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Machinisme : Actualité sur le matériel agricole : tracteur, moissonneuse-batteuse, ensileuse, travail du sol, charrue, semoir

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Peser pour mieux rationner

Sur godet ou mélangeuse, les dispositifs de pesée s’avèrent indispensables pour rationner les animaux au plus près de leurs besoins. Question de performances et de coût alimentaire.

Qu’il soit installé sur chargeur frontal ou télescopique, le godet désileur est rarement équipé d’origine d’un système de pesée. Lorsque le client en fait la demande, le concessionnaire monte un dispositif fourni par des spécialistes de la pesée (Genitronic ou RDS pour les godets). Tous reposent sur la même technologie de capteurs de pression hydraulique et peuvent être installés sur toutes les machines, neuves ou anciennes, sans modification de l’équipement. Les capteurs de pression sont connectés par un simple raccord en T sur le circuit hydraulique et reliés à une console informatique qui calcule le poids.

Sur un télescopique, la pesée se déclenche pendant le levage de la flèche, au passage devant un capteur de position (mode dynamique). Sur un chargeur frontal, elle peut se faire soit en mode dynamique soit en mode statique. Dans ce cas, l’outil est immobilisé à une hauteur prédéfinie par l’utilisateur et le poids s’affiche en continu. Le système fonctionne comme une balance.

Enregistrement et cumuls des quantités distribuées

Christian Jeanjacquot, de Genitronic, rappelle que la pesée statique sur un télescopique, « pratiquée par certains acteurs du marché », est « non conforme à la législation » car ce montage court-circuite le clapet de sécurité du bloc hydraulique, au risque d’une chute de la flèche en cas de rupture d’un raccord.

Une console, installée en cabine, délivre le poids des produits chargés dans le godet désileur avec une précision annoncée de 1 % (Genitronic) ou de 2 % (RDS). Cela permet de peser les fourrages et les concentrés, mais pas les produits légers comme les minéraux. L’utilisateur enregistre les consignes de chargement. Une alarme de surcharge (lumineuse ou sonore) le prévient lorsque le poids désiré est presque atteint. Les quantités distribuées sont enregistrées au jour le jour et peuvent être imprimées. Le prix (tarif Genitronic) de ces équipements de pesée embarquée sur godet désileur varie de 1 600 euros (avec montage) pour un chargeur frontal à 3 500 euros pour un télescopique.

Trois niveaux d’équipements sur les mélangeuses

Sur les mélangeuses, les dispositifs de pesée sont aujourd’hui reconnus comme un élément essentiel, même si la France a du retard par rapport à certains pays voisins. Mais, c’est sur le niveau de fonctionnalités que se fait encore la différence. « À l’étranger, les éleveurs sont plus avancés sur l’utilisation de la pesée programmable et le transfert de données », indique Pierrick Blanchard de la société Kuhn. Les constructeurs proposent généralement trois niveaux d’équipement : la pesée simple, la pesée programmable et enfin la gestion et le contrôle de l’alimentation. Ce dernier niveau est très peu répandu dans notre pays. « En France, nous vendons 60 % de pesée simple et 40 % de pesée avec programmation », explique Gilles Jouan, de la société allemande BVL.

Comme pour les godets, les équipements sont fournis par des spécialistes de la pesée (PTM, Dinamica Generale, Digi-Star…). La pesée est assurée par un ensemble de pesons qui font la jonction entre le châssis et la cuve, dont le nombre (de 3 à 8) dépend de la taille de la mélangeuse. La pesée simple, généralement de série, permet de cumuler le poids des matières chargées dans le bol et de les décompter pendant la distribution. Avec la pesée programmable, l’éleveur rentre ses rations à l’animal dans la console et indique le nombre de bêtes à nourrir. Le programme calcule le poids à charger pour chaque matière. Kuhn propose la pesée programmable de série. Lorsqu’elle est en option, le coût du modèle de base se situe autour de 350 à 400 euros.

La lecture des informations de pesée se fait sur une console positionnée sur la mélangeuse. Mais, des accessoires permettent de déporter les données au plus près de l’utilisateur : répétiteur filaire à un autre endroit de la machine, rappel d’affichage sans fil à installer dans la cabine… Depuis le 1er janvier, Kuhn propose un pack qui inclut un téléphone mobile endurci (sans carte Sim) pour communiquer, via une application, avec le terminal de la mélangeuse (par wifi).

Contrôle à distance de la distribution

Les constructeurs ont dans leur catalogue un troisième niveau d’équipement qui permet le transfert de données à double sens entre la console de la machine et l’ordinateur de l’éleveur. Un logiciel maison donne accès à différentes fonctions selon l’option retenue : définition et transfert des rations, historique des chargements et déchargements, gestion des stocks, lancement automatique d’achats chez le fournisseur (Kuhn), calcul du coût alimentaire… BVL propose un des systèmes les plus évolués. Une box, connectée à la console de pesée, communique avec un terminal PDA 3G par bluetooth. Les données sont transférées en temps réel sur le cloud de la marque. Une application web, avec plusieurs niveaux d’abonnement (de 0 à 30 €/mois), permet un pilotage très poussé de l’alimentation et un contrôle à distance de la distribution. Ce système peut s’installer sur toutes marques de mélangeuses. BVL a présenté récemment un système de contrôle du mélange. Une caméra embarquée sur la mélangeuse, associée à un logiciel de traitement d’image, analyse la qualité du mélange. Elle peut être couplée à un dispositif de débrayage du mélange. Le coût de ces systèmes de gestion de données peut aller d’environ 1 500 euros à plus de 5 000 euros selon le degré de sophistication.

 

Charger un godet sans descendre de la cabine

Le constructeur Emily propose un godet connecté qui gère le chargement et la distribution des fourrages et des aliments secs sans descendre de la cabine de l’engin porteur, le Prémix Mélodis. Ce système associe un godet équipé d’une pesée embarquée avec une trémie peseuse mélangeuse qui prépare le mélange des aliments secs. La trémie est commandée à partir d’une tablette tactile équipée d’un logiciel de rationnement (Optifab), qui permet de lancer à distance la fabrication de l’aliment et le déchargement dans le godet. La communication se fait par liaison wifi. Le logiciel calcule également le nombre de godets à distribuer en fonction de son volume et de la densité des aliments. Le système Prémix peut être utilisé avec une mélangeuse. Il suffit d’adapter la taille de la trémie peseuse mélangeuse au volume de l’engin de distribution.

 

L’automotrice qui dialogue avec ses adhérents

Lucas G vient de lancer un service qui permet de faire communiquer une désileuse automotrice avec ses adhérents via un modem GPRS. Les éleveurs composent leur ration sur un site internet. Lorsque le chauffeur arrive sur une exploitation, la console de la machine affiche la ration à distribuer. L’éleveur peut modifier sa ration sans avoir à en avertir le chauffeur. Sur le site internet, il a accès à un rapport quotidien : quantités distribuées, temps passé sur l’exploitation… C’est donc aussi un outil de facturation pour les adhérents de la Cuma. Ce système peut s’installer sur toute marque de machine.

 

« Un godet mélangeur chargé avec précision »

Conserver un godet mélangeur tout en gagnant du temps et de la précision dans la préparation de la ration, tel était l’objectif de Catherine Bier, éleveuse à Chateauneuf-du-Faou dans le Finistère, installée depuis trois ans en SCL avec deux associés. « Mon installation a permis d’agrandir le cheptel qui compte désormais 120 vaches laitières. Notre ancien godet mélangeur ne pouvait plus suivre la cadence, mais nous ne souhaitions pas nous diriger vers un bol mélangeur qui défibre trop la ration et offre une distribution moins régulière, en comparaison au godet à pales », retrace l’éleveuse. Les associés ont ainsi opté l’an dernier pour un godet mélangeur Emily Melodis de 6 mètres cubes attelé à une chargeuse achetée d’occasion. Le godet est associé au dispositif Premix, une cuisine de préparation des aliments secs entièrement automatisée, que Emily a développé en collaboration avec Tuffigo Rapidex, spécialiste de l’alimentation des élevages hors-sol.

Une heure pour alimenter 120 vaches

« L’alimentation des 120 VL impose la préparation et la distribution de six godets, ce qui représente d’une heure à une heure quinze de travail », estime Catherine Bier. Avant toute opération, il est nécessaire de sélectionner la ration et le nombre de vaches depuis l’écran tactile de la cuisine. Le Premix débute automatiquement la préparation du mélange pour le premier godet. Une trémie de mélange de 500 litres, montée sur pesons, est alimentée par huit vis qui s’arrêtent lorsque le poids de chaque composant programmé est atteint. « Notre installation comporte cinq trémies à minéraux, ainsi que deux silos pour les tourteaux de soja et colza. Le dernier ingrédient est la céréale aplatie ???????? issue d’un aplatisseur, dont le fonctionnement est couplé à celui du Prémix », détaille l’éleveuse. Après avoir chargé un peu de paille de colza, l’opérateur vient placer le godet sous la vis de vidange de la trémie du Premix. Il charge ensuite le foin en vrac, puis l’ensilage de maïs. La chargeuse est équipée d’un système de pesée et d’une tablette tactile reproduisant le même écran que celui de la cuisine, les deux communiquant par wifi.

Tout se fait sans descendre de la cabine

« C’est très rassurant pour mes associés ou nos deux salariés qui sont amenés à préparer la ration. C’est aussi beaucoup moins fatigant que de charger manuellement les 450 kg d’aliments secs. Dorénavant, on ne descend plus de la cabine ! », insiste l’éleveuse. Pour chaque aliment, l’écran indique la quantité à charger. Le système de pesée affiche la quantité réellement chargée. Une donnée intégrée pour corriger le chargement des godets suivants. « On profite dorénavant d’un suivi très précis de la ration, sans les erreurs liées aux habitudes de chargement de chacun. On peut ajuster chaque jour si nécessaire le nombre de vaches. » Le paramétrage du système et la traçabilité des rations sont assurés en parallèle depuis l’ordinateur de l’exploitation, à l’aide d’une clef USB, le wifi n’offrant pas une portée suffisante sur l’exploitation. « L’enregistrement d’une nouvelle ration est très simple. Il suffit de sélectionner les ingrédients puis d’indiquer pour chacun la quantité par vache. Nous avons programmé cinq rations sur le Premix : deux pour les vaches laitières (semaine et week-end), deux pour les génisses (plus ou moins de 6 mois) et une pour les taries. Pour les trois dernières, on n’utilise pas le godet mélangeur, faute d’accessibilité aux vieux bâtiments. Le mélange préparé est distribué au seau. » L’arrivée du Premix s’est également traduite par une gestion très fine des stocks. « On dispose d’une autonomie de 20 jours pour le tourteau et ça ne fluctue pas », apprécie l’éleveuse.

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