraulique exportable : 35 l

• Nombre de distributeurs : 4 méca arrière

Relevage

• Capacité aux rotules sur toute la course : 7 900 kg

Dimensions

• Capacité du réservoir (GNR/AdBlue) : 245/45 l

• Hauteur hors tout : 2,85 m

• Empattement : 2,67 cm

• Poids à vide : 6 150 kg

• Rayon de braquage : 4,50 m

• Monte pneumatique du modèle essayé : 18.4 R38 et 14.9 R28

• Prix catalogue au 1er décembre 2016 sans les options : 90 013 euros HT

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