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Transport et épandage
La pesée dynamique, outil incontournable pour la précision

Optimisation de la charge, homogénéité d’épandage de fumure organique, voire modulation de dosage… la pesée dynamique est une option de plus en plus sollicitée sur les véhicules de transport et d’épandage de fumure organique.

Que ce soit en élevage ou en grandes cultures, les agriculteurs sont de plus en plus regardants quant à la qualité d’épandage de leur fumure organique. Même si cette dernière peut être abondante sur les exploitations d’élevage, la volonté d’une maîtrise poussée des charges d’exploitation fait prendre conscience chez les éleveurs des qualités nutritives des fertilisants organiques disponibles sur l’exploitation, afin d’adapter au plus juste les éventuels amendements minéraux complémentaires. Pour les céréaliers achetant leur fumure organique, cet investissement nécessite un épandage le plus précis possible pour valoriser au mieux ce produit. Dans ces deux situations, la qualité d’épandage passe par un DPAE (Débit proportionnel à l’avancement électronique), mais également par l’intégration de solutions de pesée dynamique sur les épandeurs pour vérifier lors de l’épandage les quantités réellement épandues instantanément et ajuster au besoin.

La pesée dynamique pour le transport

Dans le transport, les contrôles de charge se font de plus en plus fréquents. « Les forces de l’ordre disposent déjà de pesons pour contrôler la charge des camions", constate Maxime Théron, de la société Agrotronix qui commercialise des solutions de pesée. Elles s’intéressent de plus en plus au monde agricole et viennent se poster à proximité des silos de coopérative au moment de la moisson. Un système de pesée statique, moins coûteux qu’une solution dynamique, suffit dans la grande majorité des situations : cette solution est de plus en plus sollicitée par les céréaliers, qui veulent connaître précisément la quantité de récolte qu’ils stockent sans avoir à passer par un pont-bascule. Sur des véhicules de type transbordeur, la pesée dynamique permet de charger un véhicule routier à sa charge utile sans dépasser. En revanche, la pesée statique impose à l’engin de s’arrêter pour effectuer une mesure. « Cependant, le surcoût de la pesée dynamique sur une remorque simple représente 20 à 30 % du prix de la remorque, confie William Fayard. Il se justifie peu sur ce type de véhicule, un peu plus sur des véhicules à fond poussant ou mouvant, qui peuvent être utilisés pour du transbordement, et encore davantage sur des épandeurs de fumure organique qui exploiteront pleinement le DPAE."

Différents capteurs de pesée

Selon les véhicules de transport et les fabricants, la construction du système de pesée dynamique est différente. Plusieurs constructeurs utilisent les suspensions hydrauliques de flèche et d’essieux pour y greffer des capteurs de pression, desquels le boîtier déduit une charge. Les précisions annoncées sont alors de 2 à 3 %, des valeurs qui surestiment celles constatées sur le terrain.

D’autres, comme Jeantil, utilisent des capteurs sur les lames de ressort et sur la flèche sur les épandeurs à caisse étroite. De son côté, Pérard travaille avec des capteurs sur l’essieu sur les épandeurs à caisse étroite à simple essieu. "Ceux-ci mesurent la déformation de l’essieu et travaillent de concert avec un troisième sur l’anneau d’attelage boulonné, explique Guillaume Pérard. Cette technologie se révèle moins précise que sur les caisses larges à double châssis pourvues de 4 à 6 pesons. Un appareil étroit de 15 tonnes affichera 300 kg de précision, quand on descend à 50 kg sur un modèle à caisse large de 20 tonnes."

Les algorithmes pour filtrer les perturbations

Les appareils à double châssis sont bien souvent présentés comme les plus précis. Directeur commercial de Jeantil, Anthony Cavalon remet la performance de mesure dans son contexte : " on obtient 50 à 100 kg de précision, sur un appareil dosant à 1 t/ha. Or, à ce dosage, l’appareil évolue à 20 km/h et de nombreux artefacts peuvent perturber les mesures". C’est la raison pour laquelle on retrouve à côté des capteurs de pesée, d’autres capteurs annexes comme un inclinomètre, un accéléromètre, etc. Outre la qualité des mesures, les algorithmes de calcul des boîtiers constituent également une part importante dans la précision, en éliminant ou en écrêtant les valeurs de mesures parasites liées au passage d’une ornière, etc. Certains multiplient les mesures, afin d’avoir une valeur très proche de la réalité après avoir filtré certaines mesures aberrantes. D’autres ne mesurent que toutes les cinq secondes, en corrigeant via les données des capteurs annexes.

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Vers une ergonomie de plus en plus simple

Au fur et à mesure des nouvelles générations de régulation DPAE avec pesée dynamique, l’ergonomie s’améliore et se simplifie. En plus de la largeur de travail et du dosage souhaité, certaines solutions demandent le type d’effluent épandu (notamment pour adapter la vitesse des hérissons et/ou de la table d’épandage, et donc la largeur de travail, aux propriétés du produit), sa densité, ainsi que la hauteur de la porte de l’épandeur, afin que la régulation pilote de manière automatique le tapis d’avancement. Conçues sur la base d’une régulation de type volumétrique, certaines solutions imposent en plus un chargement régulier de l’épandeur. De plus, il est parfois nécessaire de vérifier la largeur et la densité de produit (déterminée par le volume et le poids épandu), après quelques mètres d’épandage, lorsqu’on attaque un nouveau tas de fumure, quitte à corriger les réglages. Avec le temps, les solutions se simplifient. Samson présente à l’occasion du Sima un nouveau boîtier de régulation, baptisé Spreadmaster, qui régule à la fois la hauteur de porte et la vitesse du tapis. " Le chauffeur n’a plus que deux informations à rentrer : le dosage à l’hectare et la largeur. On s’affranchit ainsi de la variabilité au sein d’un tas de fumure ", explique Julien Brun de Samson. La seule mesure à contrôler sera la largeur de travail.

Une technologie qui se justifie pour les bas volumes

La pesée dynamique reste néanmoins coûteuse. Si on intègre les équipements (suspension d’essieu, capteurs de porte et de tapis, DPAE, etc.) qui sont liés à la pesée, le surcoût va de 6 000 à 12 000 euros. C’est pourquoi, cet équipement se justifie surtout lorsque les dosages à l’hectare sont faibles – au-dessous de 5-6 tonnes – avec des valeurs descendant à 800-900 kg. La clientèle première reste les entreprises de travaux agricoles, dont les volumes traités chaque année justifient l’investissement, en plus d’apporter une facturation précise. Mais les Cuma se montrent de plus en plus intéressées et représentent la moitié des commandes avec pesée dynamique chez certains constructeurs.

Ludovic Vimond

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