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« Une combinaison de fauche triple sans conditionneur pour gagner du débit de chantier tout en faisant des économies »

Le Gaec Lefeuvre à Derval en Loire-Atlantique, a abandonné le conditionneur en passant d’une combinaison de fauche double à une triple, pour gagner en débit de chantier, tout en limitant l’investissement et les coûts d’utilisation.

« Lors du renouvellement de nos deux faucheuses-conditionneuses frontale et arrière en 2018, nous avons estimé que le conditionneur nous apportait plus de contraintes que d’avantages, sachant que nous récoltons la majeure partie de notre fourrage en ensilage ou en enrubannage et que nous cultivons aussi de la luzerne », résume Frédéric Lefeuvre, éleveur de 130 normandes en Gaec avec son frère Christophe, à Derval en Loire-Atlantique. Ils se sont ainsi orientés vers un combiné de fauche simple de 8,70 mètres de large, associant une machine frontale Kverneland 3832 FS de 3,20 mètres et un papillon arrière 5087 M doté deux lamiers de 3,20 mètres.

Un débit de chantier de 9-10 hectares par heure

« En passant de 6 à près de 9 mètres de largeur de fauche, le débit de chantier a nettement progressé pour atteindre 9-10 hectares par heure, alors que l’on avait du mal à dépasser les 6 ha/h avec les conditionneuses. » Ce gain de productivité a permis aux deux éleveurs en conversion bio de réaliser des coupes plus fréquentes et moins volumineuses, gage d’une meilleure qualité des fourrages. « Entre les différentes coupes d’herbe, de luzerne, de méteils, mais aussi l’entretien des pâtures avec le topping et les refus, nous atteignons 200 hectares de fauche par an. Le combiné a même fauché du sorgho et des cannes sous des andains de paille de colza, qui sont ensuite récoltés à la presse. »

Lire aussi : Les faucheuses triples sans conditionneur séduisent les éleveurs

L’abandon du conditionneur a d’autres intérêts, à commencer par l’équilibre de la faucheuse. « Alors que la lourde conditionneuse portée tirait beaucoup sur les bras de relevage, nous imposant de jouer sur le réglage des stabilisateurs et la pression des pneus, la combinaison des deux lamiers rend le tracteur beaucoup plus stable », détaille Frédéric Lefeuvre. Le tracteur de 150 chevaux est aussi moins sollicité en termes de puissance. « La consommation horaire de GNR est inférieure à celle de la conditionneuse, malgré la largeur supérieure. Ramené à la surface travaillée, l’écart est donc énorme, apprécie l’éleveur. On fait aussi des économies sur l’entretien, car l’usure des couteaux est beaucoup moins rapide. On a entamé la troisième campagne avec les couteaux d’origine ! Et pour couronner le tout, cette combinaison triple, achetée 36 500 euros HT en 2018, était même légèrement moins chère qu’un attelage de deux conditionneuses. »

Une largeur de travail optimisée

À l’utilisation, les éleveurs apprécient le pilotage indépendant des unités de fauches à l’aide de trois distributeurs hydrauliques. « En utilisant les trois commandes fingertips de l’accoudoir, on actionne avec trois doigts le relevage des lamiers. » La grande largeur de travail est valorisée par l’utilisation d’un autoguidage sur le tracteur, les deux lamiers arrière étant réglés sur la position la plus écartée pour valoriser l’envergure, le parcellaire de la ferme n’imposant pas des courbes trop prononcées. Deux disques à l’extrémité des lamiers permettent de réduire un peu la largeur de dépose du fourrage, de façon à pouvoir intervenir sans fanage, avec un andaineur de 8,30 m de large. « Sur la faucheuse frontale équipée de vis de recentrage, il est très facile d’adapter la largeur de l’andain, grâce au déplacement de tôles. En début de saison quand c’est humide, on recentre pour ne pas rouler sur le fourrage. Par la suite, on privilégie l’étalement du fourrage, précise Frédéric Lefeuvre. Ces vis sont toutefois sensibles au bourrage, si l'on ne veille pas à bien vérifier la tension des deux jeux de courroies qui les entraînent. »

Des suspensions de lamiers efficaces

Autre avantage lié à légèreté de ce groupe de fauche, « les suspensions, à l’avant comme à l’arrière, sont très efficaces pour suivre les dénivellations du sol ou pour escamoter le lamier en cas d’obstacle. Il suffit d’avoir les bons repères pour la hauteur des relevages, que l’on ne touche plus au travail. À l’arrière, le réglage hydraulique de la tension des ressorts permet d’ajuster la dureté de la suspension en fonction des conditions. »

Chiffres clefs

4 UTH dont 2 associés

130 VL normandes et toute la suite (bœufs à l’engraissement)

805 000 l de lait à produire

170 ha de SAU

200 ha de fauche

Des patins pour ajuster la hauteur du lamier

 

 
Les 6 patins ajustant la hauteur de fauche sont changés en 20 minutes. © M. Portier
Critère auquel les éleveurs accordent beaucoup d’importance, la hauteur de travail est ajustée à l’aide de deux jeux de patins. « Il nous faut 20 minutes pour changer les 6 patins, sachant qu’il y en a deux par lamier. Cela en vaut la peine, car si l’on coupe des ray-grass à 7 cm, on fauche les méteils à 12 cm. Et j’estime que c’est une bien meilleure solution que de jouer exagérément sur l’angle de piquage du lamier », expose Frédéric Lefeuvre. Pour parfaire la qualité de fauche, les éleveurs ont aussi équipé les disques d’ailettes améliorant l’effet de ventilation pour bien évacuer les gros volumes de fourrage. « Et dans une herbe jeune peu fournie, on réduit le régime de prise de force de 100 tr/min pour ne pas trop ventiler. »

 

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