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« Je renouvelle mon parc matériel avec de l’occasion récente »

Johane Berthier, agriculteur dans le Loir-et-Cher, achète du matériel d’occasion récent, afin de réduire ses coûts d’investissement tout en conservant un confort de travail.

Depuis son installation en 2005 sur 200 hectares, Johane Berthier a investi dans du matériel d’occasion, afin de débuter son activité sans trop s’endetter. Il possède le matériel nécessaire du semis à la récolte : trois tracteurs, une charrue, un combiné de semis, un cultivateur, un pulvérisateur automoteur et une moissonneuse-batteuse équipée d’une barre de coupe de 7,3 mètres. « J’ai deux stratégies d’investissement : pour le matériel motorisé, je cible des engins commercialisés il y a deux à cinq ans, performants avec peu de frais à prévoir à l’achat. Pour le matériel avec des pièces usant assez vite, comme mon cultivateur, je prête attention à l’état du châssis et de l’hydraulique », explique l’agriculteur, qui privilégie les offres de proximité chez son concessionnaire ou chez des agriculteurs, via les sites web tels qu’Agriaffaire ou Leboncoin.

Du matériel inspecté et révisé par le concessionnaire

« Je me rapproche systématiquement des Ets Pastor, mon concessionnaire, avant d’acheter du matériel. J’y ai d’ailleurs travaillé comme mécanicien agricole par le passé. Il m’accompagne pour inspecter le matériel, vérifier son historique et réaliser un bon de commande avec le vendeur, détaillant toutes les informations de l’outil », précise l’agriculteur. Avec cet intermédiaire, les vices cachés sont évités. « Je demande systématiquement une révision complète sur chaque matériel, afin d’anticiper les éventuelles pannes pendant les périodes chargées en travaux. Par exemple, sur ma moissonneuse qui comptait à son achat 1 400 heures au batteur, les roulements, les réducteurs et certaines courroies ont été remis à neuf, pour un montant de 10 000 euros environ. Je dispose ensuite d’une garantie sur une campagne ou de six mois. »

Une économie d’un tiers à l’achat par rapport à du neuf

Achetée 110 000 euros hors taxes en 2016, la moissonneuse est amortie de façon linéaire sur sept ans. « Neuf, ce modèle m’aurait coûté autour des 235 000 euros. Une fois sa valeur zéro atteinte, je prévois de la renouveler par le biais de mon concessionnaire, qui fixe un prix de reprise, coté comme à l’argus. Selon moi, un matériel neuf perd 30 % de sa valeur initiale la première année et 50 % au bout de cinq ans. Avec de l’occasion récente, je suis gagnant à l’achat et, avec du matériel bien entretenu, j’assure son renouvellement sans surcoût, ajoute Johane. J’y trouve mon compte aussi sur du matériel peu utilisé, comme ma charrue Kverneland PG100 de 8 corps. Achetée 14 000 euros hors taxes en 2020, elle laboure, selon les conditions, 200 hectares une année sur deux. Elle m’assure un bon débit de chantier sans trop investir. Je prévois juste 30 euros pour le remplacement de chaque pointe carbure et 130 euros par soc. » Johane Berthier avoue tout de même acheter parfois du neuf, comme pour son tracteur de tête. « Je possède deux McCormick X7 de 180 et 200 chevaux réalisant 350 heures par an chacun, pour la préparation du sol, les semis et le transport. L’un a été acheté neuf l’année dernière, afin de repousser les pannes et avoir un tracteur de tête performant. Les trois autres sont entretenus par mes soins. »

Des pièces d’occasion

Engagés dans une économie circulaire, plusieurs acteurs proposent leurs services pour redonner une seconde vie à du matériel. Par exemple, les négociants, en rachetant du matériel accidenté à des compagnies d’assurance, se chargent de dépolluer, contrôler et tester les pièces (analyse d’huile, test de compression…), afin de les redistribuer auprès de concessions ou agriculteurs. D’autres se lancent dans le reconditionnement, comme Maneko, société spécialisée dans l’entretien des engins de voiries. L’enseigne Espace Emeraude, elle, reconditionne ses outils avec des pièces provenant des constructeurs ou des grossistes. Ce service offrira une utilisation prolongée du matériel, avec une garantie légale de six mois. Aussi, l’entreprise définira un prix de reprise selon l’usure et les réparations à effectuer, afin de le vendre en deuxième main. Un suivi digital sera même proposé aux acheteurs grâce à une puce introduite dans l’outil, qui informera l’utilisateur sur une potentielle sous-utilisation, ou encore le prévenir des périodes d’entretien à effectuer.

Les sites d’annonces en ligne devenus incontournables

Créée il y a déjà 20 ans, Agriaffaires est la plateforme d’annonces la plus plébiscitée auprès des agriculteurs, lorsqu’il s’agit de rechercher du matériel d’occasion. Elle a été rejointe par d’autres sites web spécialisés comme Mascus, Europe-agri ou Terre-net occasion, et plus généralistes comme Leboncoin. Ces sites proposent une large gamme de matériels agricoles provenant des concessionnaires, négociants et agriculteurs en France et à l’étranger. Une description détaillée du bien et les coordonnées du vendeur permettent d’accéder à l’historique du matériel grâce, par exemple, au numéro d’immatriculation à renseigner en concession. Pour tout achat, un bon de commande doit être réalisé, précisant l’état dans lequel arrive le matériel sur l’exploitation, le jour de la première mise en service, les numéros du constructeur, l’immatriculation et ce qui est inclus dans le prix d’achat (carte grise, transport, frais de réparation…).

À l’affût des ventes aux enchères

La vente aux enchères commence à s’implanter dans le secteur agricole, après ceux des travaux publics et de la construction. Le principe est de vendre au plus offrant un lot de matériel lors d’une vente programmée par un organisme, le plus connu étant Ritchie Bros. La vente des lots se déroule désormais en ligne, avec la possibilité d’inspecter et d’essayer le matériel vendu en l’état, la veille du jour de clôture de la vente, après s’être créé un compte, en référençant son numéro de TVA. À l’inscription d’une vente, un dépôt de garantie est demandé, débité seulement après un désistement sur un lot adjugé. Lorsque la vente en ligne débute, les participants augmentent le pas de surenchère manuellement ou automatiquement après avoir rentré une enchère maximum, afin de se consacrer à une autre activité ou éviter de surenchérir par effet d’adrénaline. Une fois la vente clôturée, une facture est envoyée à l’acheteur, comprenant la TVA et une commission. L’acheteur reçoit une attestation de transaction à présenter lors de la récupération du lot, après le virement bancaire effectué. Attention, cette vente ne comporte pas de garantie sur le matériel.

Faire appel à un intermédiaire

Les recherches du matériel souhaité et son inspection demandent du temps, surtout s’il est éloigné. Vérifier et compléter les papiers à l’achat demandent aussi des garanties. Des intermédiaires, comme Expemat ou E-Farm, proposent de simplifier ces démarches et de réaliser de nombreux points de contrôle sur le matériel. Le premier réalise sa propre expertise, le deuxième la sous-traite à Dekra (Organisme d’inspection, de certification et de gestion des sinistres dans l’automobile, le transport et l’industrie). Ces services imposent un surcoût à l’achat, mais représentent un gage de confiance entre le vendeur et l’acheteur, avec des garanties proposées sur un certain nombre d’heures, en cas de panne ou dysfonctionnement du matériel et cela sur des pièces jugées fonctionnelles à la vente.

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