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Le capteur proche infra-rouge affine les réglages de l’ensileuse et caractérise le stock de maïs

Du réglage en continu de l’ensileuse à l’équilibre précis de la ration, zoom sur les intérêts du capteur proche infrarouge à l’ensilage.

Utilisé généralement en poste fixe pour l’analyse de la matière sèche du maïs avant récolte, le capteur proche infrarouge (NIR) est depuis quelques années monté sur les goulottes des ensileuses chez plusieurs constructeurs. Cette technologie est fréquemment utilisée chez nos voisins allemands pour la méthanisation et aux Pays-Bas pour la cartographie, mais très peu connues par les éleveurs français. Constructeurs et techniciens d’élevage estiment pourtant qu’elle permettrait d’optimiser la qualité et la gestion des stocks de maïs .

Niveau conception, le capteur est protégé par une lentille en verre et fonctionne par analyse optique (appelée spectrométrie). Cette technique se base sur l’étude qualitative et quantitative des longueurs d’ondes fournies par un rayon lumineux qui interagit sur le fourrage. Une attention particulière doit être portée sur l’entretien de la vitre de protection et de la lampe pour éviter de fausser les résultats en vérifiant notamment d’éventuels chocs de pierre. Il est recommandé par les constructeurs de calibrer le système au moins une fois par an.

Différentes valeurs vont pouvoir être relevées lors de l’ensilage depuis le terminal de l’ensileuse : matière sèche, taux d’amidon, taux de fibres, cellulose brute, protéine, matière grasse, cendres, ADF et NDF. Toutes ces valeurs sont le résultat d’une corrélation entre les mesures du capteur et des courbes de référence propres à chaque constructeur. Comme pour des statistiques, la fiabilité d’un capteur NIR s’établit par le nombre d’échantillons réalisés sur différents maïs permettant de créer des courbes de références. Par exemple, l’équipementier Italien Dinamica Generale, qui travaille notamment avec New Holland, Fendt et Krone, fournit des courbes établies sur des maïs récoltés à travers le monde entier, afin de calibrer au mieux le capteur.

Adapter en continu les réglages de l’ensileuses

Avec l’aide d’un capteur NIR, il est possible d’adapter la longueur de coupe du maïs en fonction du taux de matière sèche pour une meilleure conservation au silo. Au préalable, l’agriculteur renseigne au chauffeur d’ensileuse une valeur optimale du taux de matière sèche et de la longueur de coupe, puis fixe un seuil maximum et minimum pour ces deux critères. Il est conseillé de ne pas dépasser des écarts de plus de 3 à 4 mm selon les conseillers d’élevage. Lorsque le taux d’humidité est élevé, la longueur de coupe est plus longue pour limiter les jus lors du tassage. Lorsque le maïs est trop sec la longueur y est raccourcie pour éviter les poches d’air dans le silo. Sur les ensileuses Krone Big X, un capteur optique est positionné sur le cueilleur pour analyser la maturité du maïs avant qu’il ne rentre dans le rotor, afin d’adapter plus rapidement la longueur de coupe.

 Toujours dans l’optique d’améliorer la conservation au silo, il est possible de réguler l’injection de produit conservateur en fonction du taux de matière sèche. Pour appliquer une dose plus précise, un capteur de rendement est à combiner au capteur NIR .

En réflexion chez les constructeurs, le capteur NIR ouvre sur d’autres perspectives : « Avec un tel niveau de précision à la récolte sur nos ensileuses, nous n’écartons pas la piste de permettre une facturation à la tonne de matière sèche récoltée et non plus à l’heure. Une façon d’ajuster au mieux le coût lié à la récolte, une réflexion à partager avec les agriculteurs et ETA », indique Benjamin Harris, chef produit ensileuse chez Claas.

Récupérer et valoriser les données après récolte

Deux possibilités s’offrent à l’exploitant pour récupérer les données. par clé USB ou en ligne sur le site du fabricant de l’ensileuse. En début de chantier, l’agriculteur peut fournir une clé USB qui sera connectée au terminal de l’ensileuse . Celle-ci est à récupérer en fin d’ensilage pour obtenir une cartographie au format ISO-XML (SHP chez John Deere).

La deuxième solution demande de se connecter sur le site du constructeur de l’ensileuse, afin d’accéder à la cartographie et aux données associées au chantier. A l’ETA Gauquelin dans l’Orne, quatre ensileuses John Deere sont équipées du capteur Harvestlab 3000. La cartographie est incluse dans la prestation d’ensilage. Elle est ensuite envoyée sur demande aux adhérents depuis la plateforme Myjohndeere. Les constructeurs proposent un accès gratuit pour la consultation ; si vous disposez d’un abonnement les autres tâches effectués d’année en année y seront répertoriés. Le déploiement de la plateforme Agrirouter, qui facilite l’échange des données entre les acteurs du secteur agricole, est aussi une solution proposée par Krone. Le groupe CNH facilite également le transfert des informations puisque son capteur NIRxact est compatible Isobus, garantissant ainsi l’export vers un terminal compatible ou vers un autre système d’information géographique comme New Holland PLM Mapping.

Les données répertoriées sont ensuite valorisées par le technicien d’élevage qui les rentrent dans un outil de calcul de ration, afin d’obtenir des valeurs correspondant au système français ( UFL, PDIN,PDIE…).

D’un point de vue agronomique, il est intéressant d’accéder à la cartographie révélant les rendements, taux de matières sèches et valeurs nutritives sur différentes zones des parcelles. La base de données s’utilise essentiellement pour moduler ses futurs apports de lisier riche en azote et phosphore, à l’aide du capteur NIR Harvestlab 3000 de chez John Deere ou du NIRxact du groupe Agxtend monté sur la tonne. A l’aide de la cartographie, il est aussi possible de comparer les valeurs nutritives et le taux de matière sèche de plusieurs variétés de maïs et ainsi adapter son itinéraire technique.

Anticiper sur ses achats et ventes

Sur les dernières campagnes d’ensilage, de nombreuses exploitations se sont intéressées à l’indicateur de rendement et au taux d’humidité mesuré dans le but de mieux cuber les silos.  Connaître la quantité de fourrage stocké est un réel avantage qui permet à l’éleveur et au technicien de piloter les futures rations. En y ajoutant la mesure des valeurs alimentaires dès la récolte, l’ajustement de la ration est plus rapide. « Les valeurs du maïs sont relevées tout au long de l’ensilage, ce qui permet, à la fin du chantier, de connaître des valeurs moyennes par silo sans devoir attendre de faire une analyse une fois chaque silo ouvert.» explique Nicolas Roué, expert nutrition chez Seenovia. Pour aller plus loin, il est possible de prédire les principales caractéristiques nutritives du maïs afin d’anticiper l’achat de concentré ou de paille en fonction de l’équilibre fibre/amidon du maïs. « Supposons que l’on gagne 1,5 l de lait par vache laitière et par jour en ajustant plus rapidement la ration grâce à une mesure des valeurs nutritives dès la récolte. Sur un troupeau de 80 vaches laitières le gain serait de 1 200€/mois (prix du lait juin 2020) d’après Nicolas Roué.

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