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Les précautions pour adapter des équipements à sa moissonneuse-batteuse

Monter une rehausse de trémie ou un récupérateur de menue paille ne se fait pas à la légère. Certaines précautions doivent être prises avant toute installation.

Il existe toutes sortes d’équipements que les agriculteurs ajoutent ou font adapter sur leur moissonneuse-batteuse. Aussi, il est important de prendre en compte un certain nombre de précautions avant tout montage, afin de ne pas mettre en péril, en cas de casse ou d’accident, la garantie constructeur et/ou la prise en charge par l’assurance : les conséquences financières peuvent être importantes.

Deux volets réglementaires impliqués

En France, l’homologation des moissonneuses-batteuses répond au Code de travail, c’est-à-dire la directive machine, et au Code de la route. La directive machine implique que le constructeur réalise une analyse des risques et donne au client un livret d’utilisation et d’entretien : s’ensuivent un marquage CE et une autocertification pour laquelle le constructeur s’engage à préserver les opérateurs de tout risque. L’ajout ou la prolongation d’éléments mobiles sur une moiss-batt imposent que ces éléments bénéficient d’une marque CE et d’une autocertification de la société qui les fabrique. « Mais dans la mesure où l’on modifie une machine, il devrait, en théorie, être réalisé une nouvelle analyse de risque », explique René Autellet, ingénieur conseil.

Du côté du Code de la route, les moissonneuses-batteuses sont réceptionnées Maga (Machine automotrice genre agricole). Dans cette réception, qui se solde par le barré rouge, plusieurs volets peuvent être impactés par l’ajout d’équipements. Parmi eux, le poids total en charge définit la masse maximale de l’engin et ne doit pas être dépassé. La charge maximale à l’essieu définit la charge admissible sur chacun des essieux. Elle tient compte de la charge maximale admise par l’essieu lui-même, mais aussi des jantes et des pneumatiques avec lesquels la moissonneuse-batteuse est homologuée. Il est également important de respecter la répartition des charges indiquées dans la notice. Rajouter une masse de 500 kilogrammes à l’arrière, sur un essieu autorisant 6 tonnes et ne subissant que 5,5 tonnes à vide, peut sembler rentrer dans les clous. Mais selon l’endroit où cette masse sera positionnée, le transfert de charge pourra ou non occasionner une surcharge. Constructeur de récupérateurs de menue paille, Bionalan s’assure avant tout montage de la charge admissible sur l’essieu arrière. « Certaines machines proposent 2 tonnes de charge utile sur l’essieu arrière, explique Clément Bon, responsable commercial de la société ardennaise. Même avec les 900 kg du récupérateur et la trémie de 8 m3 pleine, nous sommes encore loin d’atteindre cette charge utile. »

Attention également aux dimensions, la largeur hors tout, le porte-à-faux avant ou le porte-à-faux arrière. Et même si ces valeurs rentrent dans les fourchettes indiquées par le barré rouge, il convient de ne pas oublier d’adapter la signalétique en cas de dépassement du gabarit initial, par exemple en apposant des panneaux réfléchissants latéraux, si l’on dépasse de plus d’un mètre.

Aussi, si l’on modifie le train roulant, comme en intégrant un lève-arrière (lève-cul) sur une machine non équipée à l’origine, une réception par type ou individuelle doit être exigée.

Des équipements non adaptés par construction

Mais les volets réglementaires ne sont pas les seuls facteurs à prendre en compte. La structure même de la machine n’est pas forcément conçue pour recevoir ces équipements. « Lorsque l’on augmente de 9 500 à 11 500 litres la capacité d’une machine qui peut bénéficier d’une trémie de 11 500 litres en option, le montage est toléré, explique Aurélien Pichard, chef produits moissonneuse-batteuse New Holland. Au-delà, c’est un autre débat. »

Coordinateur homologation chez Claas, Jean-Marie Bonnefond poursuit : « les supports sur lesquels viennent se greffer les rehausses ne sont pas forcément dimensionnés pour soutenir la charge supplémentaire. Même chose pour les récupérateurs de menue paille : si l’essieu est en mesure d’accepter deux tonnes supplémentaires, ce n’est pas le cas de la structure de la hotte. C’est encore plus vrai lorsqu’on perce ou soude le châssis. »

Dans tous les cas où les montages d’équipements ont occasionné de la casse sur la machine, tous les constructeurs interrogés ont refusé de prendre en garantie.

Jean-Loup Chatard, céréalier à Cognat-Lyonne, dans l’Allier

« La rehausse de trémie n’est utilisée que ponctuellement à son maximum »

« La rehausse de trémie n'est utilisée à sa pleine capacité que ponctuellement. »
« La rehausse de trémie n'est utilisée à sa pleine capacité que ponctuellement. »
© Jean-Loup Chatard

« J’ai acheté une rehausse de trémie sur ma moiss-batt John Deere S770 pour me donner de l’autonomie à détourer la parcelle, faire des allers-retours avec le cueilleur. De 10 500 litres, je suis passé à 16 000 litres. La S770 est le plus petit modèle de la gamme S, les plus grosses ayant plus de 14 000 litres de capacité. Elle est équipée de pneumatiques de grand diamètre pour avoir plus de capacité et un bon compromis tassement/largeur sur la route : je reste vigilant sur la pression de gonflage, que j’optimise sans faire souffrir la carcasse. Achetée environ 1 000 euros au Canada, cette rehausse me donne de la souplesse. Elle évite d’avoir un transbordeur ou une remorque dans la parcelle et je n’ai besoin que d’un chauffeur pour deux ou trois bennes, stationnées en bout de champ.

Au final, la pleine capacité n’est utilisée que ponctuellement, à l’exception de la récolte du tournesol, car c’est une récolte très légère. Même au maïs, je suis certain de ne pas dépasser la charge maximale, car je n’ai qu’un cueilleur 8 rangs, alors qu’on peut y atteler des cueilleurs 12, voire 16 rangs. »

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