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Quelle pompe choisir pour son pulvérisateur ?

Pompes centrifuges, à pistons-membranes, à membranes ? Entraînement mécanique ou hydraulique ? Plusieurs solutions technologiques sont proposées sur le marché, chacune avec leur lot d’avantages et d’inconvénients.

« Du débit, de la pression et une bonne capacité d’amorçage : ce sont les trois qualités que l’on demande à une pompe de pulvérisateur en grandes cultures », précise Laurent Vigouroux, responsables produits chez John Deere. Et toutes les pompes n’ont pas vraiment réellement les trois réunies.

Le marché des pulvérisateurs agricoles utilise principalement deux types de pompes : les modèles centrifuges et les pompes à pistons-membranes. Hardi-Evrard se distingue avec des pompes à membranes, héritage de la marque danoise, mais dont les propriétés sont proches de celles des modèles à pistons-membranes. La pompe centrifuge est une pompe rotative aspirant par le centre et refoulant en périphérie. C’est la rotation des aubes qui la composent, qui permet le refoulement en utilisant la force centrifuge. Le refoulement engendre une dépression et donc l’aspiration. Plus la rotation est importante, plus le débit est élevé. Ce type de pompe permet d’aspirer de gros volumes avec un mécanisme relativement peu encombrant. En revanche, l’absence de cloison physique entre l’aspiration et le refoulement a deux conséquences. Dès lors qu’il y a des freins au refoulement, comme un filtre à maillage fin ou des buses demandant des pressions de fonctionnement élevées (buses à injection d’air par exemple), le débit diminue rapidement. « Une pompe de 800 l/min descend à 250 l/min, lorsque l’on travaille à 2,5 bars avec des buses à injection d’air », illustre François-Xavier Janin, chef de produits pulvérisateur pour Berthoud et Tecnoma. L’autre impact concerne l’aspiration : la pompe centrifuge doit être gavée d’eau pour s’amorcer et entamer l’aspiration dans une réserve positionnée plus bas que la pompe, comme dans le cas d’une citerne d’eau enterrée. Pour le gavage, certains constructeurs retiennent une petite pompe à pistons-membranes, opérationnelle au moment de l’amorçage. D’autres utilisent différents artifices. « La pompe centrifuge biturbine Omega de Berthoud dispose de deux compartiments (basse et haute pressions), ce qui lui permet d’être suffisamment gavée en eau pour amorcer le pompage », explique François-Xavier Janin. « Sur les pulvés traînés John Deere 700 R et 900 R, en positionnant la pompe juste en dessous du point le plus bas de la cuve, la pompe s’amorce toute seule », indique Laurent Vigouroux. « On peut s’aider de la cuve de rinçage pour amorcer », remarque Luc Monville, directeur commercial et marketing Kuhn Blanchard.

La pompe à pistons-membranes est autoamorçante

En revanche, la pompe centrifuge présente l’intérêt d’être sans entretien. Ce qui n’est pas le cas de la pompe à pistons-membranes, dont il faut vérifier le niveau d’huile régulièrement. Selon l’intensité d’utilisation, une vidange, le remplacement des membranes, ainsi que la vérification de l’état des soupapes doivent être réalisés tous les 1 à 5 ans : compter deux à quatre heures de travail.

Selon les modèles, la pompe se compose de deux à six pistons-membranes. Animé par la prise de force, le piston immergé dans l’huile est solidaire d’une membrane qui fait varier le volume de la chambre de pompage. Une soupape d’aspiration en amont et une seconde de refoulement n’autorisent qu’un flux unidirectionnel du liquide. De ce fait, la pompe à pistons-membranes présente l’avantage d’être autoamorçante, en générant un effet d’aspiration par vide d’air.

Des pompes multitâches ou spécifiques

En outre, les pompes à pistons-membranes souffrent peu de la chute de débit avec des buses exigeant des pressions élevées. Cependant, pour atteindre des débits élevés, il faut un modèle de grosse dimension ou doubler, voire tripler le nombre de pompes. « En fait, le débit important n’est utile qu’au remplissage, explique Emmanuel Lévêque, chef produits pulvé Amazone. Et ça vaut principalement pour la fertilisation azotée. Pour les produits phytosanitaires, c’est bien souvent l’incorporation qui est le facteur limitant. Nos appareils haut de gamme disposent de deux pompes à pistons-membranes, l’une pour l’agitation, l’autre pour la pulvérisation. Au remplissage, qui peut s’effectuer simultanément à l’incorporation, les deux pompes travaillent de concert pour fournir 520 l/min. Et l’effet Venturi de l’incorporation s’ajoute à ce débit une fois l’intégration des produits réalisés pour atteindre 700 l/min. » Selon les marques et les gammes, les pulvérisateurs bénéficient soit d’une ou plusieurs pompes servant aussi bien à l’aspiration qu’à l’agitation et la pulvérisation, soit d’une pompe pour des fonctions spécifiques, limitant le nombre de composants à rincer, donc le volume mort. Sur certains appareils, une petite pompe sert exclusivement à la cuve d’eau claire. « Cela permet de diluer le volume mort et non pas uniquement le fond de cuve », explique Laurent Vigouroux. Chez Horsch, cette pompe sert aussi au gavage de la pompe centrifuge. « Le rinçage est plus rapide et nécessite moins d’eau », déclare Matthieu Noroy, responsable produit de la marque.

L’entraînement hydraulique gagne du terrain

Généralement proposé en option sur les pulvérisateurs traînés haut de gamme, l’entraînement hydraulique des pompes semble trouver de plus en plus d’adeptes. Dès lors que le tracteur dispose d’un débit suffisant (50 à 70 l/min), l’animation hydraulique des pompes dispense de cardan. Géré automatiquement, le régime de la pompe s’adapte aux besoins en débit instantané, en fonction de la vitesse et du nombre de tronçons ou buses ouverts. « Si le pulvé n’a pas besoin de débit, le régime de la pompe chute », explique Pierre-Marie Verbeke, directeur commercial d’Hardi-Evrard. En évoluant à faible régime moteur, le tracteur consomme moins de carburant.

L’entraînement hydraulique de la pompe permet de placer celle-ci au plus près de la sortie de cuve et de la rampe, réduisant le volume résiduel.

Attention cependant à bien veiller à ce que l’hydraulique du tracteur soit suffisamment réactive pour pouvoir assumer l’enclenchement de l’essieu suiveur et/ou de la géométrie variable, sans impacter le régime de la pompe.

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