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Machinisme : Actualité sur le matériel agricole : tracteur, moissonneuse-batteuse, ensileuse, travail du sol, charrue, semoir

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Le GPS pilote l’arrosage des complants

Viticulture de précision. Le château Phélan-Segur s'est équipé d'un système d'arrosage des complants piloté par GPS.

Localiser ses complants pour qu’ils soient le plus rapidement en production. Tel est l’objectif que s’est fixé, Luc Peyronnet, le chef de culture du château Phélan Ségur, à Saint-Estèphe, dans le Médoc. " Les complants constituent une problématique à part entière, estime Luc Peyronnet. Sur les 500 000 pieds de vigne que compte l’exploitation, 15 000 sont remplacés chaque année. Cela représente un coût : il m’apparaît important de bien les connaître pour mieux les travailler. " Plusieurs questions se posent en effet quant à la gestion de ces complants. Est-ce que leur arrosage des complants est efficace ? Certaines endroits de la parcelle sont-ils toujours occupés par des complants qui se succèdent et pour quelle raison ?

Aussi, une meilleure connaissance des complants commence par leur identification, donc par leur localisation. Travaillant en viticulture de précision, l’exploitation est déjà pourvue d’un enjambeur piloter par GPS RTK, c’est-à-dire avec une précision centimétrique, ce qui a limité l’investissement. L’antenne GPS est positionnée au-dessus de la tarière. À chaque fois que cette dernière est actionnée, c’est-à-dire au moment de la plantation, des coordonnées géographiques sont enregistrées sur le terminal en cabine. Toutes ces coordonnées sont ensuite compilées et retraitées sur l’ordinateur de bureau. "Pour chaque trou, la tarière est actionnée plusieurs fois, explique Luc Peyronnet. Un logiciel dédouble donc les coordonnées pour identifier un seul et même complant." Cet équipement permettra au chef de cultures de comptabiliser le taux de casse sur les complants.

Un itinéraire technique différent pour les complants

Mais le chef de cultures ne se limite à l’identification des complants et à leur simple observation. Son objectif étant qu’ils rentrent le plus rapidement en production, il entend adapter leur itinéraire cultural pour y parvenir. Pour limiter la concurrence des pieds voisins, l’exploitation a fait construire par le concessionnaire Rullier un système d’arrosage automatisé des complants sur un enjambeur en s’aidant des réservoirs de pulvérisateur. "Orientés vers les pieds de vigne, les tuyaux de 40 millimètres de diamètre sont vissés aux sorties de vidange des deux cuves, décrit Luc Peyronnet. Deux électrovannes déclenchent l’ouverture ou la fermeture de ces sorties. Avidorhightech a paramétré le terminal en cabine pour déclencher l’arrosage tout en roulant à 5 km/h sur une distance de 60 centimètres de part et d’autre du pied : cela représente un volume de 5 litres d’eau par pied. " L’exploitation a testé et validé la faisabilité technique de cette solution en 2014 sur une petite surface. Le bilan est également positif en termes humains. " En arrosage classique, trois à quatre personnes gravitent autour de deux tracteurs enjambeurs qui remplissent et vident à tour de rôle, explique Luc Peyronnet. Avec la solution automatisée, un seul opérateur en cabine assure tout le processus. L’essentiel du personnel est alors consacré à des tâches plus valorisantes. De plus, nous sommes sûrs de ne rater aucun complant, ce qui est loin d’être le cas en manuel : et ça a un coût."

À défaut de ne pas avoir pu le réaliser en 2015, pour des soucis de personnel, l’année 2016 poussera davantage la réflexion en évaluant l’efficacité du système. "Les cinq litres d’eau sont-ils suffisants, bien répartis et pénètrent-ils assez en profondeur ? L’arrosage est-il réalisé à la bonne date ? ", s’interroge Luc Peyronnet. Ce dernier ne compte pas en rester là. " S’arrêter à l’automatisation de l’arrosage n'est pas suffisant. Le but à terme est de coupler le travail du sol à l’arrosage, en passant un coup de lame sur le cavaillon et en escamotant cette dernière sur une courte distance, 10 cm avant et après le complant, de façon à ne pas abîmer le liber et mettre en péril la jeune pousse. " Une mise au point technique reste à réaliser pour acquérir la réactivité et le niveau de précision suffisant nécessaire à l’escamotage et la remise en position de la lame si près du cep.

En s’appuyant sur la localisation des complants et sur l’historique de chaque cep, d’autres interventions (amendements, pulvérisation, etc.) pourront à l’avenir être raisonnées spécifiquement. Mais le château Phélan Ségur se donne le temps pour apprendre à maîtriser chaque étape.

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