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« J’investis dans une mois’-batt’neuve adaptée à ma surface »

Charles-Armand de Maillé, installé dans le Cher, à Chalivoy Milon, sur près de 330 hectares en est à sa quatrième moissonneuse-batteuse en propriété, toujours achetée neuve.

Pour Charles Armand de Maillé, investir dans une moissonneuse-batteuse en propriété est un choix économique et d’organisation. Chaque année, sa machine bat près de 450 hectares répartit entre blé, orge, colza et tournesol. Il fait pourtant partie d’une Cuma pour de nombreux autres matériels (pulvérisateur, épandeur à engrais…) et chez lui, rien n’est superflu. Pour preuve, l’intégralité de la moisson se fait avec une machine à 5 secoueurs, une New Holland CX 7080.

Penser à la rupture avant de s’engager

« J’ai longtemps travaillé avec du matériel en copropriété, souligne Charles-Armand de Maillé. Aujourd’hui, je ne ferais pas machine arrière. Cette solution est intéressante mais sa forme trop complexe. » Avant d’acheter du matériel en commun, avec un voisin ou autre, Charles-Armand de Maillé recommande vivement de penser à l’issue en cas de séparation, quelle qu’en soit la raison. « C’est assez paradoxal d’y penser avant de débuter une telle collaboration, mais c’est un détail important, trop souvent négligé. Il est pourtant impératif d’écrire noir sur blanc les tenants et les aboutissants en cas de rupture de l’accord, retient l’exploitant. Contrairement à la Cuma, les choses sont moins cadrées. De plus, la copropriété impose, pour un même matériel, autant de registres de comptabilité que de propriétaires. Par ailleurs, il est plus facile d’y rentrer et que d’en sortir. »

Depuis le début de sa carrière, c’est sa quatrième machine neuve. Toutes ses machines restent en parc un minimum de dix ans et sont amorties sur sept ans et entretenues par ses soins. « Lors du renouvellement de ma moissonneuse-batteuse, en 2014, je ne voulais pas dépasser un coût de revient de 35 €/h, en raisonnant uniquement l’investissement », calcule Charles-Armand de Maillé. Or, insatisfait du modèle, il rechange un an après, suite à une moisson jugée laborieuse. Il lui a donc fallu investir une nouvelle fois dans une machine de près de 200 000 euros. L’agriculteur reconnaît aujourd’hui en avoir perdu tout son raisonnement économique. Une erreur de parcours qui coûte cher.

À chacun son rythme

Lors de la moisson, quatre personnes s’activent autour de la moissonneuse-batteuse et du stockage. « Nous vidangeons la trémie en roulant et nous vidons aussitôt les bennes à la ferme pour nettoyer et peser le grain avant de le stocker dans la foulée sur un second site. À ce rythme, nous coupons nos trente hectares par jour, en commençant à 9 heures du matin et en arrêtant au plus tard à 23 heures. Je ne suis pas certain qu’en Cuma, une seule grosse machine puisse remplacer les trois existantes, nécessaires à ce jour pour battre les 1 300 hectares des différents adhérents, surtout que certains visent à préserver la qualité de la paille. Par ailleurs, toute la logistique serait à revoir. À ce jour, nous ne sommes pas équipés en conséquence », explique Charles-Armand de Maillé.

La surface conséquente permet à l’agriculteur d’amortir à lui seul une machine au maximum de son potentiel, même si l’idée de se servir d’un matériel un mois dans l’année, pour le laisser sous le hangar le reste du temps le frustre un peu. Quant à l’ETA, outre la logistique actuelle inappropriée, « il faudrait passer un contrat pour s’assurer d’une récolte en temps et en heure. »

En chiffres

L’exploitation de Charles-Armand de Maillé

330 ha de SAU

Moissonneuse batteuse : New Holland CX 7080

Coût de la machine : 40 €/ha

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