« J’ai diminué ma dose d’azote liquide de 20 % grâce à la fertilisation localisée »
Loïc Lamiche, chef de culture à Tartiers dans l’Aisne, utilise depuis onze campagnes la fertilisation localisée lors des semis de betteraves sucrières et de la plantation de pommes de terre.
Loïc Lamiche apporte 200 l/ha de solution 39 d’azote liquide lors de l’implantation de ses betteraves sucrières, grâce à la cuve autonome Arland et son semoir monograine Monosem 4E équipé de la fertilisation localisée par enfouisseurs à disques.
« Les parcelles étant souvent exposées aux vents d’est et pour limiter la volatilisation de l’azote liquide appliqué sur labour avec le pulvérisateur, j’ai débuté, en 2015, la fertilisation localisée au semis, explique Loïc Lamiche, chef de culture à la SCEA de La Joliette située à Tartiers, près de Soissons dans l’Aisne. Cette technique me permet aussi de supprimer un premier passage d’azote en plein avant les semis de betteraves sucrières. »
De 120 €/ha à 95 €/ha d’azote en betteraves sucrières
« Utiliser de l’azote liquide, que ce soit avec le monograine ou la planteuse, demande une plus grande attention pour l’entretien du matériel. En effet, l’azote liquide dégage des vapeurs qui favorisent la corrosion des parties métalliques de l’outil, comme les roulements des disques enfouisseurs du semoir ou les dents de la planteuse. Pour réduire le plus possible ce phénomène, je veille, en fin de chantier, à bien vider le circuit de fertilisation liquide. Pour le transport et le remisage du Monosem en position repliée, j’ai aussi fabriqué des gouttières sous les rangées de disques, capables de retenir les gouttes d’azote restantes avant que celles-ci tombent sur les poutres. »
Avant la saison des plantations ou des semis de betteraves, Loïc Lamiche prépare le montage de la cuve frontale avec son outil et le tracteur associé. Il réalise cette opération en une demi-journée. Les conduites transportant l’engrais liquide de l’avant vers le semoir sont fixées sous le tracteur à l’aide de colliers de serrage en métal. Le fait de passer les tuyaux en dessous évite les risques d’éventuelles coulures ou fuites d’azote sur le tracteur. « Il n’y a pas de danger d’arrachement des durites, car les conditions de semis de betteraves ou de plantation de pommes de terre s’effectuent dans des parcelles particulièrement propres et planes. »
Le phosphore ou le potassium liquide, des produits rares
« Si c’était à refaire, je m’orienterais plutôt vers de la fertilisation localisée solide, afin de pouvoir profiter d’autres produits à faible coût, comme le phosphore ou le potassium. » En effet, l’engrais starter NPK 18/46/0 est plus cher à l’achat ou plus difficile à se procurer en état liquide qu’en état solide. « De plus, l’engrais granulé n’émettant pas ou très peu de vapeur, nos équipements de semis ou de plantation seraient moins soumis à la corrosion. » Cependant, le chef de culture reste satisfait de la fertilisation localisée liquide. Il prévoit par ailleurs d’utiliser la cuve frontale Arland pour augmenter la capacité de son pulvérisateur.
746 ha de SAU dont 255 ha de blé, 155 ha de betteraves sucrières, 100 ha de lin fibre, 97 ha de pommes de terre, 45 ha d’orge de printemps, 24 ha de colza, 15 ha de pois conserve, 10 ha de chanvre fibre et 45 ha de pâture,
350 bovins viande à l’engraissement,
11 000 € HT : coût de la cuve frontale autonome Arland de 1 900 l, achetée en 2018,
1 semoir porté monograine Monosem Meca 4E de 18 rangs avec un enfouisseur d’engrais liquide,
1 planteuse de pommes de terre AVR Ceres 440 de 4 rangs avec un enfouisseur d’engrais liquide,
6 000 € HT : coût de la cuve de transfert de 11 500 l,
1 plateau fourrager utilisé pour le transport de l’azote liquide.
Le débit de chantier ralenti par le ravitaillement en azote liquide
Cette organisation de chantier nécessite donc de recharger la cuve frontale au champ toutes les heures et quart. Pour ce ravitaillement, le chef de culture utilise une citerne de transfert placée en bordure de parcelle. « J’ai acheté pour 6 000 euros une citerne de 11 500 litres que je sangle au plateau à paille de la ferme et que je remplis d’azote avant d’entamer les semis. Cette réserve procure une autonomie d’une à une journée et demie en comptabilisant un débit de chantier moyen de 40 hectares par jour. » Le remplissage par gravité de la cuve frontale d’Arland dure une quinzaine de minutes. « Je profite de cette attente pour contrôler l’état des 18 éléments semeurs du semoir, comme les disques, les roulements ou les sorties obstruées. »