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ETA - "Nous demandons plus d’équité avec le monde agricole en temps de crise", affirme Philippe Largeau, président de la FNEDT.

En congrès annuel à Arles, la FNEDT dresse un constat préoccupant et appelle à un plus grand soutien de la part des services de l’État.

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Avec 160 000 actifs, les entrepreneurs du territoire sont devenus des acteurs incontournables du paysages agricoles. Subissant les contraintes comme les agriculteurs, ils demandent aussi à pouvoir bénéficier d'aides les années difficiles.
© Claas

Les 6 et 7 mars, la fédération nationale des entrepreneurs du territoire (FNEDT), qui regroupe les entrepreneurs de travaux agricoles (ETA), de travaux ruraux (ETR) et de travaux forestiers (ETF), s’est réunie en congrès à Arles (Bouches-du-Rhône). L’occasion de faire le point sur une "année 2024 sans précédent", selon son président Philippe Largeau. Ce dernier constate "une perte de chiffre d’affaires allant de 5 à 80 % (20 % en moyenne), en fonction des secteurs géographiques et du type d’activité. Au-dessus de la Loire, la baisse reste légère. En revanche, la crise viticole profonde, que connaissent le Bordelais et le Cognac, est beaucoup plus impactante. Les difficultés climatiques ont également sévèrement impacté le Poitou-Charentes. Quant aux types d’activité, le monde forestier est certainement parmi les plus affectés". Selon la FNEDT, les entrepreneurs de travaux forestiers, dont la masse salariale a baissé de 14,4 % en 2024, sont dans une situation critique pour 20 % d’entre elles : des demandes d’aide d’urgence ont été réalisées auprès des services de l’État. Une aide indispensable pour leur survie.

Revoir la politique tarifaire

Du côté des entreprises de travaux agricoles, le moral suit bien sûr celui de leurs clients agriculteurs. "Quand l’agriculture va mal, les ETA vont mal : elles voient leur chiffre d’affaires se réduire, car elles sont moins sollicitées, et le nombre d’encours augmente", explique Philippe Largeau. Pour renforcer la profession, le président appelle les entreprises à se remettre un peu en cause et à revoir leur politique de prix. "On a trop souvent calculé nos prix en fonction des moyens financiers des clients. Mais cette méthode n’est plus durable. Pour consolider nos entreprises, nous devons calculer de manière précise nos coûts de revient et appliquer une marge", conseille Philippe Largeau, qui appelle les ETAse comporter en confrères et non plus en concurrents. La guerre des tarifs entre ETA voisines tire tout le monde vers le bas et fragilise leur santé financière."

Soutenu ni par les banques, ni par l’État

Mais le président appelle surtout à plus d’appui de la part du système bancaire et à une meilleure reconnaissance de l’État, sous forme d’aides notamment en situations de crise. "Nous étions 20 000 ETA, ETR, ETF en il y a dix ans et 95 000 actifs, rappelle Philippe Largeau. Nous sommes aujourd’hui 22 000 entreprises et le nombre d’actifs a augmenté de 60 % pour atteindre 160 000, preuve que notre place dans le paysage agricole et rural est de plus en plus ancrée. Mais nous n’avons pas la reconnaissance au niveau de l’État." Pour étayer son propos, Philippe Largeau cite pour exemple plusieurs amendements ajoutés au projet de loi d’orientation agricole par certains sénateurs de différentes couleurs politiques visant à rattacher les ETA aux activités réputées agricoles (article 12 ter A). Une mesure ayant pour objet de faciliter l’accès des ETA aux dispositifs d’aides, de financement et d’accompagnement proposés par les différentes structures publiques. Ce rattachement a finalement été sabré par le gouvernement dans la version définitive adoptée le 20 février dernier.

Les mêmes contraintes, mais aussi les mêmes aides que les agriculteurs

De quoi susciter la colère de Philippe Largeau qui se justifie : "comme les agriculteurs, nous sommes toujours plus ciblés par les réglementations, toujours plus contrôlés. Et nous l’acceptons. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons invité Serge Zaka, agroclimatologue, comme grand témoin de notre congrès cette année, pour essayer de mieux comprendre comment notre environnement va évoluer et comment nous devons nous intégrer dans ce nouveau contexte. Mais quand la situation devient plus difficile, comme les agriculteurs, nous avons besoin d’être épaulés : nous voulons plus d’équité".

Le président appelle aussi à rendre la réglementation plus souple. "Cela va parfois à l’excès", explique-t-il, qui cite comme exemple la taille des haies. "Une haie agricole en bordure de route ne peut être taillée côté champ que du 15 mars au 15 août, alors que les collectivités peuvent le faire côté route durant cette période : c’est totalement incohérent." Philippe Largeau demande une "départementalisation de cette réglementation" et un peu plus de pragmatisme. "En termes de législation, on a la fâcheuse habitude de faire plus blanc que le blanc en France. Dans la nature, la période de nidification n’est pas la même entre Arles et Arras. Les restrictions ne doivent donc pas être les mêmes. De plus, les nids sont construits à l’intérieur des haies, pas en bordure. Nous demandons un assouplissement de la législation pour pouvoir tailler les 3-4 premiers centimètres."

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