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La faucheuse à sections remise au goût du jour

Avec sa faucheuse frontale à doubles sections Seco Duplex de 10,50 mètres de large, Lionel Annic, éleveur dans le Morbihan, valorise mieux ses fourrages, grâce à une qualité de coupe irréprochable et à une grande polyvalence d’utilisation.

Après être passé d’une conditionneuse à une faucheuse rotative simple pour mieux respecter la qualité des fourrages, notamment la luzerne, Lionel Annic, éleveur en Gaec à Nostang dans le Morbihan, a investi il y a deux ans dans une faucheuse à sections de nouvelle génération pour optimiser encore sa récolte des fourrages. « La faucheuse à disques montre rapidement ses limites dans les méteils très développés », justifie-t-il. Importée en France par la société Agriser, la faucheuse frontale Seco Duplex 1050 F se compose d’une partie centrale et de deux barres de coupe latérales repliables, montées sur un châssis attelé au relevage avant du tracteur. Le constructeur allemand BB UmweltTechnik a adopté un dispositif à doubles lames offrant une coupe franche dans toutes les végétations. « Cette conception n’a plus rien à voir avec les faucheuses à sections d’antan. La qualité de coupe est remarquable y compris avec les mélanges fourragers. La machine est équipée de sabots qui me permettent de faucher plus haut qu’avec un modèle à disques. Les plantes redémarrent ainsi beaucoup mieux après chaque coupe », assure l’éleveur.

Une grosse demi-journée pour faucher 30 hectares

Récoltant ses fourrages soit en ensilage à l’autochargeuse, soit en enrubanné, pour préserver au maximum leur valeur, il apprécie le gain obtenu sur le séchage. « Je réalise jusqu’à trois coupes plus précoces et me passe désormais du fanage, grâce à une dépose plus homogène de l’herbe au sol. Avec sa largeur de 10,50 mètres, en roulant à 8-10 km/h, je fauche facilement 30 hectares dans une grosse demi-journée. Le jour suivant, il me suffit d’andainer avec mon appareil de 6 mètres à deux rotors, en rassemblant en un aller-retour, 12 mètres sur un andain. » Avec cette organisation Lionel Annic peut se contenter de son seul tracteur de 150 chevaux qui fait tous les travaux au champ. « Un 100 chevaux suffirait vu la très faible puissance demandée. Je travaille ainsi à 1 500 tr/min ce qui limite très nettement la consommation de GNR par rapport à une faucheuse rotative. » Les trois lamiers de la faucheuse Seco Duplex sont entraînés par une centrale hydraulique animée par la prise de force frontale, ou lorsque le tracteur n’en dispose pas comme celui du Gaec, par un moteur hydraulique alimenté par le circuit du tracteur. « Cela fonctionne très bien avec le bon débit du circuit load sensing équipant mon tracteur. »

Entretien des pâtures et affouragement

La position frontale de l’ensemble de fauche a aussi un intérêt en termes de confort de travail. « Tout est devant nous, on n’a plus à se retourner sans cesse pour contrôler la machine », apprécie l’éleveur. La conception très épurée du châssis limite le poids à seulement 850 kg et participe à la polyvalence de la machine. « Comme elle s’attelle très rapidement, elle me sert à faucher très régulièrement les paddocks après pâturage, une action efficace pour lutter contre les adventices. Le faible encombrement des lamiers est notamment très pratique pour passer sous les clôtures. Et surtout, en position repliée, la faucheuse me sert à l’affouragement en vert en combinaison avec l’autochargeuse, mon parcellaire traversé par un axe routier étant contraint pour le pâturage. Cette machine peut même faire office d’écimeuse sur des céréales ! »

À première vue, la légèreté de cette faucheuse pourrait laisser songeur quant à sa robustesse, pourtant, « avec l’expérience, on se rend compte qu’elle n’est pas fragile, elle passe sans encombre les pierres et les taupinières, qui au passage, ne sont pas étalées dans le fourrage contrairement à un lamier à disques », observe Lionel Annic, tout en reconnaissant qu’il vaut mieux éviter les obstacles pour préserver la qualité de coupe.

Des sections toujours bien affûtées

« Il est indispensable d’avoir des sections toujours bien affûtées. Je dispose ainsi de deux jeux de lames qui se démontent très rapidement. Avec mon banc d’affûtage manuel (meuleuse d’angle sur un châssis), il me faut une demi-journée pour remettre en état un jeu. » Second point de vigilance, les biellettes d’entraînement des lames, animées par des moteurs hydrauliques, sont sensibles à l’échauffement, « d’où l’intérêt de les graisser très régulièrement. Le constructeur semble travailler sur une évolution de ces pièces pour réduire le phénomène. » L’éleveur attend également quelques modifications pour limiter les risques de bourrages qui peuvent survenir dans des méteils volumineux ou à base de vesce. « Le problème apparaît au niveau des deux zones de chevauchement entre les lamiers. Certains utilisateurs ont opté pour le montage de scies à colza aux extrémités du lamier central. » Mais pas de quoi lui faire regretter son investissement conséquent de plus de 40 000 euros, « en tenant compte des différentes coupes, de l’entretien des prairies et de l’affouragement, cette faucheuse abat plus de 300 hectares par an ! »

Chiffres clés

112 ha de SAU dont 21 de maïs, le reste en herbe, méteils et luzerne

800 000 l de production

10,50 m de largeur de fauche

300 ha de surface fauchée (développée)

42 800 euros HT (tarif mis à jour pour un modèle Seco Duplex 950 F de 9,80 m, la 1050 F n’étant plus commercialisée)

3 500 euros HT pour un jeu de lames complet

Une combinaison frontale de 10,50 mètres

La faucheuse Seco Duplex 1050 F de BB UmweltTechnik combine trois unités sur le relevage avant du tracteur. Deux lamiers de 3,75 m sont fixés de chaque côté du châssis. Ils se replient à la verticale pour le transport. Un lamier central de 3,10 m est implanté à l’avant du châssis via un parallélogramme intégrant un relevage hydraulique. Chaque lamier dispose de son propre entraînement hydraulique. Un boîtier à six boutons permet de gérer indépendamment le relevage et la mise en route des trois unités. La machine peut ainsi travailler avec un, deux ou trois lamiers.

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