Aller au contenu principal

« Un monograine de 9 rangs pour le débit de chantier et le coût de revient »

La Cuma La Saint Gilloise, en Ille-et-Vilaine, a remplacé deux semoirs monograines de 4 rangs par un modèle de 9 rangs équipé de la coupure électrique des distributions par GPS.

« Le débit de chantier et la stabilité de l’ensemble tracteur et semoir ont été déterminants lors de l’achat du monograine Monosem de 9 rangs à 75 cm d’écartement », indique Mickaël Guihard, président de la Cuma La Saint Gilloise, située à Saint-Gilles en Ille-et-Vilaine. Les quinze adhérents se partageaient auparavant trois appareils de 4 rangs. Lors du renouvellement pour le printemps 2019, ils ont étudié deux solutions pour remplacer deux des trois semoirs : investir dans un modèle de 6 rangs combiné à une herse rotative ou opter pour un 9 rangs utilisé en solo. « Comme nous recherchions du débit de chantier, la combinaison a été écartée, même si nous possédions déjà une herse rotative de 4,50 mètres, souligne Maurice Bouget, qui vient tout juste de céder sa place de président de la Cuma après dix-neuf ans aux manettes. Le semoir en solo présente les avantages de se contenter d’un tracteur de taille limitée et d’évoluer toujours à la vitesse optimale, tandis qu’avec le combiné, nettement plus gourmand en puissance, la préparation de la terre demande parfois de rouler moins vite. Ce sont donc des hectares de semés en moins à la fin de la journée. »

Avec un rendement de 3 à 4 hectares par heure, l’intérêt économique de l’appareil de 9 rangs est réel pour les adhérents, qui implantent leur maïs à un tarif intéressant : 19 €/ha pour le semoir et 17 €/h pour le tracteur de 140 chevaux affecté à cet outil. Les adeptes du combiné bénéficient toutefois d’une réponse auprès de la Cuma, car le semoir de 4 rangs restant est associé à une herse rotative de 3 mètres. Son activité s’avère cependant limitée : 54 hectares en 2019, contre 360 hectares pour le Monosem de 9 rangs (plus de 400 ha prévus en 2020).

Trois rangs entre les roues du tracteur

Pour préparer le lit de semence, les adhérents disposent de trois herses rotatives : deux de 3 mètres et celle de 4,50 mètres, qui leur permettent d’alimenter correctement le monograine de grande envergure. Pour ne pas freiner l’appareil, les adhérents s’organisent pour préparer à l’avance 25 à 30 hectares, soit l’équivalent d’une journée de travail. « Nous avions peur de rencontrer des difficultés en cas de pluie entre le travail du sol et le semis. En réalité, cela se passe bien avec nos terres qui se ressuient vite et, en cas de difficultés, nous avons la possibilité de repasser rapidement avec un préparateur à dents de 5 mètres de large », remarque Maurice Bouget.

La Cuma a retenu un appareil de 9 rangs plutôt que 8, pour ne pas semer dans les traces de roue du tracteur. Ainsi, pour loger trois rangs dans l’entrepneu, cela demande de retenir une voie particulièrement large : 2,30 mètres sur le Case H CVX de 140 chevaux affecté à cette prestation. « Grâce à la voie élargie, le comportement de l’ensemble sur la route est particulièrement sécurisant avec le semoir à châssis repliable au gabarit imposant. La plus grande stabilité est aussi favorable au fonctionnement de l’autoguidage par GPS, car le tracteur, bien assis, maintient mieux ses trajectoires », précise le président de la coopérative. Pour piloter le semoir, la priorité est donnée au chauffeur de la Cuma. Toutefois, pour le soulager, trois adhérents l’utilisent exclusivement sur leur exploitation, à l’instar de Mickaël Guihard. La prise en main de la console de commande demande un petit temps d’adaptation et il est ainsi préférable de spécialiser des utilisateurs. La fertilisation au semis à l’aide d’une trémie frontale constitue de surcroît un paramètre supplémentaire à gérer.

Un dosage juste avec la coupure des distributions par GPS

Le semoir Monosem NG Plus 4 est équipé de l’optionnelle coupure de rangs électrique pilotée par GPS. « Lors de l’achat de l’appareil, des économies de semences étaient promises sans être chiffrées. Sur les 60 hectares de maïs que j’ai implantés en 2019, j’ai constaté que la coupure de rangs apporte un réel avantage, confie Mickaël Guihard. J’ai en effet semé en moyenne 1,9 dose par hectare, alors que les années précédentes, je devais racheter 7 à 10 doses pour finir la saison. J’ai même rendu des doses à mon fournisseur. Ce dispositif évite clairement de gaspiller la semence en supprimant les recroisements de rangs dans les fourrières. Il simplifie aussi la conduite, car il suffit de baisser le semoir et de laisser l’électronique lancer la distribution au moment opportun. » Cette fonctionnalité ouvrant et fermant les rangs automatiquement est comparable à la coupure de tronçons par GPS d’un pulvérisateur. Elle rend le semoir de grande envergure aussi à l’aise dans les petites parcelles que dans les grandes.

Chiffres clés

15 adhérents

1 salarié à temps plein

2 semoirs monograines 4 et 9 rangs

414 ha de maïs implantés en 2019, dont 360 ha avec le modèle 9 rangs

53 000 € d’investissement dans le monograine Monosem NG Plus 4 de 9 rangs avec coupure de sections par GPS

19 €/ha facturés pour le semoir de 9 rangs

17 €/h facturés pour le tracteur de 140 ch affecté au semis de maïs

Le semoir monograine vieillit mieux grâce à la trémie frontale

La Cuma La Saint Gilloise utilise une trémie frontale Alpego Fertidrill ASF de 1 400 litres depuis 2013. « Nous avons initialement choisi cet équipement pour alimenter le système de fertilisation d’un monograine 4 rangs, remplacé en 2019 par le semoir 9 rangs. L’objectif de cet investissement était de travailler en combiné de 3 mètres en limitant la taille du tracteur, afin d’optimiser les coûts de revient et de respecter les sols, grâce à un meilleur équilibre de l’ensemble dispensant de lestage », précise Mickaël Guihard, président de la Cuma.

Le bon vieillissement du semoir de 4 rangs n’avait pas été évalué lors de l’acquisition de la trémie frontale et s’est traduit par une plus-value lors de la revente En effet, l’appareil ne disposait d’aucune trace de rouille, contrairement aux autres monograines de la Cuma embarquant les systèmes fertiliseurs. « Le chargement de l’engrais sur un appareil classique s’accompagne inévitablement de chutes de granulés qui, mélangés à la terre, stagnent sur le châssis et attaquent la peinture. Avec la cuve avant, ces problèmes sont écartés et le remplissage se révèle nettement plus facile », souligne le président. La trémie frontale est également valorisée pour les semis de céréales avec la herse rotative repliable Alpego de 4,50 mètres équipée d’une rampe de semis et attelée à un Case IH Magnum CVX 235. Certains adhérents l’utilisent aussi en combinaison avec leur propre outil de travail du sol pour implanter les couverts végétaux. « J’ai personnellement adapté des diffuseurs devant le rouleau de mon déchaumeur à dents de 4 mètres », précise Mickaël Guihard.

Les plus lus

Claas Xerion 5000 Trac VC sur le circuit allemand de Nürburgring
[Vidéo] - Un Claas Xerion 5000 flashé sur le mythique circuit de Nürburgring
Le magazine allemand auto motor und sport a testé un Claas Xerion 5000 Trac VC sur le mythique circuit allemand de Nürburgring.
Kuhn Aura Réussir machinisme FB
[VIDÉO] Kuhn - Une mélangeuse automotrice autonome
Avec son automoteur Aura, Kuhn automatise l’ensemble des étapes de l’alimentation, du désilage à la distribution, tout en…
sima_annule_FB.jpg
[Covid-19] - Le Sima 2021 malheureusement annulé
Le Sima est malheureusement victime à son tour de la crise sanitaire liée à la Covid-19. La prochaine édition, qui était…
JOHN_DEERE_6120M_FB
[ESSAI/VIDEO] - John Deere 6120M Premium - « Un milieu de gamme richement doté »
Éleveur à Saint-Germain-de-Montgommery, dans le Calvados, Sébastien Gautard a essayé durant une semaine le tracteur John Deere…
Valtra Série G tracteur Réussir machinisme
[VIDEO] - Valtra lance la série G
La nouvelle gamme de tracteurs de la série G s'inscrit entre la série A et la série N. Petit point sur cette nouvelle offre.
Vincent Reucheron délègue à l'ETA, depuis 26 ans, le transport de l'ensilage du maïs et le tassage du silo.
« Je délègue le transport et le tassage de l’ensilage à l’ETA pour limiter mes charges de mécanisation »
Chez Vincent Reucheron, le parc matériel est réduit au minimum. L’éleveur laitier préfère faire appel à l’ETA pour l’ensilage…
Publicité