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Quels outils pour la manutention du grain ?

Lorsque l’on stocke son grain à la ferme, il est important d’avoir des outils adaptés à la manutention de céréales.

Le stockage à la ferme compte de nombreux adeptes parmi les céréaliers. Parmi eux, certains stockent à plat, ce qui nécessite de la manutention plusieurs fois au cours de l’année. Celle-ci peut être effectuée avec un chargeur télescopique, une chargeuse articulée ou un tracteur avec chargeur frontal.

Le chargeur télescopique présente l’avantage de proposer un gabarit compact en hauteur, un avantage dans les vieux bâtiments, et une hauteur de bennage importante grâce à son bras télescopique, qui lui procure aussi une bonne portée vers l’avant. Maniable avec ses quatre roues directrices, il offre un accès facile au poste de conduite et se montre plus stable que la chargeuse, notamment lorsque celle-ci est articulée.

Télesco, chargeuse ou tracteur ?

Avec son poste de conduite généralement plus grand et haut perché, la chargeuse offre un point de vue agréable sur la manutention et sort un peu le conducteur des nuages de poussière qui se forment parfois à la manipulation de grain. Si elle demande un peu d’habitude de conduite, elle limite, grâce à son articulation, les manœuvres : le braquage sur place génère un balayage important du godet, permettant de finir de remplir une benne sans avoir à se déplacer. La chargeuse articulée pèche en revanche par la hauteur de levée. Cette lacune peut être comblée par l’utilisation d’un godet à déversement surélevé (aussi appelé à haut déversement) ou par le choix d’un modèle à bras télescopique, dont une grande majorité approche ou dépasse une hauteur de levage de 5 m, suffisante pour charger une benne ou un semi-remorque. Son prix est en revanche supérieur de 15 à 20 % à celui d’un chargeur télescopique, à puissance et capacité de levage comparables.

Les chargeurs frontaux pour tracteurs de forte puissance dépassent les 5 mètres de hauteur de levage.
Les chargeurs frontaux pour tracteurs de forte puissance dépassent les 5 mètres de hauteur de levage.
© MX

La troisième solution, combinant économie et performances, consiste à équiper son tracteur de 160 à 200 ch, voire plus, d’un chargeur frontal. Ces dernières années, les constructeurs de chargeurs frontaux ont en effet étoffé leur gamme vers le haut. Tournant autour de 5 m de hauteur de levage, ces gros chargeurs sont de plus en plus plébiscités par les ETA et semblent trouver également des adeptes auprès des céréaliers. Cette solution aide à rentabiliser le tracteur de l’exploitation et permet d’offrir une solution de manutention performante pour des utilisations ponctuelles.

Les dimensions du remonte-tas dépendent de la hauteur que peut atteindre le tas, donc de la largeur du tas et de la hauteur des murs.
Les dimensions du remonte-tas dépendent de la hauteur que peut atteindre le tas, donc de la largeur du tas et de la hauteur des murs.
© Sopema

Le repousse-tas évite de rouler sur le grain

Pour bien valoriser le stockage à plat, plusieurs constructeurs proposent des repousse-tas, appelés également rehausse-tas, remonte-tas ou bras pousseur. Celui-ci vient s’atteler sur le bras de l’engin de manutention et se compose d’une (ou deux) poutre(s) terminée(s) par une lame. À la suite de la vidange de la benne, cet outil permet de remonter le grain, pour valoriser au maximum la surface de stockage, tout en évitant de rouler sur le grain. "Cela préserve le bras des chargeurs télescopiques, qui reste rentré et procure un certain confort visuel", justifie Rémi Maupin, PDG de la société Sopema. Selon les marques et les modèles, la longueur du bras varie de 2 à 10 m. La majorité des constructeurs proposent des équipements qui s’accrochent sur la tête d’attelage et nécessitent une interface spécifique à l’engin de manutention. Le remonte-tas d’Agristructures s’installe sur la fourche à palettes. Selon les marques, la liaison entre l’interface d’accroche et la poutre est fixe ou articulée. Dans ce dernier cas, deux chaînes sur la partie supérieure se tendent pour empêcher la poutre de tomber. Cette position flottante du bras et de la lame leur donne une certaine amplitude de mouvement. " Il suffit de poser la lame au sol et d’avancer en levant, conseille Rémi Maupin. On cave juste en haut du tas pour retendre les chaînes et recommencer la manipulation." La lame est dessinée pour laisser fuiter un peu de grain par-dessous, un compromis entre l’exploitation de la hauteur et de la largeur de la lame et le besoin de puissance de poussée.

Optimiser l’espace de stockage

Ces lames sont généralement dotées de bords droits ou inclinés pour limiter les écoulements latéraux. Selon les marques, des bandes en caoutchouc sont boulonnées sous la lame, voire sur les côtés, afin de ne pas dégrader le sol et les murs. Sopema propose un patin en téflon de qualité alimentaire, plus résistant à l’usure, sur la partie basse de la lame. Quant au dimensionnement du bras pousseur, le choix est unique chez certains constructeurs, quand d’autres disposent de toute une gamme ou proposent des solutions à la carte. " La longueur du bras va dépendre de la hauteur des parois latérales du stockage et de la largeur de ce dernier. En fonction de ces données, on estime quelle va être la hauteur maximale du tas. Cette hauteur, à laquelle on va rajouter un mètre, définira la longueur du bras", préconise Rémi Maupin. Côté tarif, compter entre 3 500 et près de 6 000 euros, voire autour de 8 000 euros sur le modèle de 10 m de Sopema, destiné aux grosses chargeuses et dimensionné en conséquence.

Le godet à céréales optimise les gros volumes

Bon nombre d’agriculteurs s’équipent d’un godet à céréales pour la manutention de grain. Ce type de godet propose généralement un grand volume, à dimensionner en fonction de l’engin de manutention, afin de limiter le nombre de manutentions. Il bénéficie d’un profil assez effilé adapté à la reprise du grain, par nature plus filant que la terre ou le sable. L’épaisseur de tôle varie généralement avec la capacité, pas tant pour la résistance au poids du grain, mais "davantage pour être en phase avec les capacités de poussée de l’engin de manutention", confie Simon Garandel de la société bretonne Magsi. Certains spécialistes de godets dotent les modèles à céréales d’ouïes arrondies, afin d’augmenter le volume chargé.

Pour une même capacité, certaines marques proposent différents gabarits, afin de répondre aux besoins de volume et aux contraintes de gabarit. "Ce sont les modèles de 2 500 et 3 000 l, en largeur de 2,45 m (gabarit routier), qui sont les plus vendus", confie Christelle Jullich, de Lamy Les Constructeurs. Compter, selon les marques, entre 3 000 et 5 000 euros pour un godet de cette capacité. Pour une utilisation intensive, le choix d’une lame interchangeable boulonnée est à privilégier à la lame soudée.

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