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Les 10 points clés pour réussir ses semis au monograine

Le maintien des performances des semoirs monograines passe par un bon entretien et par le remplacement des pièces d’usure. De petits défauts sont souvent la cause de gros soucis de distribution et/ou d’irrégularité de positionnement des graines sur le rang.  

La qualité de semis dépend pour beaucoup de l’attention apportée à l’entretien du semoir monograine.
La qualité de semis dépend pour beaucoup de l’attention apportée à l’entretien du semoir monograine.
© D. Laisney
  1. Des éléments semeurs bien bridés et au bon écartement

    © D. Laisney

    L’utilisation d’un semoir monograine en bon état limite les risques d’immobilisation durant la saison. Il faut alors s’assurer de l’absence de fissure sur le châssis et vérifier que les éléments semeurs sont bien bridés sur les poutres. Les butées et les guides des modèles télescopiques, ainsi que les articulations des appareils repliables, sont aussi à surveiller. Hormis des réglages d’interlignes spécifiques, les distances entre rangs doivent être identiques, afin notamment de faciliter les interventions de binage. L’absence de jeu latéral des éléments semeurs garantit également le respect des interrangs.

  2. Vérifier la turbine et son animation

    © D. Laisney

    Le système d’aspiration est un des éléments clés des semoirs monograines fonctionnant par dépression, car il conditionne le bon fonctionnement du système de sélection des graines, donc le respect de la densité de semis. Le premier composant à vérifier est le cardan entraînant la turbine. Il est important de le conserver en bon état, y compris sa protection, et de vérifier sa longueur par rapport au tracteur. Le graissage de ses croisillons et de son tube télescopique est à réaliser périodiquement. La maintenance de la turbine passe par le contrôle de ses roulements, ainsi que de l’état et de la tension de la courroie. Un patinage génère une insuffisance de dépression. Pour faciliter le réglage de la tension de la courroie, il existe des applications sur smartphone, à l’instar d’Easy Tension APP d’Hutchinson.

    Avec les appareils équipés d’une turbine animée par un moteur hydraulique, le débit du tracteur doit être suffisant et le tuyau de retour libre bien dimensionné pour limiter l’échauffement de l’huile. Par ailleurs, pour satisfaire à la réglementation, le monograine doit être équipé d’un déflecteur qui dirige, à l'aide de tuyaux, le flux d'air de la turbine vers le sol à une hauteur comprise entre 20 et 30 cm, afin de limiter la dispersion dans l’air des poussières provenant de l’enrobage des graines. Ce dispositif demande d’être nettoyé à l’aide d’une soufflette pour dégager les dépôts de terre et de graines brisées.

  3. Maintenir une aspiration optimale

    © D. Laisney

    « Un défaut d’aspiration se traduit par des manques de graines sur la ligne de semis », avertit Nicolas Levillain,  formateur technique et commercial chez Monosem. Les tuyaux assurant la dépression au niveau des éléments semeurs sont nombreux sur les monograines et, avec le temps, ils durcissent et deviennent cassants. Il est conseillé de vérifier leur état et le serrage de leurs colliers de maintien, ainsi que leur bonne fixation sur l’appareil pour éviter tout frottement susceptible de les perforer. Ces contrôles sont particulièrement importants sur les semoirs à châssis repliable ou télescopique, sur lesquels les tuyaux sont plus exposés à la rupture. Il faut aussi, sur certains appareils, vérifier les tubes des châssis par lesquels passe l’aspiration. Pour détecter d’éventuelles fuites, l’idéal est de faire fonctionner le semoir à vide.

  4. Gonfler les pneus à la pression préconisée

    © D. Laisney

    Les roues des semoirs monograines entraînant mécaniquement la distribution doivent être gonflées à une pression précise, car elles déterminent la densité par hectare. Des pneus sous gonflés engendrent un surdosage, puisque, comme il s’écrasent, ils réalisent davantage de tours pour parcourir une distance donnée. « Les problèmes de densité par hectare sont dus à 90 % au défaut de pression de gonflage, remarque Nicolas Levillain. Pour du maïs semé à 75 cm d’interrang, un manque de 0,1 bar par rapport à la pression préconisée entraîne un surdosage de 1 000 grains par rapport au réglage souhaitéÀ l’inverse, un surgonflage engendre un sous dosage. »

  5. Garantir un entraînement sans à-coup des distributions

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    Les monograines à entraînement mécanique demandent de l’attention au niveau de la chaîne cinématique. Les cardans, les barres hexagonales et les chaînes de transmission doivent évoluer sans à-coup. Les chaînes se lubrifient de préférence avec de la graisse sèche, évitant l’accumulation de poussière. Dans la boîte de distance, les chaînes doivent être bien alignées et les tendeurs fonctionnels. Le bon fonctionnement se contrôle en tournant manuellement les roues motrices du semoir. « Un point dur sur une chaîne engendre des à-coups sur les disques de dosage, conduisant à des erreurs de sélection et donc à des manques de graines sur le rang », précise Nicolas Levillain. Sur les semoirs à animation électrique des distributions, le formateur conseille de contrôler la tension de la batterie, qui varie selon les marques : 12 volts chez Monosem et Väderstad par exemple. Avec une mauvaise alimentation électrique, les moteurs ne fonctionnent pas. L’hivernage correct de la batterie se révèle alors important.

  6. Garder le module de distribution propre et étanche

    © D. Laisney

    Au cœur des performances du semoir, le module de distribution mérite la plus grande attention. Il doit être maintenu propre et, avant la campagne de semis, il est important d’ouvrir chaque doseur pour vérifier l’absence de nids fabriqués par les rongeurs durant l’hivernage. Il peut être opportun de détecter tout bouchage en passant un coup de goupillon entre la trémie et la distribution, ainsi que dans la goulotte guidant la semence jusqu’au sol. Le joint de la porte du module de distribution est à garder en bon état pour garantir une bonne dépression, donc une bonne sélection des graines. Le disque est à nettoyer et doit toujours être monté sur le même élément semeur. La solution est de le numéroter. Le sélecteur, qui évite les doubles et les manques, est une pièce d’usure à remplacer si nécessaire. Il faut aussi nettoyer l’éjecteur de graine et vérifier le bon fonctionnement des trappes de vidange.

    Les distributions sont parfois équipées de cellules photoélectriques comptant les graines. Ces capteurs s’entretiennent, par exemple, avec un coup de soufflette ou une brosse à dents, afin de retirer les poussières et les brins de paille. S’ils sont encrassés, les informations de comptage sont erronées et le chauffeur est perturbé par des alertes intempestives.

  7. Surveiller l’usure des organes d’enterrage 

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    Les organes d’enterrage n’agissent pas sur la dose par hectare, mais ils sont en revanche garants du respect de la bonne profondeur de semis et de la distance entre les graines sur le rang. Les roues de jauge à bandage caoutchouc doivent être en bon état et effleurer les disques ouvreurs. Leur balancier, à graisser, doit bouger sans point dur. Les doubles disques, visibles après dépose des roues de jauge, possèdent un diamètre minimal à respecter : 360 mm chez Monosem (380 mm pour les modèles neufs). S’ils sont trop usés, la qualité d’enterrage est dégradée, car le sillon ne peut pas être formé correctement. Ces deux disques se touchent et s’auto-entraînent lorsqu’ils sont bien réglés. Autre composant essentiel, le soc (ou pointe sillonneuse), situé entre les disques ouvreurs, mérite d’être conservé en bon état. S’il est usé ou cassé (pose brutale du semoir sur un sol en béton), le sillon ne présente pas la forme en V optimale pour réceptionner et bloquer les semences. Par conséquent, les graines rebondissent ou roulent, entraînant une mauvaise répartition sur le rang et des levées irrégulières. Lors du remontage des différentes pièces des organes d’enterrage, il faut penser à ajuster les décrotteurs des disques et des roues de jauge. Enfin, il est recommandé de contrôler visuellement le bon alignement du bloc tasseur arrière avec le module de mise en terre.  

  8. Eviter les longs trajets avec les fertiliseurs remplis

    © D. Laisney

    « Le bon fonctionnement des fertiliseurs passent par un entretien rigoureux. L’idéal est de vidanger l’engrais en fin de chantier, afin qu’il ne prenne pas en masse », souligne Nicolas Levillain. Un coup de soufflette pour bien nettoyer les doseurs est recommandé. Le formateur Monosem conseille d’éviter les longs trajets avec de l’engrais dans les trémies, afin d’éviter que le produit se compacte et bouche les unités de dosage. Les trajets en charge sont toutefois possibles avec les appareils équipés de trappes qui isolent les doseurs de la trémie. Pour l’incorporation, la distance à respecter entre le coutre fertiliseur et la ligne de semis est de 6 à 10 cm. Pour vérifier ce critère, il est possible de parcourir quelques mètres avec le semoir posé au sol. Aussi, il est important de vérifier que les tuyaux de descente ne sont pas percés ni bouchés.

  9. Contrôler le débit des microgranulateurs

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    Les trémies des microgranulateurs sont de préférence à remplir au champ, afin d’éviter la prise en masse dans les doseurs. Elles méritent d’être maintenues en bon état, en les vidangeant après les chantiers. Il s’impose de vérifier la rotation de leur système de dosage et l’absence de bouchons ou de trous dans les tuyaux de descente. Le type et la position des diffuseurs sur les éléments semeurs sont à adapter à l’insecticide apporté. Comme pour les fertiliseurs, le contrôle du débit des microgranulateurs s’effectue à poste fixe en réalisant un nombre précis de tours de roue du semoir et en récupérant le produit. Les constructeurs décrivent généralement la démarche dans leur notice (ou sur une application sur Smartphone) et fournissent la formule de calcul à appliquer, qui dépend du diamètre de la roue et de l’espace entre rangs.

  10. Respecter l’aplomb du semoir au travail

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    L’attelage du semoir à l’aplomb est un critère important, car il agit sur la répartition des graines sur le rang. En effet, la goulotte guidant la semence depuis la distribution jusqu’au sol présente une forme incurvée, afin que la vitesse de la graine et celle de travail s’annule. Par conséquent, la graine s’immobilise dès qu’elle arrive dans le sillon. Or, si l’appareil ne respecte pas la bonne inclinaison, la semence va, durant sa descente, soit être ralentie, soit prendre de la vitesse, causant un mauvais positionnement.

Lire aussi : Semoir monograine à pression ou dépression : vitesse contre polyvalence 

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