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Les critères de choix d’un plateau fourrager

Longueur, charge utile, type d’échelles, trains roulants, freinage… les caractéristiques d’un plateau sont à analyser de près au moment de choisir le modèle le mieux adapté aux besoins de son exploitation.

Du fait de sa simplicité, le plateau fourrager est souvent relégué au second plan dans les stratégies d’investissement. Ce matériel de transport joue pourtant un rôle stratégique au moment de la récolte en acheminant les balles rondes ou carrées avec efficacité. Au moment de s’équiper ou de renouveler un appareil vieillissant, il convient de bien cerner ses besoins avant de se lancer dans l’analyse de l’offre des différents constructeurs de plateaux. Il est ainsi nécessaire d’estimer les distances que parcourra l’engin et quelles sont les contraintes liées à l’environnement : relief, accessibilité des parcelles… Quel est le nombre de balles, leur poids et leur dimension, que l’on souhaite transporter ? Une fois le cahier des charges établi, vient l’étape de la sélection des critères techniques.

Tourelle, sellette ou semi-porté

Le freinage double ligne pneumatique équipe très majoritairement les modèles homologués à 40 km/h.
Le freinage double ligne pneumatique équipe très majoritairement les modèles homologués à 40 km/h.
© Rolland

Les plateaux sont tout d’abord classés en deux grandes catégories : traîné à tourelle ou semi-porté. La première représente la très grande majorité des ventes. Leur rond d’avant-train sur l’essieu avant leur offre une bonne maniabilité et les rend facile à dételer au champ. En revanche, il complique les manœuvres en marche arrière et n’offre aucun report de charge sur le tracteur. En régions à fort relief où la motricité du tracteur est essentielle, mais aussi pour ceux qui ne veulent pas perdre de temps à manœuvrer, les modèles semi-portés sont une bonne alternative, à condition de ne pas avoir de virages trop serrés pour accéder aux parcelles. Il faudra parfois faire des concessions sur la longueur du plateau. Le dételage au champ sur la béquille impose également de la vigilance, cette dernière pouvant s’enfoncer lorsque le véhicule est chargé. Troisième catégorie plus marginale proposée par certains constructeurs, le plateau traîné à sellette, appelé aussi dolly, offre à la fois une bonne maniabilité en marche avant et un report de charge sur le tracteur. Cette conception favorise également la stabilité au freinage. En revanche, elle impose un surcoût dissuasif, ne facilite pas le dételage et peut être contraignante pour les manœuvres en dévers en limitant le débattement de l’essieu avant.

Faire le tri dans les capacités

La longueur et la charge utile du plateau doit être adaptée en fonction du poids et des dimensions des balles.
La longueur et la charge utile du plateau doit être adaptée en fonction du poids et des dimensions des balles.
© Ponge

Le catalogue des constructeurs multiplie les modèles mixant différentes longueurs et charges utiles. À longueur de plateau identique, le poids total en charge (PTC) peut fortement différer d’un modèle à l’autre en fonction du dimensionnement du châssis et des trains roulants. Les engins à tourelle à deux essieux couvrent des longueurs de 7 à 10 mètres, pour un PTC limité au maximum à 19 tonnes. Chez un même constructeur, un modèle de 9 mètres peut par exemple est disponible en quatre versions de PTC : 10, 13, 16 et 19 tonnes. En passant aux plateaux traînes à trois essieux, les longueurs varient de 9 à 12 mètres, valeur maximale autorisée par la législation. Les PTC s’échelonnent, selon les gammes, de 20 à 26 tonnes. À noter qu’il existe des plateaux intégrant un essieu tandem sur l’avant. Ces appareils offrent davantage de sécurité, mais conservent un PTC de 26 tonnes.

Plus limitée, l’offre en modèles semi-portés s’est toutefois élargie avec, chez certains constructeurs, des modèles de 12 mètres à essieu tridem culminant à 32 tonnes de PTC. Pour les petites structures, les plateaux à simple essieu offrent une longueur de 6 à 8 mètres et un PTC de 9 à 12 tonnes. Les modèles les plus répandus sont les deux essieux de 7 à 10 mètres, avec des PTAC de 16 à 24 tonnes. Les tridem de 32 tonnes sont autant demandés pour le transport de palox, que pour celui de balles.

Rouler à 40 km/h en sécurité

Le plateau 3 essieux traîné à tourelle est le plus répandu. Les échelles de ce modèle facilitent le chargement de balles rondes sur leur arrondi.
Le plateau 3 essieux traîné à tourelle est le plus répandu. Les échelles de ce modèle facilitent le chargement de balles rondes sur leur arrondi.
© Joskin

Les performances du plateau sont dépendantes des trains roulants utilisés. Le choix des pneumatiques, trop souvent négligé, est pourtant primordial pour ceux qui parcourent de longues distances avec de lourdes charges. Le pneu radial en dimension 445/45 R19.5 s’affiche comme la meilleure solution en termes de performances, tout en limitant la hauteur de chargement. Certains constructeurs proposent même un jumelage en 235/75 R17.5 pour être à moins de 1 mètre de haut.

Les modèles aux capacités les plus élevées sont généralement dotés d’une suspension d’essieu, équipement qui devient indispensable pour l’homologation à 40 km/h. Celle-ci s’accompagne aussi de contraintes au niveau du freinage, qui doit intégrer une commande à double ligne. Bien que la majorité des plateaux actuellement vendus soit encore équipée d’un freinage simple ligne hydraulique, l’obligation du double ligne à l’horizon 2025 doit faire réfléchir. Depuis 2018, tous les tracteurs neufs étant équipés d’un freinage double ligne, les exploitations dont le parc de tracteurs est récent ont tout intérêt à profiter dès à présent des avantages du freinage double ligne, à commencer par la possibilité de rouler à 40 km/h en toute légalité avec un véhicule homologué pour cette vitesse. Reste à choisir entre double ligne pneumatique ou hydraulique. Si à l’heure actuelle, le choix est laissé entre les deux technologies par bon nombre de tractoristes, l’offre du côté des constructeurs de plateaux est largement dominée par le pneumatique. Mais certaines marques prévoient de proposer les deux solutions avant 2025.

Des échelles de toutes formes

Le maintien des balles est assuré aux extrémités du plateau par les échelles, encore appelées, suivant les régions, ridelles, fourragères, échelons… La ridelle droite fixe est la plus courante pour transporter les balles carrées et les balles rondes déposées verticalement sur leur face plane. Pour ceux qui souhaitent plus de polyvalence et se laisser notamment la possibilité de positionner des balles rondes sur l’arrondi, les constructeurs proposent des échelles courbées ou en forme de « S ». Les échelles rabattables limitent l’encombrement à vide, mais elles imposent des interventions supplémentaires. Pour gagner en espace de chargement ou s’adapter à différents formats de balles, les échelles peuvent être montées sur support coulissant. Cette solution n’est pas disponible sur les plateaux de 12 mètres, qui ne peuvent recevoir que des échelles droites ne dépassant pas la longueur du plancher.

Sécuriser le chargement sans sangler

Dispositif de maintien latéral du chargement par sangles sur plateau à paille Ponge
Ponge propose d'équiper ses plateaux fourragers d'un dispositif de maintien latéral du chargement par sangles.
© Ponge

La sécurisation du chargement passe par le sanglage des balles. Mais il existe des solutions mécaniques pour se passer de cette tâche fastidieuse. Plusieurs marques en proposent selon deux approches : soit une tenue des balles par le dessus avec un dispositif sur mat coulissant, soit un maintien latéral à l’aide de barrières escamotables. Sur le terrain, ces équipements sont encore peu retenus par les agriculteurs du fait notamment de leur coût élevé. Ce sont surtout les utilisateurs réalisant un transport intensif, comme les producteurs de lin, qui les ont adoptés.

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