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Valoriser la capacité des relevages avant

Les tracteurs de forte puissance proposent des capacités de relevage frontal de plus en plus importantes. Des capacités à utiliser intelligemment.

La capacité des relevages frontaux a progressé en même temps que la puissance des tracteurs. Si, il y a encore quelques années, les tracteurs de type américain (c’est-à-dire lourds, avec empattement relativement court et une répartition des charges prépondérante à l’avant) convenaient pour des travaux de traction pure, ils ne répondent pas toujours à des besoins de polyvalence, à savoir relativement légers pour des travaux de semis, lestés pour la traction. Ainsi sont apparues de nouvelles gammes de tracteurs avec une répartition des charges plutôt équilibrée sur deux essieux, offrant une charge utile importante pour faire évoluer ces tracteurs en bêtes de traction. Devenus incontournables, les relevages avant de ces tracteurs standard offrent ainsi de plus en plus de capacité, autorisant 5, voire 6,5 tonnes pour ramener du poids sur l’avant du tracteur.

Le meilleur lestage avant est un outil

Cette capacité de charge frontale croissante a été vite intégrée par les constructeurs d’outils, dont les modèles frontaux offrent plus de capacité et/ou sont de plus en plus lourds et larges. Comparativement à l’usage exclusif d’outils larges semi-portés, la combinaison d’outils avant et arrière portés (éventuellement moins larges) offre une bonne répartition des charges avant, sans transporter inutilement du poids mort (masses), synonyme de résistance au roulement et de consommation accrue. « Le meilleur lestage avant, c’est une masse avant qui travaille, c’est-à-dire un outil », explique Hubert Defrancq, de Laforge. Aujourd’hui, la capacité des relevages frontaux autorise l’attelage de charrues portées de 4, voire 5 corps frôlant les 2 tonnes (auxquelles il faut ajouter le porte-à-faux), mais également de cuves (1 000 à 1 500 l) pour la pulvérisation (en complément du pulvé arrière) ou pour la fertilisation au semis, à la plantation ou au binage. Ces cuves pouvent être montées sur un tasse-avant. Les constructeurs de semoirs ont développé la capacité des trémies frontales, atteignant 2 000 à 2 300 litres chez certaines marques et parfois montées sur un tasse-avant. Couplés à un combiné de semis porté arrière, les déchaumeurs portés avant, tutoyant aujourd’hui les 6 mètres, réalisent un premier travail d’émiettement avant la préparation finale du lit de semences par la herse rotative.

Distributeurs hydrauliques et prise de force pour maximiser l’usage du relevage

Lorsque le tracteur est équipé d’une prise de force frontale, le relevage avant peut recevoir des fraises butteuses de 3 à 3,60 mètres de large, travaillant de concert avec un équipement de plantation de pommes de terre à l’arrière. Ces fraises peuvent être surmontées d’une cuve de fertilisation.

Autre exemple, Franquet a pleinement saisi les potentialités croissantes des relevages frontaux pour transférer à l’avant (sur la X-Beet) les équipements d’arrachage de betteraves. Cette configuration dispense de pneus étroits jumelés pour conserver des pneus basse pression et limiter le tassement du sol : la X-Beet atteint tout de même 2,7 tonnes sur la bascule pour un porte-à-faux frôlant les 4 mètres.

Selon les tractoristes, l’intégration du relevage permet de ne pas impacter la maniabilité du tracteur. Elle s’accompagne bien souvent d’un certain nombre d’équipements, comme les distributeurs hydrauliques (1 à 3 selon les tracteurs) avec parfois retour libre et commandes extérieures, la prise de force, certains constructeurs proposant deux régimes (1 000 et 1 000 Eco), la suspension du relevage pour le confort routier, ou encore une prise Isobus. Ajoutons certains réglages, comme les vitesses de montée et de descente, les butées haute et basse.

Sans maîtrise, la puissance n’est rien

Certaines firmes proposent le report de charge, le contrôle d’effort et le contrôle de position couplé au réglage de profondeur. Ces équipements sont intéressants, mais certains agriculteurs préfèrent investir dans des tracteurs de 50 ch plus puissants pour être sûr de passer dans toutes les situations. Cela se traduit souvent par un investissement plus coûteux, une consommation accrue et une compaction des sols déraisonnée.

Pour Hubert Defrancq, la régulation du relevage avant est à mettre en relation avec le taux de patinage et avec la charge sur l’essieu avant car un simple contrôle de position n’est pas un contrôle de profondeur de travail de l’outil. « À quoi cela sert-il d’investir dans de l’autoguidage RTK, si le positionnement de l’outil déleste trop l’essieu avant, rendant inefficace la direction ? Avec le contrôle électronique intégral (CEI), déjà doté d’un contrôle de position et d’une position flottante, il est possible d’ajuster la profondeur de travail en fonction du taux de patinage du tracteur. » À cela, s’ajoute chez Laforge le Dyna-Contour, un capteur sur le troisième point hydraulique du relevage frontal détectant les variations de relief et d’assiette du tracteur. Il adapte automatiquement la position des bras de relevage pour une profondeur de l’outil constante. Ce troisième point permet également un report de charge pour conserver une bonne traction sur l’essieu avant et donc une direction efficiente. « C’est la combinaison automatique de l’avantage obtenue par la position flottante du relevage avant pour le suivi du relief et de l’avantage du portage de l’outil pour bénéficier du report de charge qui permet d’améliorer la traction et la maîtrise de la direction. »

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