Incendies - Les agriculteurs et entrepreneurs des territoires bien armés pour aider les pompiers
Très appréciée, la forte mobilisation du monde agricole dans la lutte contre les incendies qui ravagent le territoire nécessite un minimum d’organisation. Se faire connaître change également la prise en charge en cas de dégâts sur le matériel.
Très appréciée, la forte mobilisation du monde agricole dans la lutte contre les incendies qui ravagent le territoire nécessite un minimum d’organisation. Se faire connaître change également la prise en charge en cas de dégâts sur le matériel.
Qu’il s’agisse du feu de forêt de Fontainebleau, du mégafeu en Gironde ou d’autres incendies, les agriculteurs et entrepreneurs des territoires font preuve d’une grande mobilisation pour venir en aide aux pompiers du SDIS (Service Départemental d’Incendie et de Secours).
Plus d’une centaine d’agriculteurs ont contribué à faciliter le travail de lutte des pompiers contre l’incendie de la forêt de Fontainebleau. Ils sont cinq fois plus dans les Landes et la Gironde, où sévit en ce moment un mégafeu.
Faire gagner trois heures par jour aux sapeurs pompiers
Les agriculteurs, entrepreneurs et Cuma disposent en effet de multiples matériels très utiles pour lutter contre les incendies. Broyeurs et outils de travail du sol permettent de freiner la propagation du feu là où la végétation est basse.
Les broyeurs forestiers et débardeuses des entreprises de travaux forestiers sont sollicités pour créer des couloirs antifeu, tandis que les tonnes à lisier sont utilisées soit pour arroser la lisière des bois, soit pour assurer l’approvisionnement en eau des véhicules de pompier, qui n’ont plus à faire des allers-retours entre le front et les sources en eau.
"Ils sont maintenus à une distance de sécurité, généralement de l’ordre de 500 mètres du front de flammes, afin de limiter l’exposition des personnes et des matériels", précise Vincent Marcusse, chef de projets assurance tracteurs et machines agricoles chez Groupama.
En 2022, le soutien logistique du monde agricole avait permis de faire gagner quotidiennement trois heures de combat contre le feu aux pompiers, lors des trois incendies majeurs qui avaient brûlé plus de 30 000 hectares en Gironde, rappelle le site internet de la chambre d’agriculture du département.
Se faire connaître pour optimiser la lutte
Comme l’a rappelé le préfet de Gironde Sophie Brocas le 27 juillet 2026, il est important que les acteurs du monde agricole qui souhaitent prêter main-forte se fassent connaître auprès de la chambre d’agriculture de Gironde, en y renseignant notamment ses moyens matériels mis à disposition. Cela permet ensuite aux soldats du feu d’organiser cette force de frappe additionnelle pour qu’elle soit la plus efficace possible. Improviser la mise en œuvre peut en effet se montrer contre-productif, voire dangereux pour le chauffeur.
Qui assure le matériel ?
Qui plus est, une fois référencé, l’agriculteur volontaire devient "collaborateur occasionnel du service public sous l’autorité du Commandant des Opérations de Secours (COS), qui assure la direction opérationnelle et engage sa responsabilité à l’égard de l’ensemble des intervenants, explique Vincent Marcusse. Les blessures que le chauffeur pourrait subir et les dégâts qui pourraient être occasionnés sur le matériel relèvent de la responsabilité de la puissance publique et non de son assureur privé, dès lors qu’il a été requis, sollicité ou que son intervention n’a pas été refusée. En revanche, si l’agriculteur ou l’agricultrice intervient de sa propre initiative, sans réquisition ni intégration au dispositif de secours, cette protection ne s’applique pas et son assureur privé peut être amené à intervenir."