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« Huit rations gérées avec souplesse »

Équipés depuis mars d’un robot d’alimentation Lely Vector, les deux associés Stéphane Danion et Emmanuel Tiger se sont rapidement adaptés à cette nouvelle approche de l’alimentation. « Nous sommes équipés depuis cinq ans de deux robots de traite. L’astreinte de l’alimentation était le poste principal où l’on pouvait gagner du temps », justifient les deux éleveurs, secondés par un seul salarié pour gérer le troupeau de 130-140 Prim’Holstein (1,2 million de litres de lait) et les 220 hectares de SAU, dont 100 de SFP. « Nous abandonnons progressivement l’atelier d’engraissement géré sur un autre site », précise Emmanuel Tiger. Avec les génisses et les taries, ainsi que quelques animaux à l’engraissement, ce sont 250 bovins qui sont alimentés sous le même bâtiment par le robot. L’arrivée du robot s’est soldée par un gain de temps substantiel. « De deux heures à deux heures et demie par jour avec notre mélangeuse à pales, nous sommes passés à moins d’un quart d’heure par jour pour le nettoyage de la cuisine et à deux heures de remplissage de la cuisine tous les quatre à cinq jours, estime Stéphane Danion. Nous pouvons désormais travailler seul le week-end. »

Un effet radical sur l’alimentation des génisses

Autre évolution liée à l’automate, le Gaec est passé de quatre à huit rations différentes : quatre pour les génisses en fonction de leur âge et quatre pour les VL (pleine production avec pâturage, fraîches vêlées ou à problème, taries, préparation vêlage). « Cette gestion différenciée de l’alimentation s’est traduite en quelques semaines par un gain très net sur la croissance et l’état des génisses, à commencer par une disparition de la coccidiose. Il faut dire qu’auparavant, on fonctionnait avec une ration unique et une distribution des concentrés à l’auge. Désormais, tout est mélangé et distribué plusieurs fois par jour. » Le progrès est moins visible pour les laitières, car les associés avaient déjà une alimentation bien maîtrisée et ils utilisaient un repousse-fourrage. « Il faudra faire les comptes au bout d’un an d’utilisation. En attendant, le robot nous a déjà permis d’affiner et de complexifier les rations. La possibilité d’utiliser le même logiciel que celui du robot de traite nous facilite la tâche. Mais le principal argument qui nous a fait pencher en faveur du Vector, c’est sa capacité à repousser et évaluer la hauteur de fourrage restant, qui permet un ajustement automatique des mélanges et distributions. C’est notamment très utile pour la gestion des 10 hectares de pâturage. L’automate ajuste en fonction des besoins et nous programmons des pauses de distribution pour encourager les vaches à sortir dans les pâtures. »

Une cuisine de 270 m2 avec quatre à cinq jours d’autonomie

Autre avantage du robot Lely, sa cuisine de préparation équipée d’un grappin permet de multiplier et de modifier les composants de la ration sans limites matériels. « La cuisine est organisée sous un bâtiment auto construit spécialement dédié de 270 m2. À chaque extrémité du stockage, nous avons réalisé des zones cloisonnées pour stocker les fourrages secs (paille, foin, luzerne) sur une hauteur de deux mètres. Le reste de la surface est dédié aux cubes d’ensilage (herbe, maïs, méteil, maïs épi), aux balles d’enrubanné coupées en deux et à un stock de betteraves également cloisonné. Le grappin permet ainsi d’incorporer des betteraves en hiver et du maïs épi en été », détaille Stéphane Danion. La cuisine comporte par ailleurs, trois trémies à concentrés, cinq trémies à minéraux, un réservoir de saumure, une pompe péristaltique pour des compléments liquides et une arrivée d’eau pour humidifier les rations riches en fibres des génisses. En tout, c’est près d’une vingtaine de composants qui peuvent être acheminés automatiquement dans la cuve de mélange du robot.

 

En chiffres

L’investissement en détail

155 000 euros (sur 12 ans) : achat du robot

45 000 euros (sur 15 ans) : construction de la cuisine

13 000 euros (sur 7 ans) : achat du Désil’cube

40 000 euros de subvention PCAEA (1)

23 000 euros : revente de la mélangeuse et du repousse-fourrage

Coût total : 150 000 euros

Coût de maintenance annuel estimé : 2 500 à 3 000 euros

(1) Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles.

 

 

 

 

 

Plus de robots sur roues

Le marché du robot d’alimentation a été directement impacté par la crise laitière l’an dernier. De nombreux projets d’équipements sont restés en attente ou ont été abandonnés faute de perspectives économiques favorables. Les constructeurs notent toutefois un regain d’activité depuis ces dernières semaines. En termes d’évolutions produit, l’an dernier sont apparues de nouvelles déclinaisons de robots sur roues chez deux constructeurs (Trioliet et Rovibec) qui ne proposaient que des automates suspendus à un rail. Installer un rail porteur peut en effet être contraignant, voire impossible dans certains bâtiments. Ces deux constructeurs conservent toutefois un rail d’alimentation électrique offrant plus de puissance que des batteries pour disposer d’un robot mélangeur d’un certain volume, et qui facilite le guidage.
Nouvel entrant sur le marché, LucasG a fait également le choix d’un robot sur roues. Il est en revanche alimenté par des batteries et n’assure que la distribution, en association avec une mélangeuse à poste fixe.
Chez les autres constructeurs, les améliorations portent surtout sur les systèmes informatiques de gestion du robot. GEA a renouvelé le logiciel de son robot MixFeeder afin d’offrir une gestion plus précise des mélanges et distributions. Lely a connecté son robot Vector au logiciel T4C de gestion de son robot de traite, afin de simplifier la gestion et d’optimiser le suivi global du troupeau.
À noter l’arrivée d’un nouveau système de coupe polyvalent pour les tables de stockage du robot Trioliet. Un dispositif annoncé moins énergivore et plus économe en maintenance.

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