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Moissonneuse-batteuse - Les pneus évoluent pour maîtriser la compaction et le gabarit

Les constructeurs de moissonneuses-batteuses ont vu leur catalogue de pneumatiques s’étoffer ces dernières années, afin de concilier gabarit routier, hautes performances et respect du sol.

Les moissonneuses-batteuses affichent des capacités toujours croissantes. Les plus puissantes des dernières générations frôlent les 800 chevaux et disposent d’une trémie jusqu’à 18 000 litres, des valeurs multipliées par deux en 20 ans. Parallèlement, le poids des machines suit la même logique. Les largeurs autorisées sur la route restent les seuls paramètres qui ne changent pas. La largeur hors-tout ne doit pas dépasser les 3,50 mètres sans véhicule d’accompagnement et 4,50 mètres (avec escorte) pour ne pas figurer dans la famille des convois exceptionnels. Dans la mesure du possible, la main-d’œuvre étant pleinement mobilisée, les céréaliers et entrepreneurs cherchent à ne pas dépasser les 3,50 mètres pour circuler en toute autonomie sur les routes. Or, les pneumatiques qui servent à limiter le tassement du sol sont généralement en cause dans le gabarit imposant de ces automotrices.

 

Plus de charge, plus de surface d’empreinte

Pour répondre à toutes ces contraintes, les caractéristiques des pneumatiques ont beaucoup évolué ces deux dernières décennies.

Les indices de charge ont augmenté, ce qui a permis d’absorber une partie de la prise de poids des moissonneuses-batteuses et/ou d’abaisser la pression de gonflage pour augmenter l’empreinte au sol sans impacter le gabarit.

Parmi ces nouvelles générations, sont apparus en récolte les pneus IF (improved flexibility – flexibilité améliorée) et VF (very improved flexibility – flexibilité beaucoup améliorée) qui, du fait de flancs de conception spécifique, permettent de réduire respectivement de 20 et 40 % - certains manufacturiers annoncent jusqu’à 55 % - la pression pour une même charge appliquée ou d’augmenter des mêmes valeurs la charge pour une même pression comparativement à un pneu classique de taille identique. En outre, entre un VF et un pneu classique, pour une même charge appliquée, la surface d’empreinte peut être accrue jusqu’à 25 %, principalement dans le sens de sa longueur.

 

Des pneus jusqu’à 2,10 m de diamètre

L’autre moyen d’accroître l’empreinte dans sa longueur consiste à augmenter le diamètre du pneumatique. En l’espace de deux décennies, les moissonneuses-batteuses se sont ainsi équipées de pneumatiques de plus grande taille. Quand une machine de 300 chevaux acceptait des pneus de 1,65 m de diamètre à l’avant au début des années 2000, une moiss-batt de même puissance aujourd’hui peut loger des modèles de 1,95 mètre. La monte des plus grosses machines tutoie aujourd’hui les 2,05-2,10 mètres. Même constat pour les pneus arrière, qui atteignent désormais 1,75 m de diamètre et 750 millimètres de large.

Aussi, la combinaison de la technologie VF et l’augmentation des diamètres permettent aujourd’hui d’avoir une plus grande empreinte au sol avec un VF de 710 millimètres (710/70R42) qu’un 900 millimètres (900/60R32) à carcasse standard. Le gabarit reste inférieur à 3,50 mètres de large dans le premier cas, quand une escorte est obligatoire dans le second.

 

La chenille en alternative

Malgré tout, vu l’augmentation importante des capacités de trémie, l’impact sur la compaction des sols demeure globalement neutre, quand il n’est pas négatif sur certains modèles. Sur les plus grosses moissonneuses-batteuses, qui dépassent les 19 tonnes à vide, les constructeurs n’ont eu d’autres choix que de monter des chenilles, aussi bien pour l’homologation routière que pour limiter la compaction des sols. En agrandissant de manière conséquente la longueur d’empreinte, les machines à chenilles sont bien souvent plus compactes que les celles à pneus. La tendance chez les constructeurs pousse à étoffer cette solution sur les modèles plus petits. Les évolutions sur les chenilles en termes de suspension ont en effet gommé un gros point noir, outre le prix, à savoir le confort.

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