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Quelle taille de bec à maïs faut-il monter sur l’ensileuse ?

La vitesse de travail de l’ensileuse dépend de la puissance du moteur, de la largeur du bec à maïs et du rendement en fourrage. Elle doit permettre aux ensembles tracteur et remorque de suivre sans difficulté, tout en limitant la consommation de carburant.

À puissance égale d’ensileuse automotrice, la taille moyenne des becs de récolte change d’une région à l’autre. Elle est guidée par le rendement moyen du maïs, qui peut, par exemple, varier de 10 à 12 tonnes de matière sèche par hectare (18 tMS/ha avec de l’irrigation) en Pays de la Loire et se situer généralement entre 15 et 20 tMS/ha en Bretagne et Normandie. « En Vendée, les ensileuses de 400 chevaux sont courantes en Cuma. Ces machines ont longtemps été équipées de becs 6 rangs, mais la tendance est aujourd’hui au montage de modèles 8 rangs. Avec une tête de récolte plus large, la puissance de l’ensileuse est pleinement valorisée et la qualité de hachage et l’éclatement des grains sont meilleurs, grâce à l’alimentation plus régulière. Comme l’automotrice roule moins vite, le chauffeur fatigue moins et la mécanique est davantage préservée. De plus, nous observons de meilleurs débits de chantier avec une ensileuse de même puissance équipée d’un bec 8 rangs plutôt qu’avec un 6 rangs. Nous constatons également moins de pertes lors du détourage », indique Michel Seznec, conseiller machinisme à l’Union des Cuma des Pays de la Loire. Dans cette région, le bon rapport puissance-largeur de travail est de 50 chevaux par rang, alors qu’en Bretagne et en Normandie, il se situe plutôt entre 65 et 75 chevaux par rang.

Viser entre 5 et 6 km/h

« Dans la Manche, nous observons un débit moyen à l’ensilage de 10 tMS par heure par tranche de 100 chevaux de puissance de l’ensileuse. Ainsi, avec une automotrice de 700 chevaux et un bec 10 rangs dans du maïs à 15 tMS/ha, nous obtenons un débit théorique de récolte de 4,7 ha/h. En réalité nous sommes à 3,5 ha/h, du fait du temps perdu durant les manœuvres. Oscillant ainsi entre 5 et 6 km/h, la vitesse de travail est idéale pour que les remorques suivent sans difficulté. Le fait de rouler plus vite impose d’utiliser des tracteurs plus puissants pour des bennes de même taille et engendre de la consommation supplémentaire de carburant. En revanche, une allure trop faible peut s’avérer handicapante dans des terres peu portantes, où plus l’ensemble passe vite, moins il risque de s’embourber. En cas de maïs versé, il est également préférable d’avoir un minimum de vitesse pour bénéficier d’un meilleur comportement du bec », illustre Christian Savary, conseiller machinisme à la chambre d’agriculture de Normandie. Dans cette région, comme en Bretagne, les ensileuses de 600 chevaux demeurent courantes en Cuma, mais elles côtoient de plus en plus des machines d’ETA développant entre 800 et plus de 1 000 chevaux.

 

 
© Source : Union des Cuma Pays de la Loire

 

Allier conso mini et débit maxi

Affichant entre 80 et 95 chevaux par rang, les automotrices les plus puissantes permettent de récolter de grandes surfaces dans la journée tout en terminant en fin d’après-midi, afin d’avoir le temps de bâcher le silo. Elles demandent en revanche des aires de stockage adaptées pour accueillir les norias de remorques et une sacrée logistique, tant en termes de confection du silo que de transport. Une étude des Cuma révèle d’ailleurs qu’une augmentation de 100 chevaux de la puissance de l’ensileuse mobilise d’une à trois bennes en plus, selon leur volume de chargement et la distance entre le silo et la parcelle (voir tableau). « Les becs montés sur les grosses ensileuses automotrices ne sont pas toujours correctement dimensionnés, constatent Benjamin Harris, chef produit ensileuses Claas. En étudiant les données Telematics de la dernière campagne de maïs ensilage pour quatre Jaguar 970 de 790 chevaux ayant travaillé dans des maïs aux rendements comparables (50 t/ha de matière brute), j’ai relevé de meilleures performances avec les deux modèles équipés d’un cueilleur Orbis 900 (12 rangs), comparé aux deux autres machines dotées d’un Orbis 750 (10 rangs). Avec le plus grand bec, le débit de chantier est supérieur de 0,2 ha/h, alors que l’ensileuse avance moins vite. La consommation est aussi à l’avantage de l’Orbis 900, avec 0,65 l/tMS récoltée, contre 0,75 à 0,80 l pour l’Orbis 750. »

Des chevaux absorbés par l’éclateur

Dans le dimensionnement de l’ensileuse, le relief et la portance des sols sont des éléments à prendre en compte. Par exemple, dans les zones humides ou les terrains vallonnés, le pont arrière moteur peut se révéler incontournable et sa présence entraîne de la consommation de puissance. La longueur de hachage joue aussi un rôle. Plus le produit est coupé court, plus le moteur est sollicité. Le réglage de l’éclateur agit également sur la puissance absorbée. Plus les rouleaux sont rapprochés pour broyer le grain et plus leur différentiel de vitesse de rotation est important, plus ils demandent de chevaux. La technologie Shredlage, vulgarisée en France par Claas, est par exemple assez énergivore.

 

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