« Le système Raindancer pour piloter à distance les canons d’irrigation procure précision et confort »
En Vendée, le Gaec L’Avenue des mouettes s’est équipé du système Raindancer pour piloter à distance les canons de ses deux enrouleurs automoteurs d’irrigation Fasterholt.
En périphérie de La Roche-sur-Yon (Vendée), le Gaec L’Avenue des mouettes a franchi le pas de l’irrigation en 2023 et a fait le choix de canons pilotés à distance via la solution Raindancer. Deux campagnes plus tard, le rendement du maïs fourrage s’établit à 18-19 tMS/ha et la production laitière a progressé de 3 à 4 kg par vache. « Des résultats qui valident l’investissement et la technologie choisie pour la piloter », considèrent les trois associés Jérôme Guilbaud, sa mère Murielle et Vincent Chupeau. Implantée sur une surface de 180 hectares, l’exploitation regroupe 55 ha de maïs, 71 ha de blé, 10-15 ha de colza semence et le reste en prairies. L’élevage d’une centaine de laitières affiche un million de litres de référence. L’enjeu de départ est clair : sécuriser le fourrage pour limiter les achats d’aliments lors des années sèches, qui pèsent lourd sur les charges.
Les enrouleurs automoteurs capables de progresser en courbes
Les 85 ha irrigables sont bien regroupés. Mais les parcelles sont biscornues, bordées de haies, de chemins ou d’habitations. Les enrouleurs classiques avec canon sur chariot à trajet rectiligne y imposeraient trop de contraintes. Les associés se tournent alors vers des automoteurs Fasterholt à canon embarqué, capables de progresser en courbes.
Autre impératif fixé d’emblée : qu’un seul associé puisse gérer seul les deux enrouleurs pendant l’absence de ses collègues. C’est ce qui oriente le choix vers le système Raindancer, un dispositif de pilotage à distance couplé à une gestion automatisée des angles du canon et de la vitesse d’avancement de l’enrouleur.
Un seul hydrant suffit par parcelle
Avant chaque campagne, les associés paramètrent leur stratégie sur une plateforme web. Ils y délimitent les zones à irriguer et les zones d’exclusion — haies, routes, bâtiments — et peuvent aussi réserver des espaces non arrosés sur les premiers passages pour ensuite accéder à la parcelle avec le tracteur et déplacer l’enrouleur sans traverser un sol gorgé d’eau.
Les trajets sont tracés au GPS RTK avec le tracteur et le broyeur quand le maïs est au stade 6-8 feuilles. « La seule contrainte est de concevoir des courbes compatibles avec le système de direction de l’essieu », précise Vincent Chupeau. Cette liberté de tracé a une conséquence directe sur le coût du réseau enterré : un seul hydrant par parcelle suffit pour connecter l’enrouleur. De quoi amortir en partie le surcoût du Raindancer, facturé 6 000 € par enrouleur, soit l’équivalent de 12 % du prix de celui-ci (50 000 euros).
Arroser en limites de parcelle sans gaspiller d’eau
Les principaux composants du Raindancer sont installés sur le canon : un boîtier alimenté par panneau solaire intègre une antenne GPS, un gyroscope et des accéléromètres. Il connaît en permanence la position et les mouvements de l’appareil. Un capteur de pression, installé sur la conduite en eau du canon, complète le dispositif.
Ces données permettent au boîtier de piloter de petits moteurs électriques qui ajustent en temps réel les butées d’angle du canon via un système de couronne. « Cette maîtrise très précise des angles permet d’arroser en limites de parcelle sans gaspiller d’eau. On évite aussi les chevauchements entre trajets. Outre la valorisation de toute la surface et les économies d’eau, cela permet à l’enrouleur de ne pas passer sur des zones déjà arrosées qui pourraient compromettre sa bonne avancée compte tenu du poids conséquent de l’ensemble. » Afin de conserver une dose constante, le Raindancer est aussi raccordé au boîtier de gestion de l’enrouleur pour ajuster sa vitesse d’avancement en fonction de la surface du secteur. Un aléa technologique est d’ailleurs venu rappeler la dépendance aux réseaux mobiles : en deuxième campagne, les boîtiers des deux enrouleurs ont dû être remplacés. Ils fonctionnaient en 2G, un réseau désormais coupé. Les nouveaux modèles communiquent en 4G.
L’irrigation gérée depuis le smartphone
Une fois la campagne lancée, la gestion se fait depuis le smartphone. L’application affiche en temps réel la position et l’état de chaque enrouleur. Démarrage, arrêt, ajustement de la dose, modification des angles, réduction de la portée par vent fort : tout se règle à distance. « Nous ne nous déplaçons sur la parcelle que pour repositionner l’enrouleur sur le trajet suivant », résume Vincent Chupeau. L’historique complet est enregistré et consultable à tout moment.
Grâce à cette précision de pilotage, les associés s’autorisent une gestion plus fine des apports. En 2025, campagne plus représentative qu’une année 2024 exceptionnellement arrosée, les associés ont réalisé 6 à 7 tours d’eau, limités à 25 mm chacun. « Nos terres limono-argileuses sont sensibles à la battance », justifie l’agriculteur. Les deux enrouleurs couvrent la quarantaine d’hectares irriguée en 5 à 6 jours.
Les canons d’irrigation approvisionnés par une réserve d’eau de 55 000 m³
Le projet d’irrigation repose sur une retenue de 55 000 m³, alimentée exclusivement par les eaux de ruissellement et de drainage. « Cet étang est totalement déconnecté du milieu naturel », souligne Vincent Chupeau. L’eau est acheminée vers le réseau par une pompe équipée d’un variateur de fréquence, qui maintient le réseau à 11,5 bars. Démarrage, arrêt et ajustement du débit sont entièrement automatisés. Le variateur adapte aussi la puissance selon le nombre d’enrouleurs en fonctionnement : 64 kW quand les deux tournent, moitié moins pour un seul. Un atout non négligeable pour maîtriser la facture d’électricité.