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Matériel Agricole : Quels impacts de la guerre en Ukraine sur l’entreprise Grégoire Besson ?

Marc Besson, responsable marketing chez Gregoire Besson, se veut rassurant quant à l’activité de la firme familiale en cette période de conflit entre la Russie et l’Ukraine, deux clients importants à l’export.

Marc Besson est le fils de Patrick Besson, président directeur général de la société Grégoire Besson spécialisée dans la fabrication de matériels de travail du sol. Dans l’entreprise familiale implantée à Montigné dans le Maine-et-Loire, il assure la fonction de responsable marketing. Il nous informe sur l’activité actuelle de la firme en Ukraine et en Russie et nous éclaire sur la situation dans ses usines françaises.

 

1 - Réussir Machinisme : Pouvez-vous nous donner les chiffres clés de Grégoire Besson ?

Marc Besson : Notre entreprise familiale emploie 350 salariés dans le monde et produit chaque année 2 000 machines. Nous sommes présents dans plus de 80 pays, disposons de 7 filiales et réalisons un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros (donnée 2021). Ce montant est réalisé à 50 % par les charrues, à 30 % par les outils à disques et à 20 % par les outils à dents.

 

2 - R. M. : Avec des machines de très grandes largeurs à votre catalogue, votre activité commerciale dans les pays de l’Est est-elle importante ?

M. B. : Grégoire Besson réalise 50 % chiffre d’affaires à l’export. La Pologne, l’Ukraine et la Russie représentent un niveau d’activité important et nous disposons d’ailleurs d’une filiale dans chacun de ces trois pays. Les charrues de 10 à 12 corps y constituent le cœur du marché et nos déchaumeurs Normandie à disques indépendants de 12 mètres d’envergure y sont plébiscités.

 

3 - R. M. : Comment cela se passe actuellement dans votre filiale ukrainienne ?

M. B. : Notre filiale en Ukraine emploie 10 salariés, dont trois sont mobilisés par l’armée. Comme elle se situe dans le centre du pays (200 km au sud de Kiev), elle n’est heureusement pas sous les bombes. Nous avons proposé aux salariés de leur venir en aide et même de les rapatrier en France, mais ils souhaitent rester dans leur pays. Ils travaillent toujours, car l’activité à l’ouest de l’Ukraine continue.

 

4 - R. M. : Livrez-vous toujours du matériel en Ukraine et en Russie ?

M. B. : La production et l’expédition des machines à destination de l’Ukraine et de la Russie ont été stoppées au profit d’autres marchés. Cependant, comme les matériels commandés ont été payés par les concessionnaires des deux pays en conflit, nous devrons à terme les livrer. Les Russes ne se considérant pas en guerre, ils s’organiseront certainement pour venir récupérer leurs machines. Seuls des sanctions ou des embargos de la part de l’Europe ou de l’Etat français pourraient remettre en cause cette obligation.

 

5 - R. M. : Vos matériels sont consommateurs de pièces d’usure. Comment s’organisent les concessionnaires sur place pour s’approvisionner ?

M. B. : L’Ukraine et la Russie sont bien pourvus en fabricants de pièces d’usure pour nos machines. Même si nous conseillons d’utiliser les composants d’origine, les concessionnaires ont des solutions sur place pour servir les agriculteurs.

 

6 - R. M. : Quelles mesures avez-vous prises dans votre usine de Montigné (Maine-et-Loire) pour compenser l’arrêt de la production destinée à l’Ukraine et la Russie ?

M. B. : Le marché est heureusement très porteur et nous avons un an de travail devant nous, ce qui est rassurant pour l’entreprise et les salariés. Nous sommes en train de revoir le planning de fabrication, afin de livrer nos autres pays clients, à l’instar du Canada, de la Chine, de l’Italie et bien sûr de la France. La situation n’est à court terme pas du tout alarmante pour notre entreprise, mais il est difficile de faire des prévisions en cette période de conflit. 

 

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