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Une coupe flexible pour récolter le soja

Les frères Matringhem bénéficient de cinq années d’expérience avec une coupe flexible.

En agriculture biologique, Arnaud Matringhem et ses deux frères Gilles et François cultivent 630 hectares de blé, pois, féverole, maïs, triticale, lentille et soja, à Jouhet dans la Vienne. Cette dernière culture occupe près du quart de la surface et mérite toutes les attentions. « Quand on le négocie à 850 euros la tonne, cela vaut la peine d’y passer du temps et de ne pas ramasser trop vite », justifie Arnaud Matringhem. Mais l’une des difficultés de cette culture tient dans la faible épaisseur du tapis végétal, avec les grosses gousses au ras du sol. Un défi d’autant plus difficile en agriculture biologique que les binages successifs tendent à remonter les pierres. « Avant 2012, nous récoltions avec une barre de coupe classique de largeur moyenne, de façon à s’adapter le mieux possible aux irrégularités du terrain. Nous avancions à 2,5-3 km/h pour prendre le temps de bien tout ramasser. » Mais ce type de coupe ne donne pas entière satisfaction. Les patins qui assurent le suivi du sol sont placés trop en arrière, et rendent la coupe insuffisamment réactive. De plus, la culture tend à s’enrouler autour des peignes métalliques des rabatteurs. Dans un premier temps, ces peignes ont été remplacés par des versions en plastique qui donnent meilleure satisfaction. En 2012, les associés finissent par investir dans une coupe flexible, achetée d’occasion dans le Gers. Produit purement américain, la coupe 1020 de Case IH de 6 mètres se révèle un peu plus chère, mais le surcoût est vite rentabilisé au regard des 1 à 2 quintaux qu’Arnaud Matringhem estime ramasser en plus par hectare. Sur cette coupe associée à une Axial-Flow 2388, l’agriculteur a greffé un système de soufflerie « maison », inspiré de solutions existantes, pour pousser vers le fond de la coupe la culture vers la vis. « La soufflerie permet même de faucher, rabatteur levé, quand les conditions matinales ou tardives sont trop fraîches au risque de voir la culture s’enrouler autour du rabatteur. »

Deux fois plus vite dans le soja

Satisfaits, les agriculteurs apprécient la série de patins supplémentaires, sous le tablier juste derrière les sections, qui peaufinent la position de la coupe. En 2014, ils investissent donc dans une seconde coupe flexible Case IH Terraflex, une 7,50 mètres d’occasion, montée sur l’Axial-Flow 7130 achetée la saison précédente. Plus récente, « elle dispose de plaques avant moins larges, ce qui permet de mieux épouser les irrégularités du sol et de ramasser encore mieux ». Évoluant à 4,5-5 km/h, cette coupe dépourvue de ventilation a permis de doubler le débit de chantier par rapport à l’ancienne coupe rigide. Revêtus de plastique, les patins sous le lamier assurent un bon suivi du sol et glissent mieux sur les sols argileux. « Ils affichent aujourd’hui 800 hectares au compteur et seuls quelques-uns ont été remplacés. Il faut préciser qu’ils ne portent que sur le poids du tablier souple. »

Autre point d’évolution entre les deux générations de coupe, il est désormais possible de régler mécaniquement la tension du lamier, c’est-à-dire sa rigidité, pour l'ajuster en fonction du taux de pierres et de la vitesse d’avancement ou pour récolter des cultures plus hautes comme les céréales. Sur les dernières générations de coupes flexibles, ce réglage est devenu hydraulique et piloté depuis la cabine.

 

Le marché des coupes flexibles en plein essor

À mesure que la culture du soja se développe en France et remonte vers le Nord, le volume de vente de coupes à tablier flexible croît. Ces dernières sont également appréciées pour des cultures comme le pois et les lentilles. " Depuis cinq à six ans, exception faite de l’année 2016, ce marché croît de 15-20 % ", explique Arnaud Hiernard, de New Holland. Ces outils sont dépourvus de releveurs, pour ne pas monter de pierres, et reçoivent des sections haute résistance. Selon les marques, il est possible de monter des doigts releveurs pour récolter des cultures plus classiques. Souple, le lamier se compose d’une multitude de tôles, s’appuyant sur des patins en acier ou en téflon, assurant un suivi précis des irrégularités du sol. Selon les constructeurs, la déformation maximale du lamier varie de 11 à 18 cm. Cette déformation peut être régulée mécaniquement ou hydrauliquement, afin de s’adapter au taux de pierres ou aux terres meubles (pour ne pas piocher), mais aussi pour récolter des cultures plus hautes, comme les céréales.

Également pour éviter de remonter trop de pierres, les rabatteurs peuvent être dotés de doigts en plastique. Leur souplesse permet de descendre très bas les rabatteurs pour emmener la culture sur une distance plus importante, mais aussi de s’effacer devant une pierre. Qui plus est, les cultures tendent à moins s’enrouler autour des doigts en plastique que des versions métalliques.

Deux types de coupe, à tapis dites "Draper", ou à vis

L’offre du marché se compose aujourd’hui de deux types de coupe, celles à tapis (dites coupes "Draper") et celles à vis. Dominant clairement le marché, ces dernières disposent souvent de tôles en inox entre les sections et la vis, car ce revêtement glisse mieux et favorise le flux de récolte.

Quelques équipementiers comme Zürn proposent désormais des rallonges à colza pour les rendre plus polyvalentes. En attendant une coupe à tablier télescopique et flexible…

 

Même prix qu'une coupe à tablier télescopique

Pour ce qui est du tarif, les coupes flexibles coûtent sensiblement le même prix que des coupes à tablier télescopique, sans en avoir la polyvalence, soit entre 5 000 et 10 000 euros de plus qu’une coupe classique à tablier fixe. À cela, s’ajoutent des frais d’entretien un peu plus élevés, du fait des pièces d’usure supplémentaires (patins) et des organes de coupe plus exposés.

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