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Tracteurs : L’automatisation des bouts de champs est sous-utilisée

Option plébiscitée à l’achat d'un tracteur, l’automatisation de la gestion des bouts de parcelles reste encore trop souvent délaissée par les utilisateurs.

Lorsque l’on arrive en fourrière, plusieurs manœuvres répétitives comme lever l’outil, réduire le régime moteur du tracteur, arrêter la prise de force, actionner un ou plusieurs distributeurs, sont à effectuer avant de repartir en sens inverse. Dans le but de simplifier les manœuvres, améliorer le confort de l’utilisateur et éviter tous risques d’erreur dans la manipulation des commandes, la majeure partie des tractoristes ont développé un système de séquençage automatique. Suivant les marques et les modèles, tous permettent la levée et la descente du relevage, ainsi que la gestion du régime moteur. Ensuite, les différentes marques proposent des systèmes plus ou moins aboutis.

Un manque de formation

La plupart des agriculteurs qui renouvellent leur tracteur pour un modèle neuf, optent pour cette option pourtant mal maîtrisée et par conséquent sous-utilisée. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène : la complexité de certains systèmes ne donne pas envie de s’y intéresser. Le concessionnaire se doit de prendre le temps de faire découvrir et de former l’agriculteur aux différentes manipulations, ce qui est encore trop peu pratiqué par tous les professionnels de la vente. Il est souvent nécessaire de faire une piqûre de rappel quelques mois plus tard, après une utilisation sommaire par l’agriculteur. Plus que la complexité des systèmes, c'est leur manque de convivialité qui s'avère rédhibitoire. Un terminal est indispensable. Tous les systèmes qui en sont dépourvus ne servent quasiment jamais. Les programmations trop peu intuitives ou longues à mettre en place sont elles aussi rapidement mises de côté. Les dispositifs trop succins, ne proposant qu’un nombre limité de fonctions automatisées, sont un frein à leur utilisation. Plus improbable, l’ergonomie des commandes, sur laquelle ne cessent de travailler les constructeurs, est elle aussi fautive. Les joysticks multifonctions, les accoudoirs aux commandes centralisées favorisent la prise en main de la machine et n’encouragent pas le passage au séquençage automatique. Certains agriculteurs, satisfaits de cette première étape de simplification des manœuvres, ne poussent pas plus loin l'optimisation.

Confort et sécurité pour l’utilisateur

En passant à l’automatisation de la gestion des bouts de champs, l’agriculteur a pourtant tout à gagner. Le premier argument indéniable mis en avant est la source de confort. Une fois paramétré, il n’est pas très difficile de lancer une séquence de plusieurs actions en appuyant une seule fois sur un unique bouton, même si le sentiment de ne rien maîtriser peut perturber les novices. Le second argument fait appel à la sécurité. Tout est paramétré pour se dérouler dans le bon ordre, sans aucune inquiétude pour le conducteur comme pour le matériel. Une séquence ne se lance pas non plus n’importe comment, la réglementation impose certaines règles comme l’enclenchement manuel de la prise de force, obligatoire au début du chantier, avant de pouvoir lancer les séquences.

Toutes les fonctionnalités du séquençage

Suivant les constructeurs, les fonctions paramétrables dans le séquençage sont plus ou moins nombreuses. Les systèmes les plus évolués permettent l’enregistrement d’outils, jusqu’à 25, et de séquences (4) dans lesquelles peuvent être programmées jusqu’à 22 actions. Difficile donc de saturer un tel dispositif, même avec les outils les plus complexes.

Ces actions comprennent :

• les commandes des relevages avant et arrière (montée, descente, contrôle de patinage activé, stop, terrage rapide);

• l’enclenchement ou l’arrêt de la ou les prises de force;.

• le contrôle de l’intégralité des distributeurs électrohydrauliques (montée, descente, stop, position flottante);

• l’activation ou la désactivation du pont avant (mode automatique ou 100 %), idem pour le blocage du différentiel;

• l’engagement ou le désengagement de la vitesse mémorisée ainsi que la régulation du régime moteur;

• le mode de transmission (pédale ou levier);

• l’activation du système de guidage et sa désactivation.

Au total, plus d’une trentaine de fonctions sont paramétrables. Les actions sont déclenchées suivant six paramètres au choix : le mode pas à pas est une étape de transition avant l’automatisation complète. Il permet de garder la main, en actionnant toutes les étapes programmées une par une ou morceaux par morceaux, à l’aide du même bouton généralement. Plus courante, l’activation des différentes actions peut se faire en fonction d’une distance, en mètres, ou d’un temps, en secondes. D’autres systèmes permettent l’activation d’étapes suivant les mouvements et la hauteur du relevage avant ou arrière. Enfin, couplé à un système de guidage, le déclenchement peut être automatisé dès qu’il franchit la zone de la fourrière, déterminée au préalable.

Séquençage automatique et guidage font bon ménage

Associée à un système de guidage, l’automatisation de la gestion des bouts de parcelle prend tout son sens. En effet, quel que soit l’outil, un semoir, un déchaumeur ou un pulvérisateur, après avoir délimité la largeur de la fourrière en arpentant la parcelle et déterminé la largeur de l’outil, le tracteur qui arrive dedans réalise seul toutes les actions nécessaires au demi-tour. Ce système est également une source d’économie directe d’intrants ou de semences. Certains tractoristes vont jusqu’à automatiser les demi-tours, via le système d’autoguidage. En effet, le conducteur n’a plus à toucher le volant pour repartir dans l’autre sens. Il lui suffit simplement de valider sa manœuvre sur le terminal pour une question de sécurité. Le but ultime serait de se dispenser du chauffeur, seulement il va falloir être patient, un tel dispositif n’est pas encore homologué sur le territoire, une présence humaine reste obligatoire, même si la technologie le permet.

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